8.5/10

Jappeloup

Au début des années 80, abandonnant une carrière d'avocat prometteuse, Pierre Durand se consacre corps et âme à sa passion, le saut d'obstacle. Soutenu par son père, il mise tout sur un jeune cheval auquel personne ne croit vraiment : Jappeloup. Trop petit, trop caractériel, trop imprévisible, il a de nombreux défauts mais une détente et des aptitudes remarquables. De compétition en compétition, le duo progresse et s'impose dans le monde de l'équitation. Mais les JO de Los Angeles sont un terrible échec et Pierre prend alors conscience de ses faiblesses. Avec l'aide de Nadia, sa femme, et de Raphaëlle, la groom du cheval, Pierre va regagner la confiance de Jappeloup et construire une relation qui va les mener aux JO de Séoul en 1988.


Sacré pari que se sont lancés Guillaume Canet et Christian Duguay que de bâtir un film sur Pierre Durand et Jappeloup, un tandem qui a connu son heure de gloire lors des Jeux Olympiques de Séoul. En effet, captiver le public pendant deux heures sur des chevaux (cf. le succès mi-figue mi-raisin de Cheval de guerre de Steven Spielberg), c'était osé mais au final, le duo nous offre un film fort, bouleversant pas tant sur le sujet mais par les thèmes abordés.

Au delà de la relation entre le cavalier et son cheval, d'autres points sont ici abordés, avec doigté et délicatesse tels que la relation père/fils, le monde méconnu mais pas si rose de l'hippisme (l'entraîneur de l'équipe de France affirmant que Jappeloup serait mieux sans Pierre Durand), la réaction de chacun face à l'adversité et les sacrifices que nous consentons à faire pour assouvir nos rêves.

S

Tout n'est pas beau, tous les personnages ne sont pas lisses dans ce film, qui n'épargne pas non plus son héros, Pierre Durand. Il n'est pas qu'un gagnant au grand coeur. Il a du mal à réaliser tous les sacrifices que les proches font pour lui. Il blâme tout le monde et notamment Jappeloup pour être tombé à Los Angeles plutôt que lui-même. Ce film nous le présente comme un homme normal, voire ambitieux, il n'est pas blanc comme neige et c'est en nuançant ainsi le personnage singulier de Pierre Durand que le film évite l'écueil de la complaisance. Il hésite entre la facilité d'une carrière d'avocat dans le bordelais et le travail dur (parfois ingrat) nécessaire pour être un bon cavalier. Ce personnage pas tout blanc nous le rend paradoxalement ainsi plus humain, plus proche de nous et font qu'on accroche au film.

Question casting, nous assistons ici à une très belle performance, non seulement de Guillaume Canet mais aussi de Daniel Auteuil dans son rôle de père aimant. Cela fait longtemps qu'on ne l'avait pas vu dans un rôle si fort.

Esthétiquement, le film est également réussi : les images sont soignées, les scènes de concours sont bien filmées : pas trop longues pour ne pas perdre les non-initiés en route mais suffisamment pour montrer la beauté et la difficulté des cavaliers.
Enfin un bon film de Daniel Auteuil, quel plaisir
 

Le seul petit bémol est que le film est un peu trop long et parfois un peu born again à l'américaine ou seul contre tous...

Sujet audacieux, pas très grand public mais qui parvient à fédérer tout le monde, à nous émerveiller et à nous tenir en haleine même si on connaît la fin. Sobre, émouvant, à voir, dès le 17 juillet en DVD.

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