5.5/10

Labrador

Cannes 2011 : Hors Compétition, Séance Spéciale. Un premier film danois, qui réduit une crise familiale à une telle épure (ça se passe sur une île) qu'il en reste surtout des lieux communs.

En marge des deux Danois vedettes, Lars von Trier et Nicolas Winding Refn, on trouve la jeune Frederikke Aspöck, qui signe son premier long métrage après deux courts en 2004 et 2009. Titré Labrador à l'international (et Out of Bounds dans son Danemark natal, allez comprendre), le film est présenté Hors-Compétition et en « Séance Spéciale » (en quoi la Séance est-elle plus spéciale qu'une autre ? mystère).

Oskar et Stella partent quelques jours sur une île suédoise. L'objet de leur visite : le père de mademoiselle, artiste misanthrope et hermétique, qu'elle n'a pas vu depuis cinq ans. La relation père-fille s'avère vite fusionnelle, et Oskar se sent complètement snobé par ce beau-père extra-rude. Et le labrador dans tout ça ? C'est le chien de Nathan, une femelle appelée Elvira qui lui sert de
DR.
compagnie. Son pelage est aussi noir que celui des corbeaux qui tournent autour du sinistre cabanon...

L'élément prestigieux du casting, c'est Jakob Eklund, connu dans les pays du nord pour son interprétation d'un héros récurrent appelé Johan Falk depuis une dizaine d'années (on le croise également dans un épisode de la série Wallander). Son charme naturel, et sa relative jeunesse pour jouer le rôle du beau-papa (il n'a même pas cinquante ans) en font une sorte de concurrent direct du boyfriend, qui vit assez mal le complexe d'Electre de sa compagne. Nathan et Oskar vont se jauger, se défier... L'ermite taciturne n'a pas d'émotions visibles, mais on peut imaginer que sa chienne les exprime pour lui : l'animal se jette au cou des invités lorsqu'ils arrivent, fait grise mine dans les moments de tristesse, etc. Pourtant, le personnage central n'est pas le chien, ni même son maître, mais la jeune femme tiraillée entre son homme et son père. Schéma classique, enveloppé d'une problématique non moins classique de parentalité, de responsabilité, et blablabla.

Les thèmes sont bateaux, mais les acteurs parviennent à capter l'attention... notamment le corbeau particulièrement bien dressé. Dommage que le scénario soit axé en majeure partie autour d'un secret de polichinelle (littéralement), qui ne permet pas de croire trop fermement à la situation exposée. Dommage aussi que la réalisation, hésitante, soit notamment ponctuée de zooms manuels si maladroits qu'ils en viennent à se faire remarquer davantage que l'action en cours. Peu de personnages, un scénario unidimensionnel, une durée très réduite (à peine une heure et quart) : Labrador ressemble plus à un gros court métrage qu'à un bon petit film. Mais contrairement aux histoires de beaux-pères avec Ben Stiller et Robert De Niro, on devrait pouvoir échapper aux suites.

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