2.5/10

Last days

Blake (Michael Pitt), est un jeune artiste de Rock complètement torturé, qui évolue dans un monde où la solitude semble être la seule certitude...

Le célèbre réalisateur américain Gus Van Sant a voulu, sans prendre le risque de faire un véritable documentaire-fiction, faire une oeuvre cinématographique qui s'inspire des derniers jours de la vie de Kurt Cobain, l'inoubliable leader du groupe Nirvana.
Techniquement et artistiquement, Last Days est un monstre de prétention. Enchaînant les plans fixes de plusieurs longues minutes, les contemplations interminables de son héros et les effets spatiaux-temporels décalés à la Elephant, Gus Van Sant se permet de faire un film minimaliste extrêmement lent, anecdotique et qui se voudrait intense intellectuellement et émotionnellement.
Entre Blake qui se sert un bol de céréales, qui se prépare une étrange tambouille, qui tombe par terre à longueur de journée et qui se tape des trips solitaires en forêt, le film a de quoi en endormir plus d'un. Cette sensation est renforcée par des personnages secondaires peu crédibles et des scènes, comme celle avec les deux homosexuels (chère au réalisateur), dont l'inutilité est flagrante.

Cependant, entre ce quotidien de drogué, banal et ennuyeux, Van Sant parvient à nous livrer quelques moments d'une criante vérité. On pense ainsi à la scène d'écriture d'une chanson et à ces deux magnifiques scènes où Blake joue seul en live. A ces instants, on ressent parfaitement ce qu'est le processus de création d'où le génie peut naître. La souffrance et la détresse du chanteur-compositeur transparaîssent formidablement.
Malheureusement, entre ces moments passionnants, Last Days se complaît largement trop dans la l'évocation superficielle de son sujet et dans sa réalisation insupportable de prétention. Car il faut bien préciser que si le film n'était pas de Gus Van Sant, le réalisateur internationalement connu et reconnu pour Prête à Tout, Will Hunting ou encore A la rencontre de Forrester, personne ne se gênerait pour dire qu'il se moque véritablement du monde avec la profusion de plans fixes qui sont censés en dire beaucoup.
On regrettera à moitié le choix de Michael Pitt (vu dans Dawson, Bully ou encore Les Innocents) pour jouer le rôle principal. En effet, s'il excelle dans l'interprêtation dérangée de son personnage, son physique de jeune bellâtre pêche face au charisme d'un Cobain.

Une fois de plus, Gus Van Sant montre qu'il est à vomir d'opportunisme. Après l'impensable remake de Psycho et l'inutile Elephant (la vidéo de sécurité montrant la fusillade de Columbine résumant tout le film), il surfe sans complexe sur la nostalgie « Nirvanesque » pour s'assurer un beau succès en Europe.

A propos de l'auteur

28 commentaires

  • donniedarko

    15/05/2005 à 17h51

    Répondre

    en meme temps si tu n'a pas aimé elephant forcément...
    tu es juste passé à travers de grand films.
    je peux comprendre.

    apres tes jugements sur le physique d'un acteur je trouve ça vraiment bidon comme élément de critique.

  • hiddenplace

    15/05/2005 à 19h22

    Répondre

    Euh, je n'ai pas encore vu le film (j'irai demain sûrement), et autant je respecte ton point de vue Vincent, autant je ne comprends pas non plus tes allusion au physiques de Michael Pitt... c'est peut-être un mauvais acteur (j'avoue que je ne l'ai vu que dans Dawson, et en VF ), mais tes propos sont quand même quelque peu agressifs...

    Sinon, moi qui ai adoré Elephant, j'ai qd même de grandes chances d'aimer Last Days...

  • ousta

    15/05/2005 à 19h29

    Répondre

    AHAHAHA....

    Le film n'est pas a reserve a la pensee directe. vraisemblablement tu n'a pas compris ce qu'etait le non-dit tres expressif chez Van Sant.

