7/10

Kaboom : l'explosion cinématographique

Sexy, déstabilisant, dénué de conventions, Kaboom est un mélange de genres troublant où le non-sens n'est jamais bien loin. Un film appréciable, de fait.

Au cours d'une soirée bien arrosée, Smith rencontre la jolie London, petite blonde à la libido débridée qui lui propose une partie de jambes en l'air. L'autre événement de cette soirée, c'est que Smith a mangé involontairement un space cookie. Et sous l'effet de la drogue, il va assister au meurtre très étrange d'une rousse, sur le gazon du campus. Le plus étrange dans tout ça, c'est que la demoiselle habitait un de ses énigmatiques rêves récurrent. Où est la réalité ?


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Commençons par la fin. On ressort de Kaboom complètement décontenancé, incapable de se forger un avis impulsif, déstabilisé à la fois par le mélange des genres et l'absence de genre. Au premier regard, on a l'impression d'avoir affaire à une sorte de teen-movie un peu décomplexé, à ceci près que nos héros sont majeurs et habitent sur un campus bien désert. Très vite, les barrières et les étiquettes sexuelles s'envolent, chaque personnage refusant de se murer dans une pratique unique. Le héros, Smith, est hétéro, mais fantasme sur son colocataire crétin, tout en ne reniant pas les éventuels plans à trois et les pratiques solitaires. Cette couche de sexe est omniprésente, sublimée à chaque instant, donne au film une allure d'ovni sexy où n'importe qui peut coucher avec n'importe qui à tout moment. En marge de cela, il y a l'intrigue « fantastique » développée à côté, une histoire de meurtre un peu paranormale qui va faire intervenir des hommes aux masques d'animaux. Pareillement, Gregg Araki part d'un postulat simple et intéressant pour faire naître un feu d'artifice de n'importe quoi, porté à son paroxysme dans un dernier quart d'heure complètement halluciné où chaque personnage fera entendre sa voix. Les quelques dernières secondes résument à elles-seules tout le film, je vous laisse les découvrir dans toute leur splendeur et leur inquiétante simplicité.

Y a-t-il un film qui pourrait mieux porter son nom que Kaboom ? L'onomatopée ne semble pas un choix pertinent pour définir le contenu du film, et pourtant il reflète très bien son contenu : une explosion de sexe, de conventions, de couleurs, et de n'importe quoi. Rien que pour ça, le film est à voir, même si l'on pourra difficilement le porter à l'adulation. Qu'importe, du moment que l'on évite la version française, Kaboom est une expérience à découvrir.


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2 commentaires

  • gyzmo

    02/11/2010 à 17h23

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    Du Donnie Darko sous acides, soupoudré d'un zeste des Lois de l'Attraction, en plus trash. C'est à peu près les choses qui resteront en ma mémoire tant le scénario de Araki est d'un bordel pas possible qui lorgne dans tous les sens, sans ligne de conduite, sans cohérence aucune. Et pourtant, son univers desaxé fonctionne. Mais faut surtout pas s'attendre à voir un film premier degré, ou avec un regard aussi percutant que Bret Easton Ellis ou sérieusement sombre que Richard Kelly.

  • nazonfly

    11/01/2012 à 08h49

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    Étonnant film que ce Kaboom quand même. Je ne suis pas sûr d'avoir bien saisi où voulait en venir Araki mais c'est un film qu'on ne peut oublier : entre teen movie sexy (oui Nicolas les teen movie se passent toujours sur des campus d'université, avec des majeurs joués par des acteurs qui ont 30 ans), délires mystico-oniriques et explosions Kaboom, c'est un mélange vraiment bizarre.
    Et j'ai failli oublier la chouette VO !!

    http://cinema.krinein.com/kaboom-explos ... 15310.html

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