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Johnny English, le retour

Comme son prédécesseur, ce Johnny English 2 tardif parodie gentiment James Bond, et le timing comique de Rowan Atkinson assure un spectacle familial et biodégradable.

Rappelez-vous : en 2003, Rowan « Mister Bean » Atkinson tenait la vedette d'un film d'espionnage parodique appelé Johnny English. Le personnage, sorte de Max la Menace britannique au patronyme teinté de chauvinisme, était un agent secret
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gaffeur dont la genèse se trouvait dans une série de pubs tournées par l'acteur. Depuis, huit ans se sont écoulés. Personne ne pensait plus qu'une suite pouvait être envisagée. Et pourtant, paf, sorti de nulle part, voici que débarque ce Retour inopiné, tourné il y a quelques mois, dans lequel on annonce même la présence de Pierce Brosnan. La rumeur s'estompe, mais le casting peut s'enorgueillir de compter deux comédiennes à la filmographie adéquate : Gillian Anderson, irrémédiablement associée à son rôle d'agent Scully dans X-Files, et Rosamund Pike, qui jouait une Blonde Girl… pardon, une Bond Girl, dans Meurs un autre jour. Rowan Atkinson lui-même n'est pas étranger à l'univers 007, puisqu'il tenait un petit rôle dans Jamais plus jamais. La distribution est complétée par Dominic West (la série Sur écoute, les films 300 et Punisher War Zone) et le jeune Daniel Kaluuya (la série Skins, le film Ch@troom).

Johnny English, retiré dans un monastère en Asie, est rappelé par le MI-7 pour prendre contact avec un agent de la CIA qui ne veut s'adresser à personne d'autre. Y aurait-il un lien avec l'opération qui eut lieu au Mozambique cinq ans plus tôt, et qui valut à English sa mise à pied ?... Cheveux grisonnants mais ragaillardi par les préceptes des moines, l'agent repart sur la brèche.

Bien entendu, les allergiques à Rowan Atkinson et à son humour infantile feront un large détour à la vue de l'affiche, encore que le comédien se révèle bien moins grimacier en Johnny English que dans la plupart de ses autres rôles. Les autres, particulièrement s'ils ont souri devant le premier film, seront servis à la hauteur de leurs attentes : le scénario faiblard et ultra-prévisible est une simple toile de fond pour les pitreries du anti-héros. Moins nul qu'on pourrait le croire, English est
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capable d'affronter un adversaire à mains nus, et de comprendre la plupart des tenants et des aboutissants de l'enquête. Tout juste s'avère-t-il un peu trop prompt à tomber dans les pièges les plus grossiers, mais sa particularité ne réside pas tellement dans sa bêtise, ni même dans son physique disgracieux (il aurait même tendance à embellir avec les années). Ce qui le distingue de ses homologues Jason Bourne ou James Bond, c'est qu'il n'est jamais brillant, sidérant ; qu'il pilote un hélicoptère au ras du sol ou qu'il se livre à une course-poursuite en fauteuil roulant, il est un extrémiste de la normalité, un aventurier du mesquin. Le film est un peu à son image : une parodie calibrée, rigolote, pas inoubliable, bordée par la mise en scène impersonnelle d'Oliver Parker, pourtant rompu aux films exprimant la quintessence de la culture britannique (Othello en 1995, puis trois adaptations d'Oscar Wilde de 1999 à 2009). Gillian Anderson et Rosamund Pike sont cantonnées à quelques scènes d'intérieur qui n'ont pas dû leur demander trop d'efforts, et Atkinson se fait remplacer par une doublure bien voyante dans toutes les scènes d'action, à la façon du Roger Moore des années 80 (d'ailleurs, les James Bond de cette époque étaient à peine moins couillons que ce Johnny English).

On s'amusera néanmoins de la touche d'irrévérence finale, et du générique qui recèle l'une des meilleures scènes du film (un peu de patience est requise).


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