8/10

Irréversible

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Avant de lire cette critique, n'oubliez pas que ce film est interdit au moins de 16 ans.

Vous l'aurez compris, Irréversible est un film choc, un renouveau du cinéma français, et que l'on dise que Noé soit un monstre ou un génie n'y changera rien : c'est est un observateur de l'Homme et de son inhumanité.

Avant la fin, la phrase suivante apparaît : "Le temps détruit tout".
Avant, un stroboscope hypnotisant se mêlant au fur et à mesure à une image de galaxie sature l'écran et imprègne notre rétine, la fin est proche. Avant, Alex (Monica Bellucci) lit paisiblement dans un jardin public, des enfants jouent avec un arrosoir. La plénitude atteint son paroxysme avec la 7e symphonie de Beethoven et les rotations d'une caméra enivrante. Avant, la belle Italienne comprend qu'elle est enceinte, elle est heureuse ! Elle tellement belle quand elle est comblée de joie... Avant, elle se réveille aux côtés de son homme, à la vie comme à l'écran : Marcus (Vincent Cassel). Dans une scène intimiste et fantastique, les deux amants s'aiment, dansent, vivent dans une harmonie sensuelle. Avant, le couple discute dans le métro avec Pierre (Albert Dupontel), l'ex-petit ami d'Alex. Ce sont des amis proches, leur discussion est amusante, simple, belle. Avant, ils sont dans un ascenseur, ils vont à une soirée. Avant, ils dansent, boivent un peu trop, s'amusent beaucoup, se snobent. Alex trouve que Marcus est trop énervant ce soir, il s'est un peu drogué, il perd un peu ses moyens et Alex veut partir, elle confie son homme entre les mains de son ex. Cela tombe plutôt bien : ces-deux là s'entendent comme des frères, ce sont même de vrais gamins insouciants se chamaillant sans cesse. Avant, Alex se fait atrocement violer dans un tunnel sordide, nous laissant spectateur inactif, nous laissant atrocement mal à l'aise.
Que peut-on y faire ? Rien, elle était simplement là au mauvais endroit au mauvais moment, son violeur finit même par la massacrer à coup de pied dans la tête et dans son ventre, son ventre protecteur d'une vie qui aurait pu naître. Avant, Marcus et Pierre découvrent Alex dans une civière, complètement défigurée, ils apprennent son viol. Ils discutent avec deux macs, ces derniers peuvent les aider à retrouver le violeur, avec un peu d'argent tout est possible en ce bas-monde. Avant, la police prend leurs dépositions : ils sont choqués, surtout Marcus, la drogue ne l'aidant pas. Avant, les deux quasi-frères sont dans une ruelle de travestis, Marcus s'énerve et agresse l'un/l'une d'entre eux/elles, Pierre essaye de calmer le jeu. Avant, ils sont dans un taxi, ils cherchent une boîte de nuit homosexuelle : "le rectum", il y a de l'animosité dans l'air, le chauffeur de taxi est aussi agressé par Marcus, Pierre n'arrivant pas à la maîtriser. Avant, ils sont dans la boîte en question, Marcus et Pierre cherchent à se venger, la caméra tourne et tourne dans un parcours chaotique et dans une ambiance malsaine, les infra-basses saturant le son. Avant, dans cette boîte à partouze glauque pour homme, Marcus se fait casser le bras par le présumé violeur, Pierre perd à son tour les pédales et lui écrase la tête à grand coup d'extincteur, scène choc, j'en ai encore mal au ventre. Avant, Marcus sort de la boîte à son tour sur civière, Pierre est entre les mains de la police. Avant, une cellule où deux hommes parlent de leurs vies. L'un, reconnu coupable d'inceste, avoue que de toute façon il recommencera en sortant, ainsi va la vie. Avant, un générique défile à l'envers, il tourne un peu, quelques lettres sont inscrites à l'envers.
Avant, c'est le début du film.

