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Jack Frost 1 & 2

Jack Frost nous narre sans sourciller l'histoire d'un tueur sanguinaire nommé Jack Frost qui, tentant l'évasion, accumule la lose en se faisant stopper dans son élan et asperger par un produit chimique ultra-mystérieux qui passait par là.

Mr Snowman, bring me a dream...

Pour le sage public familial, Jack Frost est un film de Noël un peu niais où le toujours frisé Michael Keaton meurt et se transforme en bonhomme de neige. Pour les complêtistes cinéphiles, Jack Frost est une adaptation russe du conte du même nom où le susnommé résout un délicat problème de coeur. Le Jack Frost qui nous intéresse ici n'est ni l'un ni l'autre. Hors de là, sucreries de Noël et autres romances mielleuses, place au tueur le plus givré du cinéma !

Hey Mr Snowman, play a song for me...

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Jack Frost
nous narre sans sourciller l'histoire d'un tueur sanguinaire nommé Jack Frost qui, tentant l'évasion, accumule la lose en se faisant stopper dans son élan et asperger par un produit chimique ultra-mystérieux qui passait par là. La météo aidant, c'est désormais sous la forme d'un bonhomme de neige que le désormais bien nommé Jack Frost va entreprendre de se venger du shérif qui l'a mis sous les verrous, quitte à jeter un froid dans le petit village de bouseux qu'il administre. Dans les faits, Jack Frost va pour ceci faire lancer quelques pics de glace de part et d'autres du casting, se transformer en petite flaque pour passer sous les portes encore mieux que Robert Patrick dans T2, électrocuter une vieille dame dans son sapin de Noël, décapiter un sale gosse, non sans avoir violé la Scream-Queen Shannon Elizabeth avec la carotte qui lui sert de nez. Avec son rythme de bobsleigh, son festival de blagues verglaçantes et son tueur en polystyrène, Jack Frost, bien aidé par une VF déchaînée, réussit rapidement à faire admettre son petit budget et son pitch improbable, pour acquérir le statut d'une sorte de Vendredi 13 sous antigel. Bien réalisé par l'inconnu Michael Cooney, qu'on imaginerait volontiers  transfuge de chez Troma mais n'aurait semble-t-il fait que ça ou presque dans sa carrière, Jack Frost tente bien d'inquiéter trente secondes montre en main, avant de trouver sa voie dans la méchanceté jubilatoire et le gore léger, voire dans l'absurde bien frappé, le tout se terminant à coup de sèche-cheveux et de dégivrant. Ajoutez à cela une introduction parodiant savoureusement les films de Noël -un garçonnet demande une histoire à son père... qui ne trouve rien de mieux à lui raconter que les exactions de Jack Frost...-, et voici un film chaudement recommandé pour les Fêtes !

Snooooow must go ooooon, Snoooow must go oooooon...

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Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, Michael Cooney donnera, à l'aube de l'an 2000, un petit frère à son bonhomme de neige tueur, le bien nommé Jack Frost 2, sous-titré d'un Revenge of the Killer Snowman ne laissant aucun doute sur la nature assumée du métrage. Quittant les montagnes enneigées du premier volet, Jack Frost ressuscite grâce à une tasse à café et se délocalise à Hawaii, où il baladera sa grosse carotte turgescente dans une sorte de Club Med remplie de jolies demoiselles. Tout le monde s'accordera à dire qu'un tel concept ne pouvait déboucher sur un mauvais film, d'autant que Michael Cooney tourne l'ensemble comme un film de plage des 50's, faisant de fait de son Jack Frost 2 une sorte de gros Z rigolard et coloré. Moins riche mais plus généreux que précédemment, Jack Frost 2 fait péter le bodycount avec inventivité, rajoute une bonne louche d'hémoglobine, et développe un réjouissant esprit cartoon -un meurtre à l'enclume !-,  retrouvant parfois l'esprit outrancier de certains films des années 80 dont il semble débarquer. Inégaux mais débrouillards, les effets spéciaux oscillent quant à eux entre l'artisanat façon mousse à raser et l'infographie plus ou moins balbutiante. On appréciera par ailleurs l'incroyable dernier acte présentant les rejetons de Jack Frost, faisant basculer le tout dans un délire pelucheux-mignon à la Critters.  Prévisible, la conclusion verra l'ami Jack balancer des stalactites mortelles et des boules pas moins létales, pour finalement mordre à nouveau la poudreuse. Mais rassurez-vous, quelque chose a survécu et inaugurera même un troisième acte orienté kaiju... qui au jour d'aujourd'hui n'a jamais vu le jour. Un drame international, mais nous pouvons toujours nous consoler en se repassant en boucle la magnifique devinette qui rythme le premier opus :

" quelle différence il y a t-il entre un bonhomme de neige et une bonne femme de neige ?
... et bien ce sont les boules de neige."

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route (La)

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