    Eh oui dans Elephant et plus encore dans Last Days il faut reflechir en voyant le film, je comprends que pour certains l'exercice soit difficile.
    LAst Days est loin d'etre prententieux au niveau mise en scene. Des films comme Saw sont pretentieux des films comme elephant ou Last Days sont talentueux. Van Sant filme l'ennui ce que tu n'a peut etre pas compris non plus. Le film a certes des lenteurs mais celle ci sont voulues et representatives.

    Ce film n'a pas ete pour moi un electrochoc comme elephant mais j'avais tout de meme ce mal au ventre qui prend souvent, l'impression d'avoir assiste a quelquechose de plus grand que les derniers jours d'une rockstar minable et peu talentueuse. C'est un film de Gus Van Sant, un grand film...

  • Grrr

    15/05/2005 à 19h57

    Répondre

    Je n'avais pas trop l'intention de voir ce film , car bien qu'il s'agisse de Van Sant, je n'aime pas l'idée de se baser sur cette histoire, ce côté paillette morbide me rebute. Mais j'ai trouvé cette critique vraiment véhémente (ce qui est ton droit) et dans ce contexte cette phrase: "..."n'est pas du meilleur goût , et le dernier adjectif qualificatif que tu emplois à son propos me parait incongru.

    J'avais lu d'autres de tes critiques ou tu t'extasiais sur les boxer et les débardeurs des actrices, du coup ça ne me paraît pas très équitable

  • Bzhnono

    15/05/2005 à 20h00

    Répondre

    Euh...ousta...sans aucune méchanceté je trouve que GVS essaye de jouer les contemplatif et qu'il n'arrive qu'à être ennuyeux...d'ailleurs je ne comprend toujours pas sa palme d'or pour Elephant.

    C'est bien réalisé Ok, mais qu'est-ce que c'est lent...Des contemplatif comme Kim Ki Duk arrivent à faire quelque chose dans un film d'une heure et demi avec une heure de silence...GVS n'a provoqué que de l'ennui chez moi.

    Et ne me dis pas que je n'ai pas compris le film s'il te plaît, y avait pas grand'chose à comprendre.

  • donniedarko

    15/05/2005 à 20h08

    Répondre

    au contraire ce film est tout sauf ennuyeux
    on ne doit pas avoir la même vie ou la même sensibilité.
    à la limite tant pis pour vous ^^

  • Vincent.L

    15/05/2005 à 21h40

    Répondre

    En réponse à vos questionnements, je reconnais tous les aspects positifs du film, mais c'est juste que Van Sant a tendance à faire des réalisations ultra prétentieuses en oubliant de donner plus de contenance à son propos.
    Un exemple de prétention: la scène de plusieurs minutes avec le clip des Boys II Men. Franchement, c'est pas faire du remplissage, se croire intelligent et se moquer du monde ça?

  • iscarioth

    15/05/2005 à 22h09

    Répondre

    ousta a dit :
    AHAHAHA....

    Le film n'est pas a reserve a la pensee directe. vraisemblablement tu n'a pas compris ce qu'etait le non-dit tres expressif chez Van Sant.

    Eh oui dans Elephant et plus encore dans Last Days il faut reflechir en voyant le film, [i]je comprends que pour certains l'exercice soit difficile.
    LAst Days est loin d'etre prententieux au niveau mise en scene. Des films comme Saw sont pretentieux des films comme elephant ou Last Days sont talentueux. Van Sant filme l'ennui ce que tu n'a peut etre pas compris non plus.[/i] Le film a certes des lenteurs mais celle ci sont voulues et representatives.

    Ce film n'a pas ete pour moi un electrochoc comme elephant mais j'avais tout de meme ce mal au ventre qui prend souvent, l'impression d'avoir assiste a quelquechose de plus grand que les derniers jours d'une rockstar minable et peu talentueuse. C'est un film de Gus Van Sant, un grand film...


    Tu fais allusion à Cobain ?

