4/10

Ligue des gentlemen extraordinaires - LXG (La)

Une belle Connery...

1er Octobre 2003 sort sur nos écrans LXG. Soit l'abréviation fast-food de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. D'après le "roman graphique" (ou dit sans appellation fallacieuse bande dessinée) d'Alan Moore, Stephen Norrington, réalisateur de Blade, reçoit la lourde tâche de nous faire rester 1h50 dans la salle et de nous en faire sortir satisfaits. Si un Blade, film tout d'action et de jouissance gratuite était dans les cordes de Norrington, celui-ci s'est littéralement échoué sur les écueils de l'univers d'Alan Moore.
A la fin du XIXe siècle, un grand méchant tout pas beau se faisant appeler "le fantôme", défonce les murs de la Banque d'Angleterre à l'aide d'un tank, emporte argent et ô l'affreux, les plans de Venise dessinées par Léonard de Vinci. Les Allemands sont bien vite suspectés d'avoir fait le coup et les relations diplomatiques entre les deux pays s'enveniment, menaçant d'embraser le monde dans un conflit armé. Les services secrets de sa Majesté, le MI5, probablement peu confiants en leurs propres compétences, décident de réunir une bande de dangereux aventuriers pour faire le ménage à leur place. Du ménage pour la ménagerie. Car la ligue ainsi formée est, uchronie oblige, constituée de héros tirés de la littérature anglaise. Le Capitaine Nemo, l'Homme Invisible, Dorian Gray, le docteur Jekyll, Wilhelmina Harker et Allan Quatermain. Mis en relation par le chef présumé du MI5, le mystérieux "M", ils vont devoir protéger un congrès de chefs d'Etat à Venise.

La trame de ce film en trois lettres (NUL ?) est donc intéressante, voire même hautement séduisante. Malheureusement, le reste n'est que foirage total.

Je fais partie de cette ligue, que d'aucuns appellent "les deux gars qui ont lu la BD avant d'aller voir le film". Et objectivité oblige, j'ai donc essayé de me détacher de l'incroyable travail effectué par Alan Moore pour soupeser en toute justice ce film de raté, cette succession d'images navrantes, cet abysse de dollars flingués à coup de promotions toujours plus bourrines. Et le verdict est sans appel. Même en tant que film d'action assumé, ce "truc" est mauvais. On dira simplement que les scènes de bagarre sont mal filmées.

Une fois ce détail réglé, on peut commencer à frapper là où ça me fait mal : l'exécution sommaire de ce qu'a fait Alan Moore. Car j'attendais beaucoup de ce film. Mais voilà, si ce n'est le personnage de Dorian Gray, les membres de la Ligue n'ont aucun charisme. Côté Moore, la Ligue a pour leader Mina Murray (ou Harker du nom de son ex-mari). Et Sean Connery se ramène, donc on passe la main à Allan Quatermain. Ce film aurait dû être politiquement incorrect. Les différents trailers le laissaient entendre "est-ce que le mal peut faire le bien ?". Or dans ce film, le capitaine Nemo apparaît-il comme un extrémiste, l'Homme Invisible comme un violeur, Quatermain comme un junkie ? Est-ce que Mister Hyde arrache le corps de ses victimes par le tronc ? Est-ce que l'Homme Invisible défonce le visage de bobbies à coup de brique ? Non, non et non.
La révolution industrielle a été remplacée par un gogo qui utilise des armes sophistiquées "parce que la guerre c'est bien". La franc-maçonnerie a été tout aussi rapidement gommée parce que, mon dieu, ça aurait fait tache de parler franc-maçonnerie dans un film d'action. On pourrait s'enfoncer dans un récapitulatif des petits rien qui font de ce film une grosse blague comme le kiosque du Nautilus en forme de chiotte ou Mr Hyde qui hurle sous l'eau sans qu'une bulle sorte de sa bouche. Et on pourrait même garder le meilleur pour la fin ou comment Norrington sur un scénario différent arrive à vous raconter le truc à ne pas dire pour qui veut lire la BD.

On pourrait me rétorquer que Norrington n'est pas obligé de respecter l'oeuvre de Moore, qu'il a racheté le droit de faire un film utilisant une ligne du scénario de Moore et que donc il ne faut juger que le film. Mais j'imagine le lynchage qu'aurait subi Peter Jackson s'il avait fait de même avec Seigneur des Anneaux...

Un mauvais film d'action, un très mauvais film fantastique.

A découvrir

Donnie Darko

Partager cet article
A voir

Underworld

A propos de l'auteur

4 commentaires

  • Lledelwin

    20/07/2005 à 20h28

    Répondre



    Pour ma part je n'ai pas lu le livre avant de voir le film, donc on ne peut m'accuser de fanatisme vis à vis de la version d'Alan More.
    Cependant j'adhère entièrement à cette critique : ce film est un navet. J'avoue avoir même eut du mal à concevoir que la BD dont il s'inspire (que je n'ai toujours pas lue) soit de qualité, un tel ratage, c'est pas possible !

