8/10

Jacket (The)

Jack Starks (Adrien Brody), un jeune homme d'une bonne vingtaine d'années, se fait tuer en Irak pendant la Guerre du Golfe. Quelques heures après avoir été porté à l'hôpital du coin, les médecins s'aperçoivent qu'il est en vie...

Sur l'affiche, The Jacket s'annonçait comme un Highlander horrifique avec une accroche pour le moins perturbante: « j'avais 27 ans la première fois que je suis mort ». Cela pouvait laisser présager une succession de décès étranges sur fond d'un scénario léger comme une plume.
Dès les premières images, le réalisateur anglais John Maybury surprend par une mise en scène qui donne la part belle aux images tordues et mystérieuses. La quasi omniprésence à l'écran d'Adrien Brody est sublimée par un jeu torturé où l'acteur du Pianiste et du Village illumine son rôle de martyr.
Passée une obscure histoire de meurtre, le film entre dans le vif de son sujet dès lors que Jack se retrouve dans un centre psychiatrique. Rapidement, des références à Vol au Dessus d'un Nid de Coucou et l'Antre de la Folie apparaissent en tache de fond, rappelant des atmosphères solitaires, pesantes, claustrophobiques et dramatiques. En jouant avec le concept de spatio-temporalité, en alternant entre le passé, le futur et le présent, les scénaristes et le réalisateur jouent avec brio à brouiller les pistes d'interprétation de l'histoire. On pense ainsi à l'Effet Papillon et à Eternal Sunshine of The Spotless Mind, ce qui annonce la couleur.
Le suspense est maintenu jusqu'à la fin qui nous montre que The Jacket n'a pas choisi de faire dans le Thriller à Twist très en vogue ces temps ci. Il préfère s'arrêter sur les relations intenses entre médecin et patient, et sur une histoire amoureuse avec Jackie Price (Keira Knightley) qui a largement de quoi émouvoir. Dans ses dernières minutes, le film gagne une densité inattendue et brutale avec des messages qui s'adaptent totalement à des réalités sociétales quotidiennes. Sans perdre ses tensions et ses nervures, il dégage une positivité et un espoir étonnant.

En plus de la musique électronique symphonique de Brian Eno, The Jacket enthousiasme par sa psychologie fouillée et sa fin qui frappe fort dans un propos lumineux qui change des Twist finaux souvent réducteurs.

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4 commentaires

  • Alain

    24/08/2005 à 01h57

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    The Jacket ni plus ni moins quune pale copie de leffet papillon, dénué de rythme, sans suspense aucun.

    La façon dont voyage Jack dans le temps nes pas plus originale que celle trouvée pour leffet papillon avec un zest de larmée des douze singes.

    Le gros du travail du réalisateur étant de faire faire des aller et venues entre 1992 et 2007 doù Jack ramènera des informations (de la bouche même des protagoniste) pour venir les leur livrer dans le passéetc. paradoxe classique et ennuyeux.

    Le film commence bien, entretien le mystère pendant un petit moment, puis tout se relâche, les points importants de lhistoire sont laissés de côté, on sent que le réalisateur est dépassé par son propre travail, le rythme retombe dun coup et on sennuie ferme.

    La fin est tout simplement pompée sur leffet papillon (encore) et le final tant attendu arrive gros comme une maison sur nos petits visages de spectateurs.

    Décidément, pas de quoi casser trois pattes à un pingouin.

    Le point positif du film, la quasi absence deffets spéciaux

    P.S : ne vous attendez surtout pas à voir un travail du niveau de léchelle de Jacob, vous seriez encore plus déçus.

  • gyzmo

    24/08/2005 à 22h08

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    tout simplement : brillant!

    [i]The Jacket est le meilleur film que jai vu cette année.
    voilà comment jai ressenti le film (quil faut vivre dans une salle de cinéma avec tout lattirail sonore à disposition pour profiter au maximum de son ambiance!!!).