    Je suis d'accord avec les autres pour dire que les mots de Vincent n'ont pas été très pesés (même si je ne peux pas piffrer Pitt non plus )

    Mais là, Ousta, je crois que tu vas un peu trop loin dans le mépris et l'aggressivité (cf phrases en italiques). Tu es peut-être d'un point de vue diamétralement opposé à celui de vincent sur ce coup là, mais ce n'est pas la peine d'employer ce ton... Après tout, ce n'est qu'un film...

    Sinon, pour ce qui est de Last Days, je n'ai pas vu le film, mais je trouve son concept assez étrange et contradictoire : évoquer les derniers jours de cobain sans vouloir faire un portrait de Cobain. Le gars s'appelle Blake, mais porte les mêmes fringues que cobain (lunettes, pull freddy). De plus, le film a l'air de jouer sur le cliché du "cobain qui a des cheveux sur la gueule et que c'est un paumé qui se roule par terre". Tous les témoignages de ses proches et collaborateurs, ainsi que de nombreuses vidéos en privé témoignent du fait que Cobain était un gar bourré d'humour et que ces frasques étaient surtout scéniques.

  • ousta

    15/05/2005 à 22h22

    Répondre

    Il va pa etre tres drole en etant drogue pendant tout le film .

    et ma remarque n'etait pas mechante.

    "Eh oui dans Elephant et plus encore dans Last Days il faut reflechir en voyant le film, je comprends que pour certains l'exercice soit difficile. "

    Ceci n'est pas une attaque directe sur l'intellect de Vincent (que je ne connais pas) ce serait plutot une attaque sur sa facon de voir le cinema. Car la on s'eloigne du divertissement simple on entre dans l'Art avec un grand A ou tout est pensee et meditation. Ce film est rempli d'ouverture il par comme milles goutes de pluies pour finir en torrent. Je voulais juste souligner le fait qu'il a loupe le film. Voila.

    "d'une rockstar minable et peu talentueuse" - Ca c'est mon avis personnel Etant tres peu adepte du mouvement grunge et de nirvana jai pourtant adore le film voila.

  • hiddenplace

    15/05/2005 à 22h36

    Répondre

    Même si je suis le genre de personne qui apprécie les films lents, qui traitent et transmettent l'ennui ([i]Lost in translation, Elephant, Dolls...), je comprends tout à fait que cela ne plaise pas à d'autres. Pour le coup, c'est surtout une affaire de goût et de sensibilité. Et je me garderais effectivement de juger l'approche générale du cinéma de Vincent L. car j'ai souvent été d'accord avec ses critiques (va en lire quelques unes, Ousta, si tu veux savoir comment Vincent "voit" le cinéma)

    Pour revenir au questionnement de Gallu:

    Sinon, pour ce qui est de Last Days, je n'ai pas vu le film, mais je trouve son concept assez étrange et contradictoire : évoquer les derniers jours de cobain sans vouloir faire un portrait de Cobain. Le gars s'appelle Blake, mais porte les mêmes fringues que cobain (lunettes, pull freddy). De plus, le film a l'air de jouer sur le cliché du "cobain qui a des cheveux sur la gueule et que c'est un paumé qui se roule par terre".


    Il me semble que Van Sant procédait de même pour Elephant: il a fait de ce projet une oeuvre contemplative qui évoque (seulement au final) le massacre de Columbine sans le reconstituer, sans une seule fois donner la moindre aspect explicatif, et en y insufflant un côté "chronique sur l'adolescence", comme il aime le faire dans la majorité de ses films.

    Je n'ai pas vu Gerry, mais j'ai cru comprendre que la contemplation y était presque son unique ambition aussi. Donc il y a un public visé pour les films de Van Sant, et je crains qu'il ne change pas vraiment avec Last Days[/i].

  • donniedarko

    15/05/2005 à 23h08

    Répondre

    la trame du film au départ était la meme.
    a la place d'une rock star un enfant de 16 ans.
    Cette histoire d'effacement face a sa vie est une histoire universelle.
    Le fait d'y avoir mis un fantome de cobain est le désir pour gvs de rendre hommage à kurt.
    étant fan de nirvana je trouve que cette histoire aurait de toute façon marché avec n'importe qui d'autre.

