9.5/10

journée de la jupe (La)

Un film aussi brillant que dérangeant, aussi poignant que juste, aussi bouleversant que passionnant et dont on ne ressort pas indemne. Couronné par des acteurs exceptionnels, il est majestueux par tous les messages que, sans vanité, il transmet.

Vous aimez les films non conventionnels ? Vous aimez les films qui savent dépasser avec brio le manichéisme ? Vous aimez les films chocs aux vérités dérangeantes qui frappent sur tout et sur tous et dont personne ne sort indemne ? Qui dénoncent l'hypocrisie d'institutions, l'hypocrisie de faux religieux, l'hypocrisie de modes de pensée, l'hypocrisie de l'ultra consommation ? Vous aimez quand les vraies victimes et leurs souffrances sont mises en exergue avec tant de justesse ?

Alors La Journée de la Jupe, son titre étrange, et sa façon de passer au crible, sans vanité et avec nuances, le problème quasi-insoluble des collèges soumis à la loi de la peur est pour vous.

Une interprétation majestueuse d'Isabelle Adjani
Une interprétation majestueuse d'Isabelle Adjani
Une vérité brutale, tranchante et dérangeante vous sera propulsée au visage, à vous petit spectateur assis confortablement dans votre fauteuil. Au travers d'un huis clos haletant, au scénario et dialogues sans faille et aux coups de théâtre bien menés, vous vivrez comme si vous étiez, et telle est la plus grande qualité du film, les horreurs des vies de chacun, et découvrirez la face cachée et malade de tout un pan d'une société qu'on se plait à ignorer. Le jeu d'acteur exceptionnel, et pas seulement celui d'Isabelle Adjani, parachèvera de vous immerger dans cette longue scène interminable, dont on ne sait aucunement comment elle pourra finir, si ce n'est de façon tragique.

La Journée de la Jupe, comme son nom ne l'indique pas, est une ode aux héros et héroïnes de l'ombre, à celles et ceux qui sacrifient tout pour une vie meilleure, à celles et ceux qui supportent la violence en silence, à celles et ceux qui donnent tout pour faire grandir les plus jeunes, et enfin à celles et ceux qui voient mourir leurs petits et ces petits qui, trop jeunes, voient leur mère assassinée.

Des élèves en déroute à sauver
Des élèves en déroute à sauver
Une prof de collège a l'occasion de briser les fondations de l'horreur pour la faire s'écrouler, de briser l'omerta et de faire tomber les coupables, de défendre une idéologie qui est peut-être la seule à pouvoir faire se tenir debout une société multi-religieuse, de défendre la mixité et le vrai respect de l'autre et de tous les peuples. Cette prof n'est pas ce qu'elle semble être. Le hasard aux accents de destinée la rendra preneuse d'otages malgré elle et elle saura en faire bon usage, bien que le prix à payer soit terrible. Vous n'oublierez pas son combat d'une heure trente lorsque l'unique musique du film bercera votre cœur qui saigne et votre esprit révolté, au moment de la clôture tragique de cette histoire.

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2 commentaires

  • Anonyme

    03/12/2009 à 15h48

    Répondre

    "La Jour­née de la Jupe, comme son
    nom ne l'in­dique pas, est une ode aux héros et héroïnes de l'ombre, à
    celles et ceux qui sa­cri­fient tout pour une vie meilleure, à celles
    et ceux qui sup­portent la vio­lence en si­lence, à celles et ceux qui
    donnent tout pour faire gran­dir les plus jeunes, et enfin à celles et
    ceux qui voient mou­rir leurs pe­tits et ces pe­tits qui, trop jeunes,
    voient leur mère as­sas­si­née."


    C'est un film sur la résistance pendant la seconde guerre mondiale, la journée de la jupe ?


    Un film à mon avis très mauvais à tout point de vue.

    Tout
    d'abord sur la forme, il n'y a aucun acteur jouant correctement. Le
    casting est catastrophique (le bidochon Denis Podalydès en gradé du
    groupe d'intervention de la police nationale il fallait le faire).



    Sur
    le fond, ça brasse en une heure et demie tous les clichés possibles et
    imaginables sur la banlieue : cas sociaux, argot arabe, délinquance,
    racket, vol, viol en réunion, irrespect pour le professeur et rejet de
    l'apprentissage.



    A l'opposé d'un "entre les murs" qui montre
    la jeunesse de banlieue comme étant parfaitement intelligente et
    cohérente dans ses émotions, La journée de la jupe
    est un brulot haineux, qui égraine féminisme hystérique, mépris pour
    une jeunesse présentée comme débile et sens aigu du manichéisme.



    Je
    ne sais pas si le scénariste ne s'est pas remis d'une agression en
    seine saint denis ou a simplement été perturbé par un numéro spécial du
    droit de savoir, mais ça sent vraiment la haine simplifiante et
    crétine.



    "En réalité, la posture anti-langue de bois n'est
    qu'un écran de fumée dissimulant (mal) une pensée plutôt réac. (...)"
    Les Inrocks

  • Islara

    03/12/2009 à 17h33

    Répondre

    Certes le film n'a insisté que sur un aspect assez négatif des choses et ne signale peut-être pas assez le positif de la banlieue, mais si on y regarde bien, au final, il n'y a qu'un élève parmi tous qui est vraiment "atomisé" par le scénario. Aucun mérpis n'est montré pour ces élèves sauf un.


    Par ailleurs, ce ne sont pas des clichés qui sont brassés, malheureusement.  Il suffit d'aller faire un tour dans nos Cours d'Assises divers et variées (y compris les Cours d'Assises des Mineurs, mais là c'est à huis clos). La réalité dépassera toujours la fiction. L'association "Ni Putes ni Soumises" est née de cet épineux problème et les membres de cette assiciation ont dû aimer La Journée de la Jupe.


    Doit-on alors les traiter de féministes hystériques comme tu le fais Chip ?  Il y a peut-être des raison d'être hystériques quand on voit qu'il y a moins d'un siècle le viol n'était pas un crime ou que dans, certains pays, une femme a à peu près le statut juridique d'un animal ou encore que dans d'autres l'égalité simplement juridique (successions, accès aux professions etc...) n'existe même pas, ou encore que l'excision se pratiquait fréquemment en France il y a 20 ans.


    En tant que femme et être humain éprise des principes d'égalité, de justice et de liberté, je rends hommage à ce film du fond du coeur.

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