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Johnny Belle Gueule

Mickey Rourke dans une production sans argent, sans scénario compliqué. Johnny Belle Gueule se regarde. Mais c'est tout.

Mickey Rourke. Un nom, une gueule. Une gueule d'ange tout d'abord dans 9 semaines ½, le film qui le consacra au rang des stars de Hollywood. Une gueule cassée, abusée par la vie et sans doute certaines substances illicites, la gueule d'un acteur sur le retour dans The Wrestler. Comment peut-on être au sommet de sa gloire et l'instant d'après côtoyer les bas-fonds jusqu'à disparaître du paysage cinématographique hollywoodien ? La raison se trouve peut-être dans Johnny Handsome, ou Johnny Belle Gueule en version française, une production sans saveur réalisée par Walter Hill à qui on doit aujourd'hui la série Deadwood, mais qui était alors plus connu pour... Double détente, Arnold Schwarzenegger inside.

Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

Notre Johnny national après sa chirurgie
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Johnny Belle Gueule est l'histoire d'une gueule justement. Celle de Mickey Rourke, croisement effrayant entre Elephant Man et le maquillage de Ron Perlman dans la série La belle et la bête (mais si, rappelez-vous, avec Linda Hamilton dans le rôle de la Belle). Un visage défiguré jusque dans la voix complètement déformée, ce qui nous permet au passage de remercier les sous-titres sans qui les paroles de Rourke au début du film seraient bien incompréhensibles. Le fameux Johnny Belle Gueule est un petit malfrat sans envergure, spécialiste apparemment dans la conception de casses qu'un enfant de trois ans saurait imaginer. Pourtant, quand Mickey Chalmette cherche de l'argent pour une obscure histoire de bar à racheter, c'est à Johnny qu'il fait appel. Accompagnés de Rafe Garrett (Lance Henriksen) et de Sunny Boyd (Ellen Barkin), ils vont cambrioler une boutique de collectionneur de pièces. Après moultes péripéties, Johnny se fait coffrer par les flics et, bien amoché, se retrouve dans un hôpital où on lui proposera une rédemption possible. Mais Johnny n'a qu'une idée en tête : la vengeance.

Mensonges et trahisons

Avec Krimea, ma peau est douce comme jamais
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Voilà en quelques mots le synopsis de Johnny Belle Gueule qui, comme vous avez pu le constater, est loin d'être un modèle d'originalité. D'ailleurs le film fleure bon la série B moisie, le film de vengeance classique, malgré un casting de choc : Mickey Rourke donc, mais aussi Forest Whitaker affublé de grosses lunettes tellement années 90, Morgan Freeman qui parvient à avoir l'air sage et l'œil aigrillard et surtout l'inénarrable Lance Henriksen. Sa présence en dit long sur la qualité du film : le bonhomme s'est en effet spécialisé dans les productions que nous qualifierons pudiquement de moyennes. Ce qui est assurément le cas de Johnny Belle Gueule. Tout semble vu et revu. Le malfrat qui risque la prison pour son vieux pote, le méchant qui trahit ses associés, la pouf du méchant qui hésite entre ce dernier et le beau héros, la petite copine du héros qui découvre son terrible passé. Ajoutons à ce tableau un gunfight pas vraiment très crédible (oui, un seul affrontement de pistolet, on n'est pas dans une grosse production, nom de nom !), un long intermède presque inutile à l'hôpital et surtout quelques plans nichons indispensables. On notera d'ailleurs la subtilité du scénario qui place un bar au centre de l'histoire : idéal pour caser quelques danseuses aux seins nus !

Un scénario qui met en valeur les acteurs

La seule originalité du scénario vient du visage de cauchemar de Johnny, mais ne croyez pas y voir un quelconque message sur la difformité, sur le regard de l'autre. Juste le moyen pour Johnny de ne pas être reconnu par ses anciens acolytes quand il commence à se venger. Pourtant la composition de Mickey Rourke n'est en soi pas mauvaise : il passe sans effort apparent du rôle de l'homme moqué et rejeté à cause de son physique à celui de beau gosse qu'admirent les femmes. Mais, à vrai dire, on ne peut pas dire grand chose de son rôle d'acteur tant l'épaisseur de son personnage est mince.

Johnny Belle Gueule est l'une de ces productions qui peuvent faire le beurre des soirées des chaînes de la TNT : un acteur connu, une histoire simple à suivre, du sang et un peu de poitrine dénudée. Bref, un film qui n'éveille ni le cerveau, ni les sens mais qui se laisse regarder d'un œil morne.

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A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

1 commentaires

  • riffhifi

    13/08/2010 à 11h16

    Répondre

    Forest Whitaker af­fu­blé de grosses lu­nettes tel­le­ment an­nées 90


    Pas mal, pour un film de 1989

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