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Las Acacias

Cannes 2011 : Semaine de la Critique. Un road-movie argentin qui donne dans l'intimisme, le minimalisme, quittant rarement l'enceinte d'un camion. Une histoire toute simple (trop simple ?), qui s'en va pourtant déterrer les sentiments profonds de son personnage principal.

Sélectionné pour la 50e Semaine de la Critique, Las Acacias est la première réalisation du monteur argentin Pablo Giorgelli (et concourt donc à ce titre au prix de la Caméra d'Or).

Pour écrire le scénario, Giorgelli a fait appel à l'aide de Salvador Roselli, coauteur notamment de Bombon el perro (2004), où un mécanicien solitaire se liait d'amitié avec un chien. Las Acacias présente une certaine similitude avec ce précédent film, si l'on admet qu'on puisse remplacer un chien par une femme et son bébé (d'un point de vue narratif !). Rubén est un camionneur chevronné (trente ans de bouteille) chargé de transporter des troncs d'acacias entre le Paraguay et l'Argentine. Lorsqu'il accepte de véhiculer une jeune femme et sa fille de cinq mois jusqu'à Buenos Aires, il ignore que ce voyage va réveiller des sentiments dans sa caboche blasée.


DR.
Prenant le parti du minimalisme formel, le réalisateur concentre une bonne partie du métrage à l'intérieur du camion, alternant champs et contre-champs sans chercher à faire intervenir la caméra dans les évènements. Ou plutôt dans l'absence d'évènements : on nous fait apprécier le passage des vitesses (la bande-son ne comporte aucune musique), les silences gênés, les silences amusés, les bouilles attendrissantes que le bébé adopte spontaément, etc. Au fil du temps, une véritable intimité se développe entre les personnages et avec le spectateur, ponctuée par les arrêts sur le bord de la route ; ces derniers ne servent finalement qu'à séparer Rubén et Jacinta, avec l'intervention d'un personnage extérieur ou la séparation qu'impliquent les douches publics.

Au fil du voyage, déridant son attitude originelle faite de mutisme et de mâchoire crispée, Rubén va découvrir qu'en traçant la route sans s'arrêter, il a peut-être oublié de profiter de la vie. Une morale simple (simplette ?) pour un film qui l'est aussi.

 

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