8/10

Jeux de dupes

George Clooney scénariste, acteur et réalisateur vous invite au coeur des années 20, où son cœur balance entre celui d'une belle et un terrain de foot. Jazzy et pétillant.

Il est amusant de constater à quel point le même film peut être vendu de manière différente selon les pays : chez nous, Jeux de dupes est doté d'un titre et d'une affiche qui évoquent immanquablement une comédie romantique old school, avec Chapeaux de cuir et... bottes de melon ?
Chapeaux de cuir et...
bottes de melon ?
George Clooney et Renée Zellweger en couple vedette destiné à finir joue contre joue ; mais aux USA, point de Zellweger sur l'affiche, qui montre une équipe de football américain agglomérée autour de son capitaine Clooney, et le film se nomme Leatherheads, surnom des joueurs qui portent des casques en cuir. Alors le dernier Clooney, film de sport ou film romantique ?... Fort heureusement, ni l'un ni l'autre et un peu des deux.

1925 : Dodge Connolly (George Clooney) est un joueur de football déjà vieillissant ; pour redorer son blason et faire de son sport une discipline professionnelle, il convainc le jeune Carter Rutherford (John Krasinski), idole des foules et héros de guerre, de jouer dans son équipe. Grain de sable dans la machine, Lexie Littleton (Renée Zellweger) est une journaliste chargée de découvrir la vérité sur le soi-disant héros de guerre. Et les deux hommes vont naturellement tomber amoureux de la donzelle.

Ce qui intéresse l'acteur-réalisateur, outre la possibilité de remonter encore le temps après avoir visité les années 70 (Confessions d'un homme dangereux) puis 50 (Good night and good luck), c'est l'histoire de son personnage, sportif sympathique qui se contrefout des règlements et vit au jour le jour sans se poser trop de questions. Le jour où il se lance dans une entreprise qui le dépasse, il voit petit à petit son monde disparaître sous les paillettes et le politiquement correct (déjà !). Son poulain lui pique la vedette et l'affection de son équipe, non seulement parce qu'il est un bon joueur, mais surtout parce qu'il est un héros de guerre ; dans le traitement de ce personnage et de son histoire, on retrouve un peu de Héros malgré lui et de Mémoires de nos pères. Le second pour la propension de la presse à magnifier les faits de guerre, le premier pour la tendresse portée par le Je ne suis pas une dupe
Je ne suis pas une dupe
film à tous les personnages, imposteurs ou non.

Le sport et la romance ne sont pas oubliés pour autant au milieu de l'étude de caractère et de la comédie. George Clooney, on le sait depuis longtemps, coule des œillades charmeuses et dodeline de la tête avec un art consommé, mais n'hésite pas pour autant à s'auto-parodier ou à se moquer de son âge. Son couple comique et amoureux avec Renée Zellweger évoque immédiatement l'âge d'or de la comédie romantique, et l'héritage d'un Cary Grant est manifeste dans le jeu de Clooney (bien qu'on soit ici dans les années 20 et pas 30). Côté sportif, nul besoin d'être expert en football américain pour savourer les matchs bourrins des Bulldogs de Buluth, notamment dans une scène finale d'anthologie qui met résolument de bonne humeur. Le tout est rythmé par une musique jazz du meilleur goût, qu'on pourrait croire sélectionnée personnellement par Woody Allen...

Comédie enthousiasmante située dans une période assez peu abordée à l'écran (l'entre-deux-guerres), Jeux de dupes / Leatherheads s'avère aussi ambitieux mais plus léger que les deux premières réalisations de George Clooney. A-t-il trouvé son style, ou a-t-il tout simplement compris qu'il devait se donner la vedette pour être au top derrière la caméra ?...

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