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Les Neiges du Kilimandjaro

Cannes 2011 : Un Certain Regard. Robert Guédiguian, entouré de son casting de chouchous, livre un film très touchant sur la complexité des choix de vie. La paix n'est malheureusement pas toujours le lot des hommes de bonne volonté...

Le Marseillais Robert Guédiguian a déjà promené ses films à Cannes : Marius et Jeannette (1997) faisait partie de la sélection Un Certain Regard, tandis que Marie-Jo et ses deux amours (2002) avait concouru dans la compétition officielle, avant que L'armée du crime (2009) soit présenté hors compétition. Cette année, c'est à nouveau dans la rubrique Un Certain Regard qu'est rangé son nouveau film ; en quoi satisfait-il aux critères de "singularité" ou
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"d'originalité", on se le demande, puisqu'il s'agit plutôt d'une oeuvre aussi classique dans sa forme que généreuse dans son fond.

Inspiré librement, selon son auteur, du poème de Victor Hugo Les pauvres gens, le scénario s'attache au couple formé par Jean-Pierre Darroussin et Ariane Ascaride, indéboulonnables habitués du monde filmique de Guédiguian (Ascaride est son épouse) : Michel est un syndicaliste idéaliste, Marie-Claire est femme de ménage. Lorsqu'il se retrouve tiré au sort dans le cadre d'un plan de licenciement, il prend la chose avec philosophie. Le couple reste serein, et fêtent dignement leurs trente ans de mariage : leur famille et leurs amis (au sommet desquels se distingue Gérard Meylan, troisième pilier de la filmo guédiguienne) leur offrent un voyage en Tanzanie, là où les neiges du Kilimandjaro leur feront un beau manteau, où ils pourront dormir, dormir. Malgré le caractère légèrement morbide de cette invite, Michel et Marie-Claire se réjouissent de la perspective, et potassent le swahili. Mais plusieurs surprises les attendent...

Grand fan de Spider-man et de Jean Jaurès, Michel est pétri de valeurs, il cherche en toutes circonstances la justice, l'équité... et réalise soudain, aux portes de la retraite, que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu'on le souhaiterait. Et que les perspectives changent à mesure qu'on avance dans la
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vie ; voyant un jeune couple passer depuis sa terrasse, il demande à sa femme ce qu'eux-mêmes auraient pensé trente ans plus tôt, en voyant deux quinquagénaires comme eux, quel regard ils auraient porté sur eux. Une question piège, mais qu'il convient de se poser de temps en temps...

Le casting au poil, complété de Grégoire Leprince-Ringuet et Robinson Stévenin (tous deux déjà dans L'Armée du Crime) donne vie à un ensemble de personnages imparfaits, découvrant tous à leurs frais que l'héroïsme et le courage ne sont pas toujours où ils le croient; et qu'il est dangereux de porter des jugements hâtifs. Parfois très émouvant, souvent drôle, Les neiges du Kilimandjaro porte donc un titre bien trompeur : s'il y a un adjectif qui ne lui convient pas, c'est bien le blanc. Et bien entendu, aucun rapport avec le film d'aventures qui réunissait Gregory Peck et Ava Gardner en 1952.

 

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