  • nazonfly

    16/05/2005 à 18h59

    Répondre

    Je viens de voir [i]Last Days et je dois dire que je suis de l'avis de Vincent... ainsi que de celui de donniedarko (l'utilisateur pas le film)...

    Avant toute chose je tiens à dire que j'ai vraiment beaucoup aimé les deux seuls films de Gus Van Sant que j'ai vu (le très esthétique Elephant et le très très très lent Gerry[/i])...

    Pour moi deux parties dans ce film :
    - la première très lente m'a franchement un peu saoûlé. Pourquoi?? Je n'en sais fichtre rien mais la sauce n'a pas pris.
    - la deuxième débute par un Blake jouant de la guitare et de la batterie. Et là bizarrement subitement quelque chose se passe. On comprend mieux ce personnage de Blake fuyant les gens, un peu dans son monde (d'ailleurs maladroitement rendu par les constants marmonnages de Blake) mais s'épouissant constamment dans la musique (les morceaux de Pitt sont tout simplement géniaux).

    Je rejoins d'ailleurs un peu Vincent sur le personnage de Blake joué par Pitt. Il est parfois totalement crédible bien dans son rôle, mais certains petits détails imperceptibles laissent dubitatif.
    Les seconds rôles eux sont ... nuls et inutiles, Asia Argento en tête (créditée pour trois malheureuses apparitions, dont une paire de fesses certes mais ça ne fait pas tout).

    Des moments de magie dans un ensemble lent et parfois ennuyeux pour un final qui explose totalement...

    Mon avis? Mitigé.

  • Attila

    17/05/2005 à 11h12

    Répondre

    Mon avis est mitigé aussi.
    Mais il me semble que ce film peche plus par maladresse que par autre chose. J'aurais pu croire que c'était un des premiers films du réalisateur (si...)
    Tout d'abord, les scènes de nature. Magnifiques. MAis un peu longues à mon gout.
    La camera se palce comme narrateur des états d'ame et des etats d'esprits de bout en bout. C'est normal que parfois le message passe mal ou que selon les personnes il passe plus ou moins rapidement.

    Les scènes de musique sont très réussies, mais les BoysIImen? Le passage est ignoble et dure le temps complet d'un clip il avait peur qu'on arrive pas a faire le parallèle en 30secondes ?

    Petites questions que je me pose sur le film :
    - Si on s en tient aux accessoires, les vetements sont ceux de Kobain, le bonnet rouge avec des cranes celui de Groel. Doit-on comprendre que Grohl est homo? et Qu'il a laissé tomber Kurt dans les derniers jours?
    - Que vient faire l'homosexualité dans ce film?
    - Quelqu'un sait-il quelle est la chanson 'Séverine'?

  • nazonfly

    17/05/2005 à 11h39

    Répondre

    Attila a dit :
    Les scènes de musique sont très réussies, mais les BoysIImen?



    - Que vient faire l'homosexualité dans ce film?
    - Quelqu'un sait-il quelle est la chanson 'Séverine'?


    D'ailleurs c'est marrant comme les bended knees (agenouillé) reviennent dans tout le film... Boyz II Men, dans une chanson je sais plus laquelle et aussi les prêcheurs parlent d'agenouillement...

    En ce qui concerne l'homosexualité, elle est présente dans plusieurs films de Van Sant. Ce qui à chaque fois lui vaut quelques critiques.

    D'après l'ami Google, c'est Venus in Furs de Velvet Underground. D'ailleurs ça me fait l'occasion de parler une nouvelle fois de la BO (que je ne vais pas tarder à acheter). Entre les compos de l'acteur Michael Pitt (notamment Death to birth), ce Venus In Furs et le splendide final sur La Guerre de Janequin (d'après mes recherches), la BO est très bonne!!

