7/10

Jack Brooks tueur de monstres

Une série B horrifique bien troussée, avec un Robert Englund inattendu et de grosses bestioles au look dégueu. Un cadeau idéal pour Halloween.

Fort d'un beau petit succès en festival (Sitges, Fangoria), plébiscité par Mad Movies dès 2007, Jack Brooks tueur de monstres débarque un peu tardivement dans nos contrées, par le biais d'une distribution vidéo confidentielle qui aura le mérite de toucher le public francophone (v.f. et sous-titres truffés de fautes sont disponibles).

Depuis que sa sœur et ses parents ont été massacrés par un monstre velu lors d'un pique-nique en forêt, Jack Brooks (Trevor Matthews, acteur inconnu mais plein d'énergie) est sujet à de violentes crises de colère, qui l'empêchent de mener une vie sociale
sereine. Plombier le jour, il suit des cours du soir de physique-chimie dispensés par le professeur Crowley (Robert Englund, éternel interprète de Freddy Krueger, n'en déplaise au récent remake des Griffes de la nuit). Lorsque ce dernier lui demande de venir s'occuper d'un problème de tuyauterie chez lui, Jack est loin de se douter qu'il s'apprête à réveiller une créature infernale à l'appétit dévorant...

En dépit de son statut de production indépendante, Jack Brooks tueur de monstres se révèle d'un standing assez élevé. Pas seulement grâce à la présence familière de Robert Englund (car on a aussi vu l'acteur dans de sacrées bouses ces dernières années - paix aux âmes des infortunés spectateurs de Zombie Strippers), qui officie dans un registre "gentil" plutôt rare dans sa filmographie depuis V, mais surtout en raison de deux facteurs : un scénario structuré et respectueux de ses personnages, qui prend le temps de l'exposition et ne cherche pas à empiler à tout prix les gags ou les scènes d'action ; et surtout un usage réjouissant d'effets spéciaux traditionnels, sans recours aux images de synthèse trop souvent utilisées de nos jours pour réduire les coûts et faciliter les tournages. Ici, les monstres sont de véritables marionnettes ou acteurs en costume, dotés de looks convaincants qui renvoient autant aux maquillages de Rick Baker et Stan Winston qu'aux effets de Ray Harryhausen.

Héritier modeste de classiques comme Evil Dead, Ghostbusters et Buffy contre les vampires (le titre original Jack Brooks monster slayer en est témoin), le film de Jon Knautz a le défaut de ses qualités : raisonnable dans son déploiement d'effets pour ne pas dilapider leur potentiel, il souffre d'une baisse de rythme par moments, avant de déverser les feux de l'enfer sur le spectateur dans sa dernière partie. Lorsque surgit le générique de fin, au bout d'1h20, on se surprend à penser qu'on avalerait volontiers quelques dizaines de minutes supplémentaires. Il ne reste plus qu'à espérer l'éclosion d'une suite dans le même esprit, à la fois bon enfant et premier degré. Heureusement, le projet est en cours.

Sorti cette semaine en DVD et Blu-ray, le film est assorti du court métrage français Game of the Dead, un peu stérile mais filmé avec un style poisseux et des maquillages ad hoc.

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Ric_Pantera

    20/10/2010 à 10h53

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    T'es dur, ça m'avais bien fais rigoler Zom­bie Strip­pers

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