Le journalisme au cinéma, haine ou amour ?

Vaste sujet que la représentation du journalisme au cinéma. Il va falloir trouver un angle d'attaque. Après maintes recherches et grands débats intérieurs, voici la grande question ? Est-ce que les cinéastes aiment les journalistes ?

Bien-sûr, quand je dis « maintes recherches » ce sont surtout les caractéristiques qui me sautaient aux yeux en voyant les films. Dans l'épisode précédent, je vous expliquais la mise en place de mon travail et comment j'avais abordé la question du journalisme au cinéma. Au passage je remercie le gentil internaute qui m'a parlé de Salvador vraiment excellent. Pour Las Vegas Parano je le connaissais déjà, il n'est pas très intéressant pour mon mémoire car il est trop... Ben c'est Raoul Duke quoi ! Mais qu'est-ce que c'est bon !

Bref, même s'il n'est jamais trop tard pour voir de nouveaux films, j'en ai regardé suffisamment pour pouvoir cadrer efficacement mon travail, et je suis parti sur une problématique toute bête : est-ce que le journalisme est représenté de façon positive ou non ?

Il se trouve que j'ai dégagé plusieurs caractéristiques majeures des films de journaliste qui vont me servir à construire le plan de mon mémoire.

Vive le journaliste ! À mort le journalisme !

Tout d'abord, le fait est que le journaliste est souvent représenté comme un héros incroyablement classe. Cigarette au bec, voix grave et mépris de sa hiérarchie, le journaliste à la Bogart est trop badass. La représentation a perduré jusqu'à nos jours et le journaliste est souvent cet anti-héros que rien n'occupe tant que de chercher la vérité. Même chez Kevin MacDonald, dans Jeux de pouvoir, le négligé Russel Crowe est le Big Lebowski de la rédaction, mais il est fin, déterminé et honnête dans ses méthodes.

Les journalistes sont les nouveaux flics, qui vont faire régner la morale et la justice dans le pays grâce à leur terrible arme : les médias.


I'm talking about the Dude here..

 

Et on arrive au deuxième point de mon argumentation : les cinéastes détestent le système médiatique. Synonyme de spectacle, de tromperie, de mensonge et de perdition mercantile, le système est dirigé par des pontes insensibles qui vouent un culte au dieu-dollar. Les médias ne cherchent qu'à faire de l'audience et méprisent à la fois leurs sujets d'études et leur public, abrutis et buvant chacune de leur parole. Ce n'est pas récent et dans Five Star Final on pouvait voir une femme poussée au suicide après qu'un journal ait ressorti une vieille histoire pour vendre du papier. Dans Network de Sidney Lumet, en 1976, il y a carrément un meurtre à la télé mais c'est ça que veut le public de toute façon.

Ces deux points ont l'air contradictoire à première vue. Comment peut-on idéaliser le journaliste en tirant à vue sur le journalisme ? Eh bien certains films lient les deux. Le journaliste est profondément bon. Il n'est là que pour faire régner la vérité et la justice, c'est le système qui l'a perverti. Il finit par choisir la facilité de la course à l'audience et du spectaculaire. Souvent d'ailleurs, le film finit sur la rédemption de ce journaliste, comme dans Le gouffre aux chimères de Billy Wilder ou Mad City de Costa-Gavras. La troisième partie de mon mémoire sera ainsi consacré à la structure classique (idéal-typique, comme dirait un étudiant prétentieux soucieux de citer Max Weber) d'un scénario.


"Souris pendant que tu fais une prise d'otage John".

 

Voilà donc comment mon mémoire sera construit. Bien-sûr, cela supprime nombre de réflexions qui auraient certainement été intéressantes, notamment sur la cause de ces représentations. C'est peut-être une des faiblesses de mon travail en cours, je ne cherche pas à savoir d'où viennent ces représentations. Un travail que je considère trop difficile pour être réalisé correctement car il faudrait étudier le contexte de sortie de chaque film et le passé des scénaristes et réalisateurs qui ont travaillé dessus pour comprendre leurs intentions. Je ne ferai donc qu'interpréter les films et trouver une logique d'ensemble.

Voilà l'état de mes pauvres réflexions, mais c'est pas tout de vous les faire partager, je vais me remettre au boulot... Chose difficile car je viens de découvrir Doctor Who mais je vais y arriver.

Le journalisme au cinéma, quand Flammes-and-co essaye de bosser

A propos de l'auteur

Je regarde plein de films et sur mon temps libre je suis journaliste. J'ai eu peur devant Paranormal Activity et je me suis endormi devant Interstellar. Mes goûts n'engagent que moi.

2 commentaires

  • nazonfly

    14/03/2014 à 17h58

    Répondre

    "Comment peut-on idéaliser le journaliste en tirant à vue sur le journalisme ? "Est-ce qu'il n'y a pas parfois une différence entre le journalisme de papier (=le bon) et le journalisme de télé (=le mauvais) ? J'ai l'impression que, dans la vraie vie, on a souvent cet antagonisme ou, en tout cas, on fait comme s'il existait.

  • Hugo Ruher

    14/03/2014 à 19h17

    Répondre

    Pas vraiment non. Le journalisme télé c'est aussi 60 minutes (émission d'investigation très réputée américaine) et le journalisme papier c'est aussi la presse à scandale.D'ailleurs, de nombreux films critiquent le journalisme à une époque où la télé n'était pas très répandue, voire inexistante, et les problématiques étaient les mêmes qu'aujourd'hui. Immédiateté irréfléchie, sens du sensationnel...L'important ce n'est pas forcément le média, c'est ce qu'on en fait. (prend ça dans ta face MacLuhan!!)

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