Étrange Gaspar Noé. Après ton moyen-métrage très prometteur, Carne, où un boucher élève seul sa fille handicapée mentale, tu réalises La Bouche de Jean-Pierre pour pouvoir trouver les fonds nécessaires à ce que l'on pourrait appeler une suite de Carne : Seul Contre Tous. Le boucher est maintenant au chômage, il sombre dans la violence, la haine et viole sa fille. Ce film à l'ambiguïté idéologique choque Cannes et la critique, mais qu'importe, tu prouves ton génie de la narration, une narration où l'Homme est un crachat de glaire sur du bitume. Inclassable Noé, tu récidives avec Irréversible, où notre boucher parle déjà de recommencer. Avec un script tenant sur un feuillet de 4 pages : l'histoire cynique de deux hommes sombrant dans une haine et violence sans borne pour venger le viol de leur amie. Incroyable Noé, ton film est une perle technique : 12 plans séquences s'enchaînant sans coupures, des effets spéciaux coup de poing (1500 plans truqués), des dialogues improvisés par trois acteurs de génie, une caméra vagabonde et enivrante provocant un trouble en chacun de nous. Merveilleux Noé, ou comment tu as subjugué un scénario classique en montant ton film à l'envers. Alors que nous sommes plongés dans un univers glauque, sordide et chaotique, nous sommes peu à peu transportés vers la beauté, la sensualité le calme et la plénitude. Qu'en reste-t-il ? Si comme tu le dis, "le temps détruit tout", nous n'en sommes pas moins déboussolés en sortant de ta descente aux enfers à l'envers. Quelle horreur de voir ce couple heureux après avoir vu tant de violence, tout sera vraiment perdu par l'animosité de l'homme. Noé, on peut dire que tu es un type formidable qui fait des films abominables, j'ai beau retourner ton film dans tous les sens, ce qui reste irréversible, c'est ta vérité.

"Parce que certains actes sont irréparables. Parce que l'Homme est un animal. Parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle. Parce que la plupart des crimes restent impunis. Parce que la perte de l'être aimé détruit comme la foudre. Parce que l'amour est source de vie. Parce que toute histoire s'écrit avec du sperme et du sang. Parce que les prémonitions ne changent pas le cours des choses. Parce que le temps révèle tout. Le pire et le meilleur."
Gaspar Noé

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21 commentaires

  • Levendis

    12/03/2003 à 00h00

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    Enfin on reconnait la force genial de ce film coup de poing, rien qu 'a relire le resumé j'avais les flashs de certaines scènes qui me revenaient (avec les noeuds au ventre qui vont avec); je crois que pour ce genre de film une seule vision suffit car il marque à vie. Et dire que je voulais aller le voir seul, mais au bout du compte j'etais avec des amis, a l'aller on etait des rigolards genre "on a tout vu" au retour c'etait silence total, un souvenir tres fort !

    A découvrir pour la maitrise cinématographie, "avec des pincettes" pour les âmes sensibles bien sûr...

  • Anonyme

    15/04/2003 à 00h01

    Répondre

    J'ai eu la chance de voir le film chez moi, ce qui m'a permis de faire un petit break de 2 heures au milieu !
    Je crois que si j'avais vu ce film au cinéma bloqué sur un siege face a un écran géant je ne m'en serais jamais remis.
    On a l'habitude de voir des films violents mais personnellement j'ai vu ce film un peu en pensant que certes il y avait une scène de viol mais qu'apres tout Monica avait des atouts pour embellir la scène. Grave erreur, qui ajoute encore au malaise. Cette scene n'est pas belle du tout, pas érotique du tout, elle est atroce.
    Des le début du film on est projeté dans un univers de violence et de bestialité insoutenable. Public averti uniquement.

  • Anonyme

    28/05/2003 à 00h02

    Répondre

    Un scenario ...mauvais.
    Un film incroyable et retournant.
    je n'avais jamais vu les seins de monica bellucci aupparavant.
    cette femme est très jolie ce qui rajoute de l'horreur à cette invention montée de toute pièce... à l'envers !

  • Niko95fr

    29/05/2003 à 00h03

    Répondre

    P... je viens de voir "Irréversible" et je sais maintenant comme un film peut choquer. Que ce soit "Trainspoting", "Requiem for a dream", "Orange mécanique", "Full Metal Jacket", la scene de fin de "Dobberman" ou même les reportages de "Welcome to Sarajevo" qui sont pourtant connus comme déjà extrêmes dans leur genre n'ont pas réussi à me blesser comme l'a si bien fait "Irréversible", et je dis "bien" parce que c'est le cas. La réalisation est très claire, elle ne laisse aucun doute quand au but du film : c'est faire mal. A partir de la libre à nous de partir. Le fait que la chronologie soit inversée était essentiel pour y arriver, en commençant par des mouvements de caméras brusques, et vite désagréable, plus une bande sonore insuportable, le visionnage s'annonce comme ennuyeux et le film inintêressant alors on se relâche en se disant que c'est encore un de "ces films d'auteurs incompréhensibles" et c'est là qu'Irréversible nous plaque au sol et nous frappe, on ne s'attend pas à une telle atrocité. Le film atteint son degrès le plus "Gore" au bout de dix minutes pour durer jusqu'au deux tiers du film, c'est la partie immergé de "l'iceberg", et le dernier tier renforce encore le côté inhumain par sa douceur puisqu'on réalise ce qui a été détruit par le côté "Gore", là ce n'est plus le côté visuel mais émotionnel et dramatique qui est exploité. Je ne pense pas qu'on puisse aimer ce film (et je ne pense pas non plus que c'était le but) mais on ne peut pas nier une qualité de réalisation impressionnante qui fait que le film arrive à ses fins : FAIRE MAL.
    P.S. : Comme quoi on peut ne pas aimer une chose et pourtant la trouver excellente. Ceci dit, si vous êtes une fille ne le regardez surtout pas c'est un truc à vous donneer des psychoses, et pour les mecs faut pas y chercher Monica en train de se faire "tirer" parce que vous allez être déçu.
    P.P.S : L'interdiction aux moins de 16 ans est ridicule et grotesque, c'est aux moins de 18 ans qu'il fallait l'interdire et encore c'est limite.

