7.5/10

Jusqu'en enfer

Un bon gros tour de train fantôme, qui montre que Sam Raimi est resté le grand dégoûtant qu'il était à l'époque du premier Evil Dead.

Depuis Evil Dead premier du nom, en 1982, Sam Raimi n'avait plus jamais réalisé de film d'horreur à proprement parler. Mort sur le gril, Evil Dead 2 ? Des comédies cartoonesques ! Darkman, la trilogie Spider-man ? Des films de super-héros ! Evil Dead 3 ? Une comédie fantastique médiévale ! En gros, les fans de la première heure ont attendu plus de 25 ans le retour du Sam Raimi de ce premier long-métrage. Et la plupart avaient jeté l'éponge depuis longtemps, considérant que ce retour aux sources n'était plus possible après les aventures sirupeuses de l'homme-araignée. On ne pensait pas que Jusqu'en enfer puisse être autre chose qu'un gentil teen-slasher ripoliné, bâti sur une intrigue vue mille fois et reposant sur une poignée de jeunes vedettes aux dents blanches. Mais les dents ne sont finalement pas si blanches, le budget est serré, et le cinéaste s'avère toujours Je commence par quoi, l'ophtalmo ou le dentiste ?
Je commence par quoi,
l'ophtalmo ou le dentiste ?
capable d'une énergie et d'un goût pour le macabre peu communs, d'autant qu'il adapte ici un scénario écrit il y a vingt ans avec son frère Ivan.

Christine (Alison Lohman) est une jeune fille un peu falote, qui peine à trouver sa place. Que ce soit dans sa belle-famille ou dans son boulot d'employée de banque, elle tâtonne pour s'imposer. C'est ainsi qu'elle décide de se montrer ferme lorsqu'une cliente vient lui demander la prolongation d'un prêt afin d'éviter l'expulsion. Mal lui en prend, car la cliente en question est la réplique féminine d'un Bela Lugosi de la grande époque, et jette sur elle la pire des malédictions. Christine va devoir bouger son popotin si elle ne veut pas être traînée en enfer par le démon Lamia, qui malgré son nom n'est pas spécialiste des arrangements à l'amiable...

Sam Raimi aime s'acharner sur ses personnages. Qu'il s'agisse de Bruce ‘Ash' Campbell ou de Peter Parker, les héros de ses films sont généralement des aimants à poisse, et collectionnent des maltraitances infligées avec une régularité infernale. Christine ne fait pas exception à la règle : une fois l'intrigue posée (un prégénérique accrocheur, une exposition efficace des protagonistes), elle en bave sérieusement. Et le spectateur avec. On a beau connaître les trucs et astuces du cinéma d'horreur, il est difficile de garder son calme face aux apparitions brutales et régulières d'une vieille harpie grimaçante accompagnée de sa traditionnelle poussée musicale stridente. Au fur et à mesure que le film avance, les nerfs sont mis de plus en plus rudement à l'épreuve, et l'empathie que l'on ressent pour la jeune fille maudite pousse à se demander ce que l'on ferait à sa place. La première idée qui vient à l'esprit est de se séparer du boyfriend interprété par Justin Long, J'aimerais te suivre en enfer, mais je n'ai pas reçu d'invitation.
J'aimerais te suivre en enfer,
mais je n'ai pas reçu d'invitation.
armé d'autant de caractère qu'un clafoutis mal cuit, mais qu'importe : les autres réactions de Christine sont assez crédibles.

Evil Dead s'impose naturellement à l'esprit, avec ses victimes possédées flottant dans les airs et ses débordements aussi révoltants que comiques, mais le style visuel reste largement plus sobre, évitant de verser systématiquement dans les travellings démentiels et les mouvements de caméra aberrants qui caractérisaient le cinéma de Raimi jusqu'au milieu des années 90. Il s'en octroie volontiers deux ou trois, comme il le faisait dans Spider-man 2 et 3, mais se concentre davantage sur ce que filme la caméra que sur la caméra elle-même. La réalisation et le scénario sont au cordeau, et on reprochera tout juste les quelques effets spéciaux numériques pas toujours heureux. A l'arrivée, on a certes l'impression d'avoir assisté à un double épisode de Supernatural, mais on se réjouit d'avoir fait le plein de sursauts et de frissons, et d'avoir retrouvé un réalisateur dont l'âme n'a pas été engloutie par l'enfer. Peter Jackson, dont la carrière peut être mise en parallèle avec celle de Raimi (quasiment film par film !), réservera-t-il la même bonne surprise avec son Lovely Bones en janvier prochain ? Et surtout, les deux hommes vont-ils se décider à livrer au public Bad Taste 2 et Evil Dead 4, les arlésiennes attendues et redoutées depuis si longtemps ?...

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5 commentaires

  • Lestat

    14/06/2009 à 18h45

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    Sam Raimi, au dela du peu d'intérêt qu'il éprouve pour le registre (Evil Dead n'obéissait qu'à une logique pécunière) n'a pas arrêté de polir son cinéma et ce film en est une nouvelle preuve. Très prévisible, très propre sur soi, sans folie, sans idées, bourré d'effets à faire peur mais sans ambiance. On s'ennuie pas spécialement (quoique) mais ça ne vole vraiment pas haut. Les derniers Dark Castle s'en sortent mieux, et c'est un peu triste à dire.

  • riffhifi

    14/06/2009 à 22h43

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    Ouch


    Logique pécuniaire dans les Evil Dead ?! On peut nier au troisième le statut de film d'horreur, mais je trouve que c'est un film qui vient singulièrement du coeur !

  • Lestat

    14/06/2009 à 23h08

    Répondre

    A la base, Evil Dead, le premier j'entend, avait une vocation commerciale avant tout et Sam Raimi n'a pas spécialement plus d'affinités que ça avec ce genre de film. D'ailleurs l'intéressé ne fera plus rien d'approchant par la suite (éventuellement, Intuitions....), Evil Dead 2 reprenant les bases du premier, déjà bien allumé, pour le tirer vers le cartoon plus ou moins balourd. Après, un film commercial peut être fait avec coeur et talent, l'un n'empêche pas l'autre. D'ailleurs des trois, c'est bien le premier que je préfère.

  • Anonyme

    27/12/2009 à 20h18

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     il est trop bien ce film allez le voir !!

  • Anonyme

    20/01/2010 à 19h36

    Répondre

    je eu peur un peuu maiis bonn j"ai pas doormiie de llaaa nuiiit avec mon chhhewiiii

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