9.5/10

jour sans fin (Un)

Le meilleur film du réalisateur-scénariste Harold Ramis, le meilleur rôle de Bill Murray ? En tout cas, Un jour sans fin continue aujourd'hui à se manger sans faim, et à diffuser sa leçon de vie sans agacer.

En 1992, Bill Murray et Harold Ramis sont connus du grand public pour leurs rôles de ghostbusters dans SOS Fantômes (1984) et sa suite (1989). Le premier est déjà auteur de nombreux scénarios (dont ceux des deux films en question), et est passé trois fois derrière la caméra pour signer des comédies un peu benêtes : Le golf en folie (avec Bill Murray), Bonjour les vacances (avec Chevy Chase) et Club Paradis (avec Robin Williams). Mais rien ne permet de présager que les deux hommes livreront avec Un jour sans fin l'un des meilleurs films des années 90. A peu de choses près, l'étincelle aurait pu ne pas se produire : Ramis hésita entre différents acteurs (Steve Martin, Tom Hanks, Chevy Chase, John Travolta) avant de se résoudre à confier le rôle principal à Bill Murray, et leurs conceptions opposées du scénario les amena à se fâcher gravement à l'issue du tournage. Alors qu'ils s'apprêtent à se reparler après 16 ans de bouderie à l'occasion du
tournage de SOS fantômes 3, voyons ce qu'il reste de leur chef-d'œuvre...

Phil Connors (Bill Murray) est un présentateur météo égocentrique et méprisant, chargé de couvrir le traditionnel ‘jour de la marmotte‘ (‘groundhog day', le titre original) dans la petite ville de Punxsutawney. Escorté de son caméraman Larry (Chris Elliott) et surtout de sa nouvelle productrice Rita (Andie MacDowell), Phil compte bien passer le moins de temps possible sur place. Malheureusement pour lui, il se retrouve prisonnier d'une boucle temporelle, et se réveille tous les matins au même endroit pour vivre la même journée...

Trooper - Now you can go back to Punxsutawney, or you can go ahead and freeze to death. It's your choice. So what's it gonna be?
Phil - I'm thinking...

Incontestablement, l'histoire présente des allures de conte. A la manière du Scrooge de Charles Dickens (dont Bill Murray a d'ailleurs incarné une version moderne dans Fantômes en fête), Phil est un homme seul qui n'aime personne, enfermé dans un réseau de certitudes dont la plus tenace est la croyance que personne ne mérite son attention, son respect ou son affection. Ce caractère résolument asocial fournit au film ses ressorts les plus comiques : confronté au surnaturel de sa situation, la première réaction du héros (une fois la panique passée) est d'en profiter comme un gros sagouin, en pur égoïste jouisseur. Pas sûr que les personnages de Frank Capra auraient eu la même réaction, bien qu'Un jour sans fin s'inscrive résolument dans son héritage : on pense notamment
à La vie est belle, avec son postulat fantastique et son décor enneigé.

- Do you ever have déjà vu?
- Didn't you just ask me that?

Si le cynisme laisse progressivement la place à la morale, ce n'est pourtant pas pour satisfaire la norme hollywoodienne en dépit de tout bon sens : passé par une phase de dépression, le héros réalise petit à petit que son bonheur passe par celui des autres, et qu'il ne tient qu'à lui de transformer sa journée pourrie en journée de rêve. Il apprendra également que séduire une femme n'est pas une science exacte... Après avoir traversé une incroyable série de gags explorant impitoyablement les limites du concept de la journée sans lendemain.

Un jour sans fin, non content d'avoir marqué durablement les spectateurs et de rester aujourd'hui un film fabuleux et visible en boucle, a fait quelques petits au fil des ans : Harold Ramis s'est lui-même remis à la comédie fantastico-morale avec Multiplicity et Endiablé, les séries TV des années 90 et 2000 sont nombreuses à compter un épisode « à la un jour sans fin » (X-files, Stargate, Urgences, Supernatural...), et un remake italien appelé È già ieri fut tourné en 2004. Mais l'original bénéficie d'une magie probablement impossible à dupliquer. Selon les dires des scénaristes, Phil reste prisonnier du 2 février durant environ 10 ans. Gageons que le film résiste lui aussi sans peine à 3 650 visions.

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9 commentaires

  • Anonyme

    10/08/2009 à 12h56

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    Je n'ai jamais autant été en pahse avec une de tes critiques, merci de ressortir ce film, trop peu de gens le connaissent.


     Ca m'amuse de voir que j'ai fait les mêmes conclusion que toi (sur Scrooge, le LUNDI de X files et bien d'autres).


    Sinon tu sais pourquoi Murray et Ramis

  • Umbriel

    10/08/2009 à 14h01

    Répondre

    J'en suis pas encore à 3650 visionnages, mais juste une dizaine, mais j'avoue que je le regarde avec plaisir lorsqu'il repasse sur nos petits écrans.


    Sur la question du temps où il est resté bloqué, il m'est arrivé de me poser la question aussi (vu qu'il devient un virtuose du piano quand même). 


    Un très joli conte. 

  • gyzmo

    10/08/2009 à 14h12

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    Critique très intéressante, avec quelques liens et rappels que je ne connaissais pas ! A noter également la correlation évidente entre Le jour de la Marmotte et l'excellente (à mon sens^^) série TV Day Break, qui use avec pas mal de classe cette idée de l'eternel respawn jusqu'au "jour parfait".


    Sinon, moi-aussi je ne me lasse pas de regarder ce film, même en le connaissant par coeur. Bill Murray est fantastique là-dedans.

  • Anonyme

    10/08/2009 à 16h20

    Répondre

    C'est vrai que ce film est vraiment très chouette et à un côté "conte magique" qui nous séduit!


    Je me suis déjà fait la réflexion que toute une série de personne avaient "repiqué" l'idée de ce film! Je serai Mr Ramis, je serai faltté, mais un peu énervé quand même par ce plagiat

  • Anonyme

    10/08/2009 à 21h36

    Répondre

    Mouais,ça commencait plutôt bien,dommage que ça se finisse en guimauve


     

  • weirdkorn

    10/08/2009 à 22h49

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    +1 avec la critique. Filme culte !!!

  • weirdkorn

    11/08/2009 à 19h25

    Répondre

    Film !! (sans e) Je ne sais plus écrire...

  • Anonyme

    12/08/2009 à 11h20

    Répondre

    C'est un conte de fée avec les valeurs moralisatrices et le happy end qui va avec (un peu comme Mr Scrooge), donc le final est un peu une conclusion logique, sinon quel intérêt à revivre continuellement le même jour.

  • Anonyme

    16/08/2009 à 14h24

    Répondre

    On pourra dire ce qu'on veut du cinéma hollywoodien, pour ce qui est des comédies romantiques il sont quand même super fortiches ces ricains... 


    En plus ici on a un élément central fantastique exploité à fond et de manière brillante.

    Et des acteurs...


    ma note : 10/10  car je pense qu'il va être très, très difficile de faire mieux dans le genre...

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