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Lock Out : nanar carcéral


DR.
"Seul contre 500... Où est le problème ?" Une accroche comme celle-ci, ça calme n'est ce pas ? Enfin non, ça serait plutôt l'inverse, surtout que le scénario peut se résumer exactement de la même façon : y a un gars, évidemment bien burné, qui va se retrouver enfermé avec 500 gros connards et une blondasse avec des seins dans une prison de haute sécurité. Diantre, mais qui peut imaginer des concepts aussi fleuris, de tels déferlements d'imagination à me laisser pour mort de surprise sur le bas côté d'une nationale mal fréquentée, la bouche ouverte avec une clé à molette coincée dans l'œil droit ? Luc Besson, bien sûr, vous l'avez deviné chers amis ! Une fois le rapprochement effectué, je commence à rassembler mentalement ce que je sais sur le film, mais je me retrouve vite désemparé : le début du film, très viril, très macho, très "je te les attache ensemble et je tape dessus joyeusement", amorce une sorte d'intrigue d'espionnage qui ne sied guère au concept. Le type se fait péter la gueule, d'accord, mais ils sont où les 500 autres mecs ? Elle est où la prison de haute sécurité ? Ils sont où les nichons de blondasse ? Je ne suis quand même pas venu pour voir du grand guignolesque à la James Bond moi, je suis venu voir des types en orange se maraver la gueule avec un gros costaud ! Personnellement, pour entrer dans le vif du sujet, j'aurais présenté les choses comme ça :

- Monsieur le président, votre fille a été kidnappée et se retrouve dans une prison spatiale super pointue avec 500 détenus complètements dingues.
- Oh, mon dieu.
- Rassurez-vous monsieur, j'ai parmi mes agents une énorme paire de couilles qui va aller la chercher.
- Attendez, ma fille est blonde et elle a des seins, je ne veux pas qu'elle soit souillée par une paire de couilles !
- Monsieur, préférez-vous que 500 autres paires de couilles lui passent dessus ?
- ...
- Nous sommes d'accord. Les gars ! Appelez-moi Snow !


DR.
Mais là, non, on fait dans la finesse. Genre avec de la trahison, des trucs planqués, avec du scénario quoi ! Horreur ! Où il est mon scénar' à la Besson ? C'est alors que je me souviens : Luc est un petit finaud (si). Il trouve une idée (500 tarés, une prison dans l'espace, une blonde, un gars qui va aller la chercher), lui met une mini-jupe juste histoire de la saper (toute cette histoire de services secrets à se tirer une balle en caoutchouc dans la tête - jusqu'à ce qu'elle transperce la boîte crânienne) et l'envoie directement sur le trottoir (votre bon vieux cinéma). Alors évidemment, rien ne tient debout et l'on se retrouve très rapidement avec le concept de base qui est de laisser le "personnage" principal envoyer des tartes aux types en orange. Notez les guillemets qui sont tout sauf fortuits. À ce stade ce n'est plus de l'écriture, c'est du gribouillage : il a des grosses baloches et sort une connerie quasiment à chaque réplique. C'est tout ? C'est tout.


DR.
Très vite, ça renifle. Ça pue le nanar quoi. Car malgré que Besson soit à la production, le film écope d'un budget encore inférieur à celui de Taken. Et parfois, donc, c'est plutôt cheap. Franchement cheap. Ils m'ont même carrément fait mal aux yeux avec une sorte de course poursuite en moto complètement hallucinante de médiocrité. Ça aurait pu être pire, ils auraient pu la filmer en 3D. On retrouvera tout au long du film quelques effets spéciaux et autres plans bien nanars, mais c'est bien la connerie environnante du sujet qui est à l'origine de notre mal-être. Je... ah, comment puis-je étayer tout le BIEN que je pense du film sans vous spoiler, c'est trop bête ! Comprenez, tout ici n'est qu'une succession d'incohérences sur des absurdités, de déballage de testicules sur de la violence tout à fait gratuite et injustifiée. C'est quand même fort. Encore plus d'avoir convaincu Guy Pearce d'y prendre part.

J'aurais dû me renseigner avant. Je le sais, pourtant, que les productions Besson ne sont guère recommandables. Mais que voulez-vous, après Battleship, une partie de mes neurones ont dû se retrouver en stase, quelque part dans un coin de ma tête. Lock Out, comme son nom l'indique, n'a pas essayé de les débloquer. Par contre, il m'a provoqué une poussé d'hormones et m'a rendu plus bête. Je crois. Je vais vérifier ça devant Questions pour un Champion, tiens.

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6 commentaires

  • Guillaume

    05/04/2012 à 11h27

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    Joseph Gildun en crèté crétin a l'air pas mal http://cinema.krinein.com/-24921/lock-o ... 18641.html

  • riffhifi

    10/04/2012 à 17h55

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    Eh mais ils ont oublié le bandeau sur Snake Plissken ! Comment ça, c'est pas une suite de New York 1997 et Los Angeles 2013 ?!

  • Guillaume

    22/04/2012 à 09h46

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    Tu viens de me convaincre : je dois aller le voir !http://cinema.krinein.com/-24921/lock-o ... 18793.html

  • naweug

    22/04/2012 à 12h09

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    La bande annonce aurait pu te donner un indice...
    T'as oublié de mentionner que Joseph Gilgun (This is England, Misfits..) jouait dedans. Ca peut être un argument de poids... ou pas.

  • gyzmo

    22/04/2012 à 14h45

    Répondre

    Superbe bouillie cinématographique avec de la punchline bien comme je les aime - ironie inside - toutes les cinq minutes. Et ce, dès le générique d'intro. Guy Pearce, j'adore. Mais je le préférais dans Memento. Là, il a pris du muscles, ça déborde de trop partout, et son perso trop cool et trop détendu du ciboulot. bref. il en fait trop. Sur certains aspects, ça rappelle les héros typés 80's de trucs moyen et bas de gamme. Les FX sont hyper médiocres (la course poursuite du début : omg). Le film, en lui-même, est un condensé de tout ce que l'on a déjà pu voir dans le ciné carcéral. D'ailleurs, le métrage grouille de références. Dont l'une à Sigourney Weaver (dans Alien), qui m'a bien fait marrer.

    Honnêtement, je m'attendais pas à voir ce type de trame. Je pensais aller voir un Thriller couillu made in Besson. J'ai bien fait - encore une fois et fidèle à ma recherche de surprises - de ne pas me pencher sur les BA et autres infos spoilantes du genre.

    Pour le reste, vite vu, vite oublié.

  • Lopocomar

    23/04/2012 à 18h45

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    Le meilleur des productions Besson ! En plus avec la blonde des premières saisons de Lost et ce pauvre Guy Pearce à la filmo irrégulière : c'était prévisible cher Nicolas mais bravo à toi de t'être dévoué pour les autres !

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