4/10

Kate & Leopold

Que vous me croyiez ou pas, New York est sur le point d'être à nouveau le théâtre d'une histoire d'amour totalement improbable, bourrée de romantisme et de lyrisme comme seul un scénariste d'Hollywood pourrait l'imaginer. Plus fort, la présente idylle cachetonne dans le registre « improbable », puisque, et excusez-moi par avance de ce qui va suivre, les deux soupirants mènent leurs vies à plus de deux cents ans d'écart. La formule de la comédie sentimentale de base alliée à celle du fantastique de bas étage, du pur génie enfin à portée de regard...

XIXe siècle. Léopold (Hugh Jackman), troisième duc d'Albany, s'échappe de sa soirée de fiançailles pour prendre en filature un intriguant inconnu. L'homme se révèle être Stuart (Liev Schreiber), scientifique de pacotille du XXIe siècle, qui ramène par inadvertance le séduisant noble. XXIe siècle. Léopold se réveille dans un monde qui a oublié le bon goût et le romantisme, une vie terne où « les femmes sont devenues dangereuses ». Il fait alors la connaissance de Kate (Meg Ryan) l'ex-petite amie de Stuart, et de son frère Charly (Breckin Meyer)...

Je ne crois même pas ce que je viens d'écrire ! Alors imaginez la pauvre Kate, aux prises avec un redoutable séducteur courtois, poli, galant, et gracieux. Pour ce qui est de la comédie sentimentale, les amateurs ne seront pas dépaysés, la faille spatio-temporelle (...) n'y changera rien : ils ne s'aiment pas, puis il s'aiment, puis ils ont une dispute, puis chacun fait des concessions et ils se retrouvent. Leçon bien apprise, 10 sur 10. D'une manière générale, on observe alors plus attentivement l'alchimie produite par le couple d'âmes réunies par Cupidon, et admettons que Wolverine et la spécialiste des sentiments Meg parviennent à produire une certaine étincelle pas déplaisante. Ca, c'est dit, alors... Le côté fantaisiste ! Un noble de la fin du XIXe siècle se retrouve au XXIe siècle. Conséquence directe, le bonhomme étant l'inventeur de l'ascenseur (...) toutes ces belles machines se retrouvent bloquées par un fait inexplicable et inexpliqué. Et pendant ce temps, monsieur le duc découvre les joies du grille-pain et du téléphone. Autant avouer tout de suite que de ce côté là, on a déjà vu mieux, en insistant sur le « déjà vu ». Dans le concret, le réalisateur empile les situations comiques des deux genres sans sourciller, avec tout de même une certaine aisance dans la mise en scène, à défaut d'une rationalité du scénario et de masquer les incohérences spatio-temporelles.

La rencontre de la comédie sentimentale et du fantastique, cela donne Kate & Léopold, succession de gags attendus et refourgués inlassablement, sur le squelette du romantisme comme on en a déjà vu une bonne centaine de fois. Le savoir-faire du réalisateur, et le charme incontestable du couple relèvent un peu la note.

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1 commentaires

  • Anonyme

    05/04/2004 à 00h00

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    Excellante satire de la société de consommation. On peut regretter qu'au 19è siècle la faculté de "déguster" les saveurs de la vie n'étaient le fait que de quelques favorisés, mais le film est si bien tourné que cela ne vient pas à l'esprit d'y voir des implications politiques.

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