7.5/10

Last Night : séduction, tentation et adultère

Le mariage en rempart de l'amour d'autrui ? Pas si sûr... Keira Knightley et Sam Worthington en sont pour leurs frais. A leur décharge, il est difficile de résister à Eva Mendes et Guillaume Canet... Un film séduisant et intime.


Keira, désirable.
New York. Un grand appartement bien exposé. Un couple. Une engueulade. Une femme qui doute. Un mari qui se laisse tenter. Un voyage d'affaire. Un ex qui revient.

Résumer Last Night, c'est une affaire facile. En tout cas, c'est ce que l'on croit. Mais les relations humaines étant complexes, les désirs différents des actes, les sous-entendus étrangers aux pensées, on ne peut que convenir que c'est un film qui se vit plutôt que de se raconter.

Last Night, donc, est une exploration sans jugement des relations d'un couple marié avec l'extérieur. Que se passe-t-il quand on trouve sa collègue attirante, qu'arrive-t-il quand on recroise son amour de jeunesse, jamais vraiment oublié ?

Même si l'on se doute assez vite de l'issue du film, les 36 heures pendant lesquels les quatre personnages, chacun deux par deux, vont évoluer, met en lumière un propos réaliste. Rien n'est jamais acquis, tout peut basculer, pour de bonnes comme de mauvaises raisons - peu importe-. Au delà même, l'amour ne se décide pas. L'intellectualiser ne permet pas de le changer.


Sam, viril.
La caméra de Massy Tadjedin parvient à saisir toutes les intonations, les mimiques, les jeux de séduction, les interrogations et les doutes. Couplée à un jeu exemplaire des acteurs, la captation permet de ressentir les raisons qui poussent Joanna (Keira Knightley) et Alex (Guillaume Canet) d'un côté, et Michael (Sam Worthington) et Laura (Eva Mendes) de l'autre, à s'apprécier. La séduction, la tentation ressortent en plein écran.

Le casting est réellement exceptionnel, tellement l'alchimie semble passer d'un personnage à l'autre. Knightley est fascinante et complètement ambigüe, sachant parfaitement ce qu'elle veut mais refusant de le faire, à tel point qu'elle parvient à frustrer le personnage joué par un Canet au sourire affable. Worthington, jouant bien plus d'émotions que dans Avatar, respire la virilité. Seule Mendes parvient plus difficilement à toucher le spectacteur, encore qu'elle fasse preuve d'une grande sensualité.


Guillaume, souriant.
Last Night se vit réellement et peut provoquer le questionnement chez certains. En tout cas, il est rare de voir une caméra filmer aussi intimement des relations entre personnages. C'est le genre de film casse-gueule qui a tendance à rapidement ennuyer et à virer à la démonstration facile. Ici, au contraire, le talent est de parvenir à l'équilibre parfait, là où les pointes d'humour s'accordent avec la franchise des propos, tout en proposant une vision plus intéressante que celle du simple adultère.

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A propos de l'auteur

Guillaume est le fondateur et le rédacteur en chef de Krinein. Curieux et passionné par la culture au sens large, il poursuit sa route sur les chemins tumulteux de la critique culturelle.

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