  • Attila

    17/05/2005 à 12h15

    Répondre

    C'est bien ce que je disais!!!
    Mais on a pas besoin du clip entier pour comprendre.

    Ce que je trouve aussi un peu ridiculle, c'est à quel point les personnages secondaires se suivent en un veritable assemblage de clichés, meme si après leur utilisation est bien menée et nécessaire.

  • ousta

    17/05/2005 à 16h06

    Répondre

    Le clip des Boyz To Men est un passage tres bien pense et drole donnant a la scene un contraste genial

  • donniedarko

    17/05/2005 à 19h28

    Répondre

    le clip des boyz2men est tres bien placé je trouve.
    il nous sert un scénario ou tout va bien, plein d'amour.
    tout le contraire de la vie de blake.

    je n'ai pas trouvé ce plan long.
    par contre le seul reproche que je fais au film concerne un autre plan.
    30 secondes(j'ai compté) de verdure fixe.

    La bo est tres bonne.
    Elle contient en plus une version studio de death to bird.
    Version articulée et plus riche musicalement (violoncelle, choeur etc...)

  • hiddenplace

    17/05/2005 à 20h56

    Répondre

    donniedarko a dit :

    par contre le seul reproche que je fais au film concerne un autre plan.
    30 secondes(j'ai compté) de verdure fixe.


    De même! J'ai attendu, mais rien n'est venu.

    Bon alors, [i]Last Days n'est pas le film qui restera dans mes annales comme Elephant, toutefois, j'ai pour ma part passé un très agréable moment. Je ne connais pas par coeur la biographie de Kurt Cobain, j'y suis donc allée pour ce que c'était: un film fictif sur un personnage solitaire, qui cherche une issue à ses problèmes d'identité et de relation avec le monde, et dont les seuls moment cohérents sont les moments de génie musical.

    Le résultat, esthétiquement, m'a pleinement comblée (sauf ce moment de verdure, qui ne m'aurait en effet pas dérangé s'il avait été moins long ), j'aime réellement la plupart des plans, qui comme ils sont lents ou fixes, prennent très vite l'apparence de clichés photographiques. La lumière est souvent belle, et les plans de nature m'ont bien donné envie d'une petite promenade en forêt (eh oui, je ne suis qu'une citadine )

    Contrairement à vous autres, la prestation de Michael Pitt m'a assez plue, bien qu'un peu caricaturale (si cela s'inspire de la vie de Cobain, peut-être qu'il ressemblait à ça?^^), et comme les personnages que dépeint Gus Van Sant d'habitude (John, Alex, Tobias etc dans Elephant, Will dans Good Will Hunting) ils sont très vite attachants par leur côté maladroit et vulnérable. La scène des Boys II Men (à laquelle on a droit deux fois au final) est tout à fait pertinente, et si on n'avait pas mis le clip en entier, cela aurait manqué de cohérence par rapport aux autres scènes musicales du film. Certes c'est lent, mais c'est nécessaire selon moi.

    Le montage et la manière de filmer sont fidèle aux habitudes de Van Sant: multiplicité des points de vue pour la même scène, volonté de raconter cette histoire à la "première personne" lorsque l'on suit longuement Blake (de dos) dans ses pérégrinations, et ainsi désir de faire ressortir le côté brouillon, instinctif du journal intime, dont le film s'inspire sans aucun doute (et que je n'ai pas lu, donc je m'avance peut-être un peu vite, là^^)

    Comme dans Elephant[/i], le dénouement semble presque dénué de sens, on n'est pas vraiment rentré dans la tête de Blake, mais on s'est pris quelques instant de sympathie pour ce personnage sauvage et perdu. Personnellement j'ai bcp aimé le côté métaphorique (à la limite terre à terre, même) de la scène où l'on découvre son corps. C'est assez poétique, et ça accentue le côté mystique de ce personnage.

