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Les créatures de l'ouest : cowboys et intraterrestres

Avant d'être opposés aux envahisseurs de l'espace chez Jon Favreau, les cowboys de l'ouest sauvage affrontaient d'étranges créatures souterraines dans ce direct-to-video.

Quand on a un budget de la taille d'un happy meal, et un casting trop modeste pour attirer les foules, le meilleur moyen d'obtenir un titre vendeur est d'exhiber un concept qui poutre. C'est ce qu'a fait J.T. Petty (réalisateur de Mimic 2) avec ce direct-to-video tourné en 2008 : une troupe de cow-boys est confrontée à la présence mortelle de créatures inconnues. Quelques mois avant la sortie cinéma tapageuse de Cowboys & envahisseurs, avec Harrison Ford et Daniel Craig, il était temps d'éditer cette curiosité plus confidentielle mais pas exempte de qualités.


DR.
La famille Stewart a disparu, au grand dam du jeune Fergus Coffey (« Coffee ? Are you black ? » lui demande le cuistot hilare) qui comptait bien demander la main de la fille Maryanne. Ni une ni deux, il monte une opération de sauvetage destinée à extirper les captifs des griffes du clan indien le plus proche. Mais les Indiens sont-ils les véritables responsables ?...

L'équipée sauvage est composée de quelques têtes presque connues, dont celle de Doug Hutchison (Tooms dans X-Files, on l'a également vu en bad guy dans Punisher War Zone, c'est dire si son rôle d'officier sudiste sadique s'inscrit dans la lignée de sa filmographie) et celle de Clancy Brown, vu récemment dans le remake des Griffes de la nuit et que l'on retrouvera cette année dans... Cowboys & envahisseurs. Les protagonistes sont nombreux et pas trop mal caractérisés, mais les plus intéressants disparaissent trop vite de l'intrigue pour qu'on puisse réellement dire que Les créatures de l'ouest est un "film de personnages". De toute évidence, l'objectif est avant tout de réussir un monster flick, dont la particularité est d'être situé dans l'ouest sauvage. L'approche choisie est originale : en lieu et place de la frénésie parfois clippesque que l'on a l'habitude de subir dans les direct-to-video fauchés qui misent sur l'action ou l'horreur, on déguste une traversée du désert atmosphérique, filmée à l'aide d'une photo blême et privilégiant le suspense à l'effet. Pas de bol, le rythme tombe dans l'excès inverse : il arrive qu'on s'emmerde vaguement. Heureusement, les créatures du titre (les « Burrowers » en anglais, c'est-à-dire les « Fouisseurs ») sont une bonne surprise, dans la lignée des monstres de la grande époque de Stuart Gordon, Brian Yuzna ou Frank Henenlotter : répugnants et incongrus, ils jouent en partie sur la suggestion, évitent l'écueil de l'image de synthèse et constituent le meilleur point d'un "petty" film, une curiosité qui mérite un coup d'œil de l'amateur de westerns "autres". Pour des raisons strictement inverses de Jonah Hex, donc.

En bonus, le DVD et le Blu-ray proposent un making-of sympa de 5 minutes, une featurette sur la création des monstres (4 minutes), et un commentaire audio du scénariste-réalisateur.


DR.

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