    SI VOUS NAVEZ PAS VU LE FILM,
    QUE VOUS VOULEZ DECOUVRIR THE JACKET,
    NE LISEZ PAS CE QUI SUIT, SVP
    PASSEZ DIRECTEMENT A LA CONCLUSION


    The Jacket est une expérience sonore et visuelle incroyable!
    la musique électro colle bien à lhistoire (rah! jadore le morceau qui illustre la première tentative de fugue de Jack).
    mais ce sont surtout les sons qui mont impressionné. lorsque le personnage est méchamment ligoté dans sa camisole comme on ficelle un gigot dagneau puis balancé brutalement dans lun des tiroirs de la morgue, on se retrouve dans une obscurité insupportable et là, des petits bruits se mettent en place :
    les mouvements des globes oculaires dans leurs orbites humides,
    le souffle saccadé, les gémissements, les plaintes,
    les boucles en fer de la camisole contre les parois...

    cest étouffant, sensationnel, et étouffant encore. le malaise est tellement bien rendu, par le jeu dacteur et la manière de filmer, que tout mon petit corps était comme prisonnier dun étau! je nai pas ressenti une angoisse comparable (mais en moins fort et dérangeant) depuis la scène de lenterrée vivante dans Kill Bill.
    et Bang!
    tout dun coup (de génie), la montée de stress est pulvérisée par une rafale de plans très courte qui ma décollé du fauteuil. ces effets spéciaux constitués dimages et de sons impulsifs et bariolés sont étonnants. lesthétisme ma complètement fasciné avec cette rétine tremblante, immense et belle, dans laquelle défile des morceaux de vie plus ou moins étranges et difficiles à capturer. un véritable tourbillon qui se justifie tout à fait dans le film (et Dieu sait si je naime pas trop ce genre deffets souvent utilisés gratuitement) : perte de contrôle, panique, pipi dans la culotte !
    vient ensuite cet effet très doux de limage se stabilisant lentement pour transiter le passage dun lieu à un autre. jai trouvé le boulot du monteur et des gars chargés des trucages remarquable à ce niveau.

    pour moi, la mise en scène de ce "voyage dans le temps" ma beaucoup plus plu que celle de lEffet Papillon qui est plus fantaisiste et conventionnelle avec sa transe immédiate via la lecture de mots ou dimages, genre hypnose express.
    dans The Jacket, le voyage temporel ma semblé plus pertinent et réussi. cest à travers une expérience physique et psychique atroce que le personnage se réfugie dans des souvenirs ou un devenir dans lesquels il va rechercher de lapaisement (comblé une solitude, trouver des réponses à ses questions). dailleurs, cest lun des propos du film : leffet camisole fait se sentir le cobaye comme sil était dans une autre peau. et le personnage devient presque quelquun dautre.

    à ce sujet, je tenais à souligner le jeu dacteur époustouflant dAdrian Brody!
    cest très subjectif mais je trouve que sa personne dégage une réelle douceur. la palette de sentiments quil fait passer dans son personnage est riche. à la fois attentionné, tendre, largué, subjugué, lunaire. mais son personnage nest pas fait que de faiblesses ou de douceurs. il est également impertinent, mystérieux, percutant, drôle. son évolution dans le film est vraiment bien composée et Adrian brode (désolé) un personnage attachant qui subit son étrange condition avec finalement beaucoup de forces.

    le reste du casting est tout aussi excellent. comme la souligné Vincent, cest un film où la dimension humaine est le centre dintérêt. les méchants ne sont pas aussi méchants quon pourrait le penser. les motivations de chacun ne sont pas figées et les caractères sont complexes, leurs réactions parfois aléatoires. par exemple, la romance entre les deux héros est originale, charmante et sensible dans un contexte complètement barré où il suffit que je menferme dans une camisole pour aller voir plus loin si jy suis.
    dailleurs, outre les séquences de camisole, jai trouvé la plupart des scènes marquantes : la "résurrection" de Jack, la rencontre attendrissante du début et de la fin avec Jackie-petite-fille, la découverte des plaques didentité, lélectrochoc, la lettre à la mère de Jackie...