    En résumé, un film qui m'a fait passer un très bon moment, qui m'a même fait sourire, et avec en effet de grands moments d'anthologie musicaux...

  • Zanthrope

    20/05/2005 à 11h09

    Répondre

    Une petite réaction pour la critique acerbe de Vincent L. dont le dernier paragraphe est très révélateur sur l'état d'esprit dans lequel il a découvert le dernier film de Gus Van Sant.

    "Surfer sans complexe sur la nostalgie nirvanesque pour s'assurer un beau succès en Europe" n'est à l'évidence pas l'objectif du réalisateur et ne peut donc pas lui être repproché. Tout le monde comprendra que faire un film retraçant l'ascension du leader de Nirvana de ses début jusqu'à son suicide aurait été beaucoup plus porteur...

    "Après l'impensable remake de Psycho et l'inutile Elephant (la vidéo de sécurité montrant la fusillade de Columbine résumant tout le film)" je me demande comment Gus Van Sant avait encore la moindre chance de susciter de l'intérêt chez certains avec son dernier opus. S'il n'est pas possible d'oublier les derniers films d'un réalisateur en assisatnt à la projection du dernier, il devrait tout de même être possible de rédiger une critique honnête sur un film sans revenir sur de précédentes réalisation, hors contexte dans ce cas là.

    D'après Vincent L, Gus Van Sant serait à vomir d'opportunisme. C'est peut-être la seule vérité de ce texte, car à l'évidence GVS a provoqué chez VL un flot épais de vomissure qu'il a eu le courage et l'impudeur de nous dévoiler.

  • Lilly

    20/05/2005 à 12h13

    Répondre

    j'ai trouvé le film extrêmement juste et sobre dans son hommage, mais Zden reconnais quand même qu'il ya un certain opportunisme à se servir de coups médiatiques comme l'anniversaire de la mort de Cobain ou le tapage qu'il y a eu autour du massacre de Columbine... Il les sort pas n'importe quand ses films quand même. Ca va qu'il le fait très bien, sinon tu dénoncerais un tremplin médiatique... Il ne choisit pas n'importe quel "fait d'actualité"

  • nazonfly

    20/05/2005 à 16h44

    Répondre

    Lilly a dit :
    l'anniversaire de la mort de Cobain


    L'anniversaire de Cobain???
    Kurdt Cobain est mort en avril (le 9 de mémoire) 1994, soit 11 ans et un mois et des bricoles, drôle d'anniversaire que celui-là...
    Surtout qu'on n'en a pas tellement parlé que ça de la mort de Cobain (du moins en France), moi qui avait espéré une émission spéciale l'année dernière....

  • sondern

    21/05/2005 à 15h10

    Répondre

    L'approche typiquement européenne de Van Sant contemplative, réaliste et non explosive a de quoi effrayer le public (même européeen justement ^^) habitué s aux superproductions européennes...

  • Vincent.L

    23/05/2005 à 22h02

    Répondre

    Zanthrope a dit:

    "Surfer sans complexe sur la nostalgie nirvanesque pour s'assurer un beau succès en Europe" n'est à l'évidence pas l'objectif du réalisateur et ne peut donc pas lui être repproché. Tout le monde comprendra que faire un film retraçant l'ascension du leader de Nirvana de ses début jusqu'à son suicide aurait été beaucoup plus porteur...

    C'est pas son objectif? faut s'arrêter là, tout le monde va le voir pour le parallèle évident avec Cobain... et les derniers jours de sa vie sont ce qui intéresse le plus les gens donc c'est totalement voulu.

    Zanthrope a dit:

    "Après l'impensable remake de Psycho et l'inutile Elephant (la vidéo de sécurité montrant la fusillade de Columbine résumant tout le film)" je me demande comment Gus Van Sant avait encore la moindre chance de susciter de l'intérêt chez certains avec son dernier opus. S'il n'est pas possible d'oublier les derniers films d'un réalisateur en assisatnt à la projection du dernier, il devrait tout de même être possible de rédiger une critique honnête sur un film sans revenir sur de précédentes réalisation, hors contexte dans ce cas là.


