Jane Russell et Annie Girardot sont mortes

Avant-hier, de chaque côté de l'Atlantique, une grande actrice rendait l'âme. Jane Russell aux Etats-Unis, Annie Girardot en France.


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Née le 25 octobre 1931 à Paris, Annie Suzanne Girardot suit les cours du Conservatoire et entre à la Comédie Française en 1954. Elle commence sa carrière à l'écran dès 1955, et se fait remarquer en 1960 dans Rocco et ses frères de Luchino Visconti, dont elle partage la vedette avec Alain Delon.
Sa gouaille et son charme font des étincelles dans bon nombre de films français et italiens des années 60 (elle tourne plusieurs fois pour Visconti et Marco Ferreri), et continue à faire recette lorsqu'elle prend de la bouteille : en 1970 et 1972, elle est dirigée par Michel Audiard dans le diptyque "Elle drague pas, (etc.)", puis elle apparaît dans La Gifle de Claude Pinoteau, fait face à Louis de Funès dans La Zizanie et à Philippe Noiret dans Tendre Poulet.
Elle se fait plus discrète dans les années 80-90, et va même jusqu'à se commettre dans les horreurs que sont Les Bidochon (1996) et le film de Patrick Sébastien T'aime (2000). En 2001, La Pianiste de Michael Haneke, où elle joue avec Isabelle Huppert, relève sérieusement sa cote. Elle retrouve le réalisateur en 2005 pour Caché.
Nommée quatre fois aux Césars, elle en remporte trois : celui de la meilleure actrice en 1977 pour Docteur Françoise Gailland, et celui de la meilleure actrice secondaire en 1995 pour Les Misérables de Claude Lelouch, et en 2001 pour La Pianiste.
Elle a été mariée à l'acteur Renato Salvatori de 1962 à sa mort en 1988, et a eu une fille avec lui en 1962.
Elle est morte avant-hier à l'âge de 79 ans, après quatre ans passés loin des écrans pour cause de maladie d'Alzheimer.


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Jane Russell appartient à cette famille d'actrices des années 40, dont on pense souvent hâtivement qu'elles sont toutes mortes depuis longtemps. Pourtant, à l'instar des deux soeurs Olivia de Havilland et Joan Fontaine, elle vivait encore jusqu'à sa mort avant-hier (merci La Palisse) à Santa Maria en Californie.
Né le 21 juin 1921 à Bemidji dans le Minnesota, Ernestine Jane Geraldine Russell tient son tout premier rôle en 1941 dans Le Banni (The Outlaw) de Howard Hugues, une aventure de Billy the Kid qui fait la part belle à la jeune actrice, propulsée star du jour au lendemain. Pin-up people, elle tourne pourtant très peu durant le reste des années 40, bien qu'elle incarne Calamity Jane en 1948 dans Visage Pâle.
Dans les années 50, elle prend sa carrière d'actrice au sérieux, et enchaîne les tournages. On retiendra essentiellement Les Hommes préfèrent les blondes (1953), dont elle partage l'affiche avec Marilyn Monroe ; pas de bol pour Jane Russell, elle écope du rôle de la brune... Heureusement, elle se vengera deux ans plus tard en tenant la vedette du film Les Hommes épousent les brunes !
Après avoir quasiment abandonné sa carrière à l'écran à la fin des années 70, elle apparaît pour la dernière fois en 1986, dans un épisode de Rick Hunter. Elle a consacré le reste de sa vie à militer pour l'adoption (elle-même a adopté trois enfants avec son premier mari), contre l'avortement et pour le maintien des valeurs chrétiennes aux USA. Elle a toujours fermement soutenu le parti Républicain.
Morte avant-hier à l'âge de 89 ans, elle était veuve depuis 1999, après la mort de son troisième mari.

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