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Jugez-moi coupable

Vingt inculpés, vingt avocats de la défense, douze jurés (plus huit suppléants), soixante-treize chefs d'accusation. Le résultat : un procès de deux ans (1987-88) qui restera dans l'histoire comme le plus important procès de la justice américaine, visant à faire plonger les membres d'une puissante famille de mafieux italien. Une histoire vraie, également connue pour l'étonnante plaidoirie d'un des inculpés qui ira jusqu'à assurer sa propre défense...

Incarcéré pour trafic de stupéfiants, Jackie DiNorscio (Vin Diesel) écoule de paisibles jours en prison en attendant sa conditionnelle. Un jour, un ambitieux procureur lui propose une remise de peine contre un témoignage dans le plus vaste procès jamais organisé, impliquant une vingtaine d'inculpés, une petite centaine de témoins, et plus de quatre cents pièces à conviction. Incapable de trahir sa famille et ses amis, Jackie décidera d'assurer sa propre défense lors du procès...

Quelques kilos d'embonpoint et une perruque relativement poilante pour les habitués de l'acteur, il n'en fallait pas moins pour donner à Vin Diesel l'opportunité d'obtenir son « rôle virage », celui qui lui permettra de se démarquer enfin des films d'action dont il s'est fait, bon gré mal gré, spécialité. Finis les agents spéciaux surentraînés et bodybuildés, Vin fera maintenant de la composition. Associé au réalisateur Sidney Lumet, le voilà dans la peau de Jackie DiNorscio, ersatz d'un mafieux italien (Giacomo « Fat Jack » DiNorscio) connu pour avoir assuré sa propre défense lors du plus long procès de toute l'histoire de la justice américaine. Le pire dans tout ça, malgré un certain nombre de doutes post - Babysittor, et que l'on y croit ! Le sourire facile, une démarche un peu chaloupée, et Vin Diesel emporte le morceau avec facilité, s'offrant sans doute le meilleur rôle de sa carrière. Dommage que le reste ne suive guère. Lumet livre un produit de près de deux heures assez peu intéressant dans sa forme, construite sur une réalisation sans grande imagination et sur un montage parfois étrange (raccords plus ou moins judicieux). A l'image du procès fleuve dont il s'inspire, le film se dilue sur la longueur et finit par ennuyer à de nombreuses reprises, même pendant les quelques plaidoiries des protagonistes. Le film se soulève néanmoins par de très rares moments bien écrits et saupoudrés d'un cynisme plutôt bienvenu.

Un film de procès assez commun dans l'ensemble, long et ennuyeux sur sa longueur. On en sort un peu amer, un peu somnolent, mais ravi de constater que le musculeux Vin Diesel est capable de faire autre chose que de tirer sur des méchants terroristes.

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