    Et pourquoi pas? GVS fait les mêmes erreurs et nous sort la même prétention insupportable donc le lien est évident. De plus, ses deux précédentes réalisations s'inscrivent selon lui dans une sorte de trilogie donc le lien est d'autant plus évident.

    Zanthrope a dit:

    D'après Vincent L, Gus Van Sant serait à vomir d'opportunisme. C'est peut-être la seule vérité de ce texte, car à l'évidence GVS a provoqué chez VL un flot épais de vomissure qu'il a eu le courage et l'impudeur de nous dévoiler.

    Il faudrait te rappeller que j'ai apprécié certains moments du film comme je l'explique: Van Sant parvient à nous livrer quelques moments d'une criante vérité. On pense ainsi à la scène d'écriture d'une chanson et à ces deux magnifiques scènes où Blake joue seul en live. A ces instants, on ressent parfaitement ce qu'est le processus de création d'où le génie peut naître. La souffrance et la détresse du chanteur-compositeur transparaîssent formidablement.
    mais que ce qui ressort le plus à mes yeux est l'amat de scènes prétentieuses qui veulent faire de l'intelligent en se foutant de la tête des gens.
    Après, je comprend très bien qu'on puisse trouver ce film génial. Il l'est, mais pendant 10 minutes de musique...

  • nazonfly

    24/05/2005 à 09h13

    Répondre

    Vincent.L a dit :
    "Surfer sans complexe sur la nostalgie nirvanesque pour s'assurer un beau succès en Europe"

    C'est pas son objectif? faut s'arrêter là, tout le monde va le voir pour le parallèle évident avec Cobain... et les derniers jours de sa vie sont ce qui intéresse le plus les gens donc c'est totalement voulu.

    Je pense moi aussi comme Zanthrope que réduire le film à ça est un peu ... réducteur (oui je sais que Vincent ne réduit quand même pas le film à ça).
    On pourrait de la même façon parler de nombre de films qui surfent sur telle ou telle vague. The Incredibles surfent sur la vague super héros, Sin City sur la vague des adaptations BD, L'Esquive sur la vague des films sur la banlieue etc etc.

    Vincent.L a dit :

    "Après l'impensable remake de Psycho et l'inutile Elephant

    De plus, ses deux précédentes réalisations s'inscrivent selon lui dans une sorte de trilogie donc le lien est d'autant plus évident.

    La trilogie à laquelle appartient Last Days est Gerry, Elephant et donc Last Days. Psycho n'a rien à voir avec cette trilogie.

  • Zanthrope

    24/05/2005 à 11h10

    Répondre

    Merci pour cette réponse aussi détaillé, Vincent L. , et pour ta participation Nazgul666.

    Rassurez vous, je ne vais pas poursuivre ici ma critique gratuite de critique : j'ai écrit ce qu'il me semblait juste d'écrire et tu y as répondu. Fin du sujet.

    Pour en revenir au film, je ne crois pas avoir dit ce que j'en pensais. En réagissant à tes propos, j'ai peut-être donné l'impression d'avoir adoré le film. Ce n'est pourtant pas du tout le cas. Mais je ne l'ai pas détesté non plus.

    Aujourd'hui encore, cela reste très flou dans mon esprit, et mes sentiments évoluent constamment : certaines scènes qui me plaisaient à la sortie de la séance me paraissent beaucoup moins forte avec le recul. J'en veux pour exemple parmi d'autres, le moment ou Blake chante sa dernière chanson en s'accompagnant à la guitare.

    Comment ne pas trouver cette scène poignante et forte sur le moment ? Cela parait impossible. Seul instant du film où Blake montre une parcelle de son talent, instant que l'on imagine être le dernier baroud d'honneur d'un homme sur le point de sombrer définitivement. Comment ne pas ressentir un immense gâchis en le voyant là, seul, capable de provoquer chez nous autant de sensations...

