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Le fléau, un téléfilm fleuve

Et si on vous parlait de l'adaptation à la télé d'un des romans les plus ambitieux du roi de l'horreur ? Voici venir Le fléau !

Le fléau de Stephen King est une œuvre majestueuse qui écrase le lecteur de son ambiance post-apocalyptique. Quelqu'un s'est donc dit à Hollywood qu'il était absolument essentiel qu'on l'adapte. Et comme on est au début des années 90 et que la mode n'est (pas encore) aux trilogies incessantes sur grand écran, c'est donc le petit écran qui a eu le privilège de l'adaptation des 800 pages du bouquin pour une durée totale de 366 minutes (on vous fait le calcul, ça fait plus de six heures, presque rien quand on parle de binge watching mais, à l'époque, c'était loin d'être anodin).

Le meilleur de Wayne's World et Parker Lewis

Le défi n'est donc pas simple : réussir à résumer un bouquin aussi important en 6h tout en gardant la même galerie de personnages éclatants et en conservant l'espèce de souffle épique qui s'en dégage est certainement une gageure. Pour incarner les personnages de King, on a affaire à la fine fleur d'Hollywood, enfin presque : Gary Sinise (Forrest Gump, Apollo 13, La ligne verte), Rob Lowe (Wayne's World, Salem) ou encore Corin Nemec (Parker Lewis ne perd jamais). Ça en jette pas mal non ? Si Gary Sinise s'en sort plutôt bien dans le rôle de Stu Redman, Rob Lowe est assez moyen en Nick Andros (pour une raison inconnue, il semblait noir dans le livre) mais Corin Nemec est une catastrophe ambulante : qui a eu l'étrange idée de choisir ce chétif individu pour le rôle du gros Harold Lauder ?


DR. Pour ceux qui connaissent le livre, c'est un chpc

Flagg le naze

Les plus attentifs auront remarqué que je n'ai pas parlé des personnages féminins : il faut dire qu'aucune des actrices n'a eu une réelle carrière avant ou après Le fléau. Et dans la série même, elles ne sont pas vraiment notables, principalement la pauvre Franny qui, de femme forte et indépendante dans le livre, est un peu reléguée au rang de faire-valoir tandis que les choses sérieuses commencent. Cependant, le personnage le moins convaincant d'entre tous est pourtant le principal… l'antéchrist, le diable incarné, Randall Flagg. Il faut dire qu'il est décrit dans le livre comme vêtu de jeans et de santiag, ce qui passe relativement bien à l'écrit mais est beaucoup plus naze à l'écran (d'autant plus que 20 ans ont passé depuis l'adaptation…). En réalité, le Randall Flagg de la série ressemble à un beauf moyen et inintéressant. Et l'on sait l'importance d'avoir un bon méchant !!


DR. Oui ce beauf est le grand méchant de la série

Plus c'est long... plus c'est long

On a donc compris que, sur les personnages, on était loin du compte. Qu'en est-il de l'histoire et de ce fameux souffle épique/post-apocalyptique ? La série suit fidèlement la trame du bouquin de King. En conséquence, il y a de nombreuses, trop nombreuses longueurs et les 6h passent très lentement, ce qui fait que le suspense est très dilué et qu'il n'y a pas l'atmosphère grandiose du livre. Des personnages moyens, une histoire à rallonge… à ceci il faut encore ajouter des effets spéciaux numériques de la télé des années 90. Autant dire que c'est très moyen et que ça plombe encore la série. Et que Le fléau fait partie des adaptations plus que dispensables de Stephen King.

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

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