8.5/10

Love Actually

In the english mood for love

"J'ai exploré les rouages de l'amour, ce qui le contrarie, ce qui le menace ou le fait naître. J'en ai acquis une sorte d'expérience, une certaine approche de la vie. Lorsque je regarde autour de moi, je vois d'abord des gens qui cherchent, se courent après, se déchirent et parfois, s'aiment. C'est à mon sens le principal moteur de la vie, le plus émouvant, le plus puissant, le plus humain aussi. Pouvoir l'observer, en rire et finalement se rendre compte qu'aucune place n'est idéale, aider les gens à se sentir moins seuls, moins fragiles et beaucoup plus joyeux, c'est ce que je cherche à faire."
Richard Curtis (réalisateur et scénariste de Love Actually)

Richard Curtis est plus connu pour être le scénariste à succès de 4 mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill et Bridget Jones. Autant dire que le monsieur est passé maître dans l'écriture de contes contemporains qui titillent aussi bien les zygomatiques que le cardiolacrymal. Pour Love Actually, il décide de se jeter à l'eau (de rose) pour réaliser son premier film.

A travers une dizaine d'histoires d'amour, il effeuille différents états et formes d'amours. Cela passe par les premières amours enfantines, l'amour en deuil, l'amour trompé, l'amour usé, l'amour timide non avoué, l'amour impossible, l'amour trip "American Pie", le coup de foudre, etc.
La faiblesse (passagère) du film réside dans la multiplication des histoires et des protagonistes. On suit avec affection et impatience le parcours d'un personnage, puis on passe à un autre, et encore un autre. Et bien sûr, on commence à avoir ses chouchous, et on piaille de le perdre de vue aussi rapidement. Par la pléthore de personnages, Curtis ne peut pas vraiment octroyer le même niveau d'attention à tous et toutes... mais bon tant que j'arrive à suivre Hugh Grant, ça va... (oups).
Mis à part cet aspect ambitieux du concept du melting-pot amoureux, c'est un régal de suivre le premier ministre gaffeur et empreint de coolitude, l'employée trop timide coincée dans son rôle de grande soeur, le petit bout de chou qui se la joue Ringo pour attirer l'attention de sa camarade de classe, le jeune postpubère qui fantasme sur l'American life Pie, l'Anglais et la Portugaise qui se comprennent à demi-mot, le génial chanteur has been qui veut être le number one des charts de Noël et dont le franc-parler déconcertant n'a d'égale que le plantureux tour de poitrine des mères Noël de son clip... et il y en a tant d'autres... Ces personnages hauts en couleur et en humour anglais sont incroyablement et inextricablement drôles, humains, attachants, attendrissants et tout le toutim. Tout ce petit monde se croise, pleure, rit, se chamaille, se séduit, se découvre, s'aime sur une musique pêchue ou douce décibellement adaptée au ton de l'ensemble.
La magistrale habileté de Curtis désamorce la potentielle guimauverie du film, dans laquelle un autre moins fourbu des choses de l'amour se serait englué. Il découpe de belles et généreuses tranches de vie, sans trop les napper de sucreries nunuches. En outre, il s'est entouré d'une pléiade d'acteurs et d'actrices chevronnés. On retrouve bien sûr son comédien porte-bonheur : Hugh Grant, un prime minister comme on en rêverait : ironique, accessible, décon-strassé, clownesque à l'insu de son plein gré... en somme toujours le même genre de rôle, mais toujours aussi bon et craquant. Colin Firth (vu aussi dans "Bridget Jones") est touchant dans sa "love story sans frontières". Liam Neeson compose un rôle tout en tendresse, en beau-père veuf. Alan Rickman et Emma Thompson incarnent sobrement le vieux couple de la quarantaine aux prises avec la monotonie. Rowan Atkinson (Mr Bean, complice de longue date de Curtis) s'amuse et amuse dans son personnage de vendeur zélé. Bill Nighy interprète un personnage de chanteur de seconde zone sur le retour complètement effarant et hilarant...

La recette peut sembler formatée pour les coeurs d'artichauts et autres fleurs bleues en manque de rose. Néanmoins, le savoir-faire de Richard Curtis et la touche anglaise pour les comédies romanticodrolistiques ont fait leur preuve, même chez les fines bouches. Il s'agit de la crème de la crème anglaise parfaitement dosée en endorphines.
Alors en période de fêtes plus ou moins (mo)roses, ne vous privez pas d'une comédie romantique, émouvante, réjouissante, repimpante : idéale en cadeau pour Noël.
A consommer seule(e) ou à deux...

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