  • Anonyme

    31/05/2003 à 00h04

    Répondre

    Bravo à NOE qui a réussi à faire LE film: atrocité, douleur, haine, compassion, et amour. Un coktail très difficile à avaler ...
    Je n'aurai jamais pu le voir au cinéma.J 'ai dix huit ans et je crois que cela aurai pas plu a ma mère non plus (je ne sais pas dans quel état elle aurait été après !)
    Je vous conseille de bien vous préparer psychologiquement avant de visionner ce chef-d'oeuvre parce que là ça dépasse vraiment tout... je pense que je peux même affirmer qu'aucun film aussi dur n'a pu être réalisé jusqu'alors...

  • Anonyme

    11/06/2003 à 00h05

    Répondre

    Ce film m'a littéralement bouleversé, d'autant plus que je l'ai regardé entre minuit et 1h30 du matin ! je pense que ce film est un chef d'oeuvre tant par sa réalisation (les plans séquences s'enchainent de manière incroyable) que par le jeu des excellents acteurs principaux (en plus, je suis fan de Dupontel) ! Qu'on adore ce film ou qu'on le déteste (je ne pense pas qu'on peut avoir un avis mitigé sur ce film ), on est obligatoirement touché, heurté, bouleversé, par ce que l'on voit et ce que l'on entend ! A partir de ce constat on peut dire que c'est une réussite. L'appréciation tient à chacun, mais si certains le trouvent mauvais c'est parce qu'ils n'ont pas aimé être malmenés comme cela, car ils ont eu l'impression d'avoir été violés par les images et les bruits qu'ils ont perçus ! Pourtant cette histoire pourrait parfaitement être réelle et Noé a, selon moi, voulu condamner le viol et les violeurs en nous montrant une scène d'une réalité écoeurrante. Pour moi ce film est excellent de tout point de vue: réalisation, image, sons, montage, scénario, acteurs incroyablement naturels ! Bravo Môssieur Noé.

  • Anonyme

    05/08/2003 à 00h06

    Répondre

    A voir au moins une fois mais pas après manger, ni après un choc émotionnel quelqu'il soit.
    Ce film touche à l'horreur brute : la violence artistique.
    Mouvements de caméra à donner la nausée, musique abominable et filtre rouge sur fond noir...tout pour écoeurer le spectateur (viol de 10 min d'une actrice magnifique mais d'un personnage un peu faible qui se promène en robe soie moulante dans le tunnel du Bd Bessières en pleine nuit) mais pour ceux qui tiendront jusqu'au bout le film est techniquement parfaitement adapté au message (ultra-violent), les acteurs sont excellents (mais ils n'ont plus rien à prouver depuis longtemps), le scénario parfois peu crédible mais intéressant (un peu trop court métrage à mon gout).
    En tout cas, certains vous diront que les critiques sont très partagées que l'on ressort choqué (c'est vrai) et positionner pour ou contre ce type de film.
    Mais moi, je vous le dis, on ressort comme d'un poème de Baudelaire (période "la Charogne") à la fois horrifié par le thème et les images et subjugué par les enchainements de plans et par le jeu des acteurs.
    A vous donner la NAUSEE!!
    Sans conteste un film culte..........