    enfin, je termine par un GROS SPOIL AU SUJET DU DERNIER PLAN, un des plus simples et beaux que jai vu ces dernières années, et qui va longtemps me rester en tête:
    il y a de la poésie et une jolie allégorie dans sa mise en scène. le coup de téléphone de la mère, le sourire de Jack, le regard entre les deux personnages, la musique et surtout, ce soleil levant qui vient se placer au centre de la toile du capteur de rêves suspendu au rétroviseur comme pour brûler les mauvais cauchemars emmagasinés par le film et linonder de sa lumière.

    un magnifique instant tout simple qui symbolise, daprès ma sensibilité, le sentiment apaisant davoir remis de lordre dans sa vie et celle de ses proches, de pouvoir partir en paix vers lau-delà.
    un happy end teinté de tristesse, car il sonne la mort de Jack, mais une troublante conclusion que le film se préserve bien dannoncer, puisque la quête principale du héros est de résoudre sa propre mort, et que par amour, il décide finalement dessayer de sauver la vie de la maman de Jackie.
    cest beau!

    autrement, la présence du capteur de rêves (à deux ou trois moments dans le film) me fait penser que Jack na peut-être jamais vécu réellement son après-guerre du Golf. quand il est mort pour la première fois, son subconscient peut lavoir emporté dans un délire où il saccroche encore un peu à la vie par lintermédiaire dun rêve, tout comme Adrian Lyne avait fait avec son Echelle de Jacob.


    FIN DES DIVULGATIONS (+/- intéressantes),
    MERCI DE VOTRE VISITE,
    A BIENTOT^^


    pour résumer, The Jacket est un film qui ma beaucoup touché (pour plein de raisons personnelles). lhistoire fait effectivement cruellement écho à lEffet Papillon[/i] (dommage qu'il ne soit pas sortie avant^^), mais sa portée est tout de même différente : plus doux, plus intime, plus discret, plus sensoriel, moins survolté, moins éparpillé, moins caricatural, moins improbable...
    la sensibilité qui sen dégage est très forte et le scénario ne se perd pas dans des méandres tirées par les cheveux où plusieurs visionnages sont nécessaires pour trouver la sortie. là, cest clair, concentré dun bout à lautre, superbement interprété (Adrian Brodiiiiiiiiii !!!), très bien mis en scène, sans esbroufes.
    une excellente surprise!

  • nazonfly

    30/08/2005 à 10h36

    Répondre

    Pour quelqu'un qui n'a pas vu L'Effet Papillon (comme c'est mon cas), je pense que The Jacket est un bon film.

    Jack revient d'Iraq après la guerre en 1991-1992, traumatisé à la fois physiquement et mentalement (d'ailleurs le réalisateur se permet une petite critique anodine de la guerre en général sur un plan de quelques minutes). Il est rapidement accusé de meurtre et envoyé en hôpital psychiatrique où il subira une thérapie des plus ... étranges.

    Plusieurs pistes de pensée s'offre au spectateur : la guerre, l'intérêt de l'hôpital psychiatrique, la médecine mentale... Mais surtout on ressent grâce à un Adrian Brody magnifique toute la détresse du personnage et son important trauma. A ce titre les passages dans la "morgue" sont vraiment très bons, flippant à souhait et j'aurais souhaité que cet aspect soit plus développé. Imaginez-vous être enfermé pendant quelques heures dans une boîte sans lumière, avec juste la place pour votre corps et un esprit envahi d'images traumatisantes, seul face à vous même! Ces passages valent à eux-seuls le coup de voir le film.

    L'histoire générale est moins originale : voyages dans le futur, historiette d'amour certes touchante mais un peu décevante, un happy end bien dégoulinant presque bâclé (vive Jack le sauveur des gens qui s'échappent dans un paradis artificiel et qui en meurent).
    Si ce n'avait été cette fine totalement massacrée, le film aurait été une réussite!!

  • Anonyme

    31/08/2005 à 06h39

    Répondre

    La B.A donne envie, je crois que je vais aller le voir.

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