    Aujourd'hui j'ai l'impression de m'être fait un peu avoir sur cette scène. J'ai l'impression qu'il était trop facile de m'émouvoir sur ce passage. Depuis le début du film, le spectateur, qui connaît un peu le sujet, attend avec impatience le moment inévitable où le personnage central fera la preuve de son talent musical. Et jusqu'à cet instant, il n'y a rien. Rien qui nous permette d'apprécier cet homme. On ne sait rien de lui, et on ne peut avoir aucune empathie à son égard. Si on ajoute à cela l'absence quasi totale de bande son musicale, le spectateur frustré ne peut que s'extasier en entendant les premières notes. (A ce sujet, les premières notes de la chanson de Blake que nous entendons dans le film, nous frustrent encore d'avantage puisque la caméra décide de suivre deux des autres habitants de la maison jusqu'a l'étage, au lieu de rester dans cette pièce où visiblement Blake commence à chanter. On ne peut alors qu'espérer une scène à la Elephant pour assister au concert privé de Blake, et ne pas se satisfaire des quelques notes assourdies que l'on devine à l'étage pendant les préliminaires amoureux des deux jeunes.)
    Alors oui, ce moment est très fort, car il sera, on en est persuadé, le seul et l'unique instant magique de ce film. Mais son intensité provient en grande partie de l'unicité d'un tel instant dans tout le film, et elle est d'autant plus grande que le reste du film frôle le zéro sur le l'échelle de l'intensité.

    Je ne sais pas si j'ai été très clair. Tout ce que je sais c'est qu'avec un commentaire comme celui-ci, je m'expose un petit peu.

    En ce qui me concerne, ce film aura eu le mérite de m'avoir poussé à chercher sur internet des critiques, des commentaires, des analyses et d'arriver ici.

  • Vincent.L

    24/05/2005 à 19h33

    Répondre

    Nazgul a dit:

    La trilogie à laquelle appartient Last Days est Gerry, Elephant et donc Last Days. Psycho n'a rien à voir avec cette trilogie.

    Je sais très bien que la trilogie comprend Gerry, Elephant et Last days, c'est pour ça que j'ai dit De plus, ses deux précédentes réalisations s'inscrivent selon lui dans une sorte de trilogie donc le lien est d'autant plus évident
    (car Elephant date de 2003 et Gerry de 2002).

    Pour ce qui est de Psycho, je n'ai jamais dit qu'il faisait partie de la trilogie, je rappellais juste que son remake était quelque peu absurde.

  • Lilly

    24/05/2005 à 22h42

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    Nazgul, oui je sais que c'était l'année dernière l'anniv de la mort de Cobain, mais je veux dire le film a été fait dans cette actualité (faut pas unmoi spour faire un film?), et c'était pas une critique, juste faut être objectif... et y'a pas que dans les magazines qu'on en a parlé, même en France...y'a quand même des tas de trucs qui sont sortis pour l'occasion...On peut pas se voiler la face.

    Quant à l'ennui dans le film, c'est vrai. C'est pas un film hyper divertissant, il n'y a qu'un moment intense. Mais c'est un choix artistique qui me semble extrêmement juste pour traduire le propos du film. C'est assez risqué comme démarche, ce n'est pas faire plaisir au public, mais je trouve que ça suscite beaucoup plus d'interrogations que si le film avait été 100% intense...

  • Attila

    25/05/2005 à 11h00

    Répondre

    Ce que j'aime bien, c'est les deux différentes interprétations possibles entre le "poète maudit" atteint de bile noire et souffrant d'un mal etre purement romantique évoluant dans un univers romantique (maison délabrée, forêts sombres et inquiétantes, personnages décalés et fous...) et la Rock Star qui se vautre dans les poncifs du genre (Drogue, dégout de soi meme assez banal, coté commercial...)

    Au fond comme on me le faisait remarquer, ce sont seulement les mormons qui sortent un peu du lot et qui semblent vraiemnt vivants.

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