    Je pourrais me contenter de noter les choses qui m'ont plus dans le film ( l'humour pince sans rire de Quartenion dans la séquence introduisant son personnage) tellement celles-ci sont peu nombreuses...

    Mais cela reviendrait à se priver du plaisir de décortiquer tout ses motifs de déception. Ou d'hillarité.

    * Introduction qui rappelle la fin de Sleepy Hollow : nous sommes en 1899, au tournant d'un nouveau siècle, une ère s'achève, une nouvelle commence... Nous sommes en 1899, et un blindé remonte une ruelle londonienne, écrase quelques bobbies et braque la banque. Le ton est directement donné : soit on nous prend pour des cons (des blindés avant 14-18 ? ben tient) soit... Si la volonté de l'auteur et du réalisateur est de proposer un film uchronique dans une sorte d'univers goth et dark et sombre, alors fallait pas enchainer la date, ce qui induit un tat de référence dans la tête du spectateur, et le blindé.

    * Les décors... Paris, Londres, Venise, la même architecture partout, des ruelles tirées au cordeau partout (sauf à venise, ou se sont des canaux), des maisons identiques partout... heureusement qu'un petit texte indique la ville, sinon on aurait eut du mal à suivre...

    * le Nautilus... un monstre démesuré, un sous marrin qui a des allures de transatlantique, une carcasse d'acier et de chromures tarabiscotée gothico-baroque... qui émerge tranquilement de la Tamise avant d'enfiller sa gigantesque carcasse dans le Grand Canal de Venise... tiré au cordeau bien sur. Je me demande comment il prend les virage, le sujet n'est pas abordé...

    * La date à laquelle les extraordinaires gentleman sont sensé arrivé à Venise se situe en juillet... hors sur la place St Marc (enfin, sur la place... parce qu'elle ne ressemble pas vraiment à St Marc, tout comme la ville ne rappelle pas la Sérénissime. C'était peut être Venice - Californie en fait ?) les gens danses. C'est carnaval, puisque c'est Venise. Oui, carnaval en plein juillet, cherchez pas...

    * Que dire du passage mélodramatique et symbolique à souhait (à vomir ?) : Quartenion, (Sean Connery qui cachetonne mais Sean Connery quand même, donc sympa) meurt... Devant lui Tom Sayer (c'est l'amérique...) l'assiste dans ses dernièrs instants, et on sent qu'il prend le relais, qu'il poursuivra la tache du pépé pour qui il a finalement plein de respect... Métaphore de l'Amérique, l'Empire montant qui remplacera la Couronne Britanique déclinante... Il reste du pop corn ?

    * Bon tout ça c'est des détails, hein ? Franchement, je pinaille, je pinaille, mais les perso, dans tout cela ? Qui ça ?

  • kou4k

    20/07/2005 à 22h46

    Répondre

    idem!
    que de bonnes idées gachées...
    réunir des personnages fantastiques qui ont marqué la littérature anglaise dans une sorte de "X-gentle-men", c'est vraiment tres attrayant.
    mais on arrive devant un film d'une mollesse inouïe!
    les scenes d'actions sont molles, elles manquent effroyablement de punch, tout comme le film au final, les dialogues sont plats a mourir, pathétiques et sans fond.
    la bande son ne réhausse pas l'ensemble de cette farce, avec des morceaux aussi mous(bijoux, cailloux, joujoux,... ) que les scenes d'action...alors on se dit que des scenes d'action chiantes, ca ne fait pas un film, mais on est dans un film d'action/aventure bordel!!! si encore les personnages étaient un peu étudiés, car on a le droit a une petite scene émouvante par personnage de la ligue:

    Quatermain qui a perdu sa famille, le Docteur Jekyll torturé par son Mr Hyde intérieur, les immortels, amants malheureux, ect...ca aurait pu nous émouvoir pour rattraper le tout, mais c'est tellement fade et peu développé qu'on se fout royalement de la mort d'Allan et de leur vie.

    Vraiment mauvais, ce film est a voir pour dire qu'on l'a vu et pouvoir le dégommer, car la bande annonce était attrayante, autant que le fond... la forme gache tout. dommage.

  • Veterini

    21/07/2005 à 00h44

    Répondre

    Je confirme ce que que dit Val, Le film est très mauvais et les comics sont très bons.

    D'ailleurs les derniers tomes reprenne l'intrigue de la guerre des mondes, et propose une explication plus "marrante" que Spielberg pour leur rhume.

  • Anonyme

    15/09/2009 à 20h12

    Répondre

    Moi jai bien aimé le film,l'histoire tien bien la route, et les effets speciaux son pas mal donc moi je dit GOOD MOVIE.

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques