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Du jour au lendemain

Le bonheur est dans le prêt

Du jour au lendemain, la vie de François Berthier (Benoît Poelvoorde) passe de l'ombre à la lumière. Alors que rien ne va vraiment le lundi, tout commence à lui sourire le mardi. Surpris par une situation positive qui se poursuit, François cherche à en connaître les causes...

Avec un comique sombre loin d'être drôle et un mystère qui se termine dans une révélation un peu décevante, Du jour au lendemain n'arrive pas à se situer entre la comédie et le drame. Le scénario de départ est pourtant alléchant : un obscur événement change du tout au tout la vie d'un homme. Proche de son personnage principal, Philippe Le Guay (Le coût de la vie) filme avec brio la vie déprimante d'un banquier sans motivation dont les journées apparaissent tristement routinières. Le réalisateur arrive parfaitement à saisir les éléments quotidiens qui remplissent une vie professionnelle : un réveil, un café, un journal, un trajet de train, une discussion avec une collègue, un repas à la cantine, un fantasme récurrent... Alors que l'idée de départ s'y prêtait, le radieux changement de vie de François ne parvient pas à faire rire. Certainement trop proche d'une réalité cafardeuse, la belle prestation de Poelvoorde inspire plus à la compassion chagrinée qu'aux railleries rigolotes.

Jusqu'à son twist final, Du jour au lendemain maintient un mystère très frustrant. Totalement perdu, le spectateur à tendance à pencher pour une explication fantastique. On ne peut d'ailleurs s'empêcher de penser au Un jour sans fin d'Harold Ramis. Dans un sens comique ou dramatique, on espère que le film va choisir son camp. Cela n'arrive malheureusement pas. S'il est tendre dans l'exposition des relations familiales qu'il fait et réussit dans la mise en scène de la vie de bureau, le long métrage ne réussit pas à faire de ses délires des sources d'amusement. Constamment entourés de ténèbres, les pétages de plombs de François, même les plus absurdes, laissent les maxillaires statiques. Les interprétations des acteurs étant irréprochables, dont un Poelvoorde dramatique décidément talentueux, on ne peut que regretter le fait que les scénaristes Olivier Dazat et Philippe Le Guay ne poussent pas plus leur réflexion sur le bonheur.

Si l'on ne rit pas du tout, la représentation d'une vie déprimante, au travers de ses répétitions et de ses difficultés quotidiennes, présente un certain intérêt. Force est de constater que la bande annonce axée sur l'humour était mensongère.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    18/03/2006 à 13h44

    Répondre

    Rien à redire à la critique de Vincent, j'ai exactement vu la même chose, on dirait que le réal ne sait pas ou il veut aller, fantastique ou juste réel, drôle ou dramatique, j'ai aussi pensé à un jour sans fin ou l'élément fantastique servait à creuser le comportement et à exprimer l'évolution du personnage principal, ici il n'y pas d'évolution, on ne réussit pas à se placer dans le personnage, ce qui n'est pas génial pour ce genre de film ou tout passe par lui...

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