6/10

Lesbian Vampire Killers

Moins cheap que le titre pourrait laisser croire, le film lorgne largement du côté de Shaun of the Dead. Rien d'inoubliable, mais le titre est honnête. Il y a des vampires, ce sont des lesbiennes et elles se font tuer.

Lesbian Vampire Killers. Si le titre ne vous donne pas envie, le film n'est sans doute pas pour vous. « Vous allez prendre votre pieu ». Si la phrase d'accroche ne vous fait pas rire, le film n'est définitivement pas pour vous. En revanche, si vous aimez le cinéma d'épouvante, la série B, C, D et Z, les gros nichons et l'humour American Pie décliné avec l'accent anglais, le film est peut-être pour vous. L'essentiel est de ne pas en attendre plus que ce qui est vendu dans le titre.

Fletch et Jimmy décident de fuir leurs vies pourries (le premier a perdu son boulot de clown, le deuxième s'est fait larguer pour la huitième fois par sa copine) en allant faire de la randonnée dans le petit village de Cragwich. Il est évident que les malheureux n'ont pas regardé le prégénérique du film, qui faisait état de la malédiction pesant sur les lieux : toutes les filles atteignant l'âge de 18 s'y retrouvent transformées en vampires lesbiennes. Heureusement, Fletch et Jimmy ça va finir au pieu tout ça...
ça va finir au pieu tout ça...
sont en bonne compagnie puisque la légende a attiré les étudiantes nordiques Lotte, Eva, Anke et Trudi.

Deux jeunes Rosbifs confrontés aux clichés du film d'horreur : l'un est décalé mais curieusement romanesque, l'autre est replet mais doté d'un certain bon sens. On pense illico à Shaun of the Dead, bien que les scénaristes de ce Lesbian Vampire Killers aient apparemment pondu leur première version en 2003. Le rapprochement est d'autant plus évident que les deux têtes d'affiche James Corden et Mathew Horne ont eux aussi connu la popularité outre-Manche avec leur sitcom Gavin et Stacey, ce qui constituait un atout non négligeable pour la promotion du film (il faut toujours avoir un atout dans son outre-Manche). Mais là où Simon Pegg et Nick Frost tentaient de pondérer la comédie d'une certaine dose de sérieux, on ne trouve ici que second degré distancié, l'essentiel étant de ne pas se prendre au sérieux et d'étaler une dose maximale de gros nichons entre deux blagues potaches.

« Next time you'll be bummed by a gay werewolf, I swear ! »

Mais potache, le film ne l'est peut-être pas assez : bénéficiant d'un budget moins ridicule que ce qu'on pourrait croire, ainsi que d'un casting où l'on trouve aussi bien un ex-Docteur Who (Paul McGann) qu'une vampire de Van Helsing (Silvia Colloca), Lesbian Vampire Killers se pare d'une photographie très décente (mais d'un montage qui abuse des accélérés : merci à James Herbert, fidèle monteur de Guy Ritchie) et de quelques effets spéciaux coûteux au détriment de la franche déconne qu'on en attendait. La structure du récit n'est finalement pas différente de celle d'un vrai film de vampires, clins d'œil à la firme Hammer à l'appui, et l'humour n'explore pas à fond l'esprit offensif (au sens anglo-saxon du terme) des quelques bons gags « à la Flesh Gordon » qui jaillissent de-ci de-là. A propos de jaillir, on peut également On pourrait vanner...
On pourrait vanner...
s'étonner de voir un liquide blanc exsuder des vampirettes en lieu et place du sang vermillon attendu ; bien que le résultat paraisse finalement assez malsain (on dirait, Dieu me pardonne, de larges quantités de semence masculine), ce choix découle sans doute d'une volonté de contourner la censure, afin d'obtenir une certification qui autorise les ados anglais à se rendre dans les salles. Du coup, le film est un peu trop bon enfant, ni assez horrifique ni assez comique, et se défend essentiellement grâce à sa bonne humeur et à quelques gags bien trouvés. De quoi occuper une soirée nanar, mais rien de suffisamment culte pour qu'on s'en souvienne dans dix ans.

A défaut de prendre vraiment son pieu, on se souvient que Jess Franco signait dès 1971 un Vampiros Lesbos au titre lui aussi sans équivoque, et on se dit qu'un peu de sexualité vampirique fait du bien en ces temps où le mythe passe à la confiture du romantisme Harlequin (Twilight). En même temps, la France est elle aussi capable de rigoler sur le sujet, puisque l'affiche des Dents de la nuit titrait il y a encore peu de temps : « Ce soir, évitez de vous faire sucer »... Arf arf, grosse rigolade subtile là aussi.

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