  • sithjediblue

    15/09/2003 à 00h07

    Répondre

    Un film un peu prétentieux d'un réalisateur qui ne l'ai pas moins. Le deuxième long de Noe n'apporte rien, magré le fait que beaucoup de gens considèrent ce film comme "culte", il ne mérite aucune louange. Certes, la mise en scène est parfois maitrisée, parfois enervante à souhait (comment combler 10 minutes de trou scenaristique par un des mouvements de caméra chaotiques et inutiles). Les scènes chocs en elle même m'on laissé froid devant le parti pris du réalisateur de vouloir en faire trop. d'accord, un viol, ça peut arriver, une vengeance aussi, mais est on obligé d'aller se taper une séquence écoeurante dans une boite homo? Je suis ressorti de ce film avec le sentiment d'avoir été abusé par un réalisateur assez peu talentueux (sauf sur le plan esthétique) qui, soit n'arrive pas a transcender son sujet pour nous imposer une VRAIE reflexion, soit qui a savamment préparé un coup médiatique en amont du tournage. Je pencherais plutot pour cette deuxième hypothèse. Ne peut pas être Kubrick qui veut. Orange Mécanique lui aussi basait sa violence sur une esthétisation un peu choquante a première vue, mais totalement justifiée par la seconde partie du film ou le personnage subie une sorte de purgation. Et la, on commence a reflechir, a la fois sur le sens metaphorique et réel du film. IRREVERSIBLE avec ses effets un peu faciles, son aspect tape à l'oeil semble être l'aboutissement d'un cinéma français pseudo intello sortant d'une nouvelle vague finalement peu intéressante, n'ayant rien a dire. Un film sans vraie message, si ce n'est comment faire parler de son film le plus efficacement possible.

  • Anonyme

    16/09/2003 à 00h08

    Répondre

    Ce film laisse un double sentiment. Celui d' une violence épouvantable: un meurtre et un viol, dont la violence froide et interminable provoque un ecoeurement insupportable. Celui aussi d'un film puissant, porté par un trio d'acteurs excellents, dont le jeu peu ou pas scripte donne lieu à des sceèes magnifiques, touchantes et realistes (scène dans le métro, scène au réveil).
    Bien sur, la question demeure: aurait-on pu faire un film aussi puissant sans ces scènes abominables ? Violence inutile ou servant le propos ? Difficile de trancher... Figis dans "Leaving Las Vegas" avait reussi à limiter le meme type de scènes horribles sans édulcorer son propos. Le film de Noe est certes sans doute plus "engagé", plus radical, en décrivant la face sombre d'une humanité que l'on cotoie tous les jours...
    On peut cependant sans aucun doute reconnaitre le talent du réalisateur, Noe reussissant à merveille à mettre en images des thèmes tels que le basculement total du bucolisme à l'abomination ou l'interiorisation et l'explosion des pulsions.
    Un film à voir, mais certainement difficile à revoir.

  • Anonyme

    27/09/2003 à 00h09

    Répondre

    Alalala... "le temps détruit tout". Est ce que quelqu'un pourra m'expliquer cette phrase qui n'a AUCUN rapport avec le film? Est ce que l'un de vous est capable de juger un film en dehors des mouvements de caméra? Vous l'avez aimé parce qu'il est creux et pas trop dure à comprendre, c'est pour ça? A part l'envie de buter le premier mec qui mate votre copine, qu'est ce qu'il a fait sur vous ce film? C'est la provoc qui vous attire? La violence gratuite (on a LA parfaite définition de la violence gratuite dans ce film, vous avez compris qui tue qui au début?). Noé, en plus d'avoir pillé un nombre incroyable de film à travers Irreversible (Memento, les chiens de paille, Métisse, le style Cassavetes...) joue sur le fait d'un scénar qui ne dépasse pas 4 pages. C'est bien beau de dénoncer, mais c'est encore mieux d'apporter des solutions, chose dont Noé est visiblement incapable. Maintenant que canal+ ne produit plus de film, quel va etre son prochain opus? Le contraire de la violence, ç'est pas la douceur, mais l'intelligence. Critiquer pour critiquer, c'est vraiment trop facile...

  • Anonyme

    28/10/2003 à 00h10

    Répondre

    J'ai bien aimé ce fim, atroce c'est vrai, j'ai du faire des pauses a plusieurs reprises le temps d'aller prendre l'air a une fenetre pour éviter de vomir, mais j'ai bien aimé. Je n'ai jamais autant été choqué par un film, presque aussi choquant que le documentaire sur les camps de la mort "Nuit et Brouillard".

  • Anonyme

    03/01/2004 à 00h11

    Répondre

    que dire ? pour moi un film qui se veut provocateur en gratant bien bas,
    des gens ont été malade en le voyant ? cherchez plutot la cause dans les effets de mouvement de caméra et les lumières plutot que dans une soi disante violence teinté d'exibisionnisme et de voyeurisme.

    à classer bien au fond de la poubelle, milieu que semble affectionner ce noè.

    et pour finir je ne dirais qu'une chose se film porte un grand coup à la cause homo qui apparait dans ce film comme un ramassi de monstre se complaisant dans la fange.

  • Yas

    25/04/2004 à 00h12

    Répondre

    Ce film permet de mesurer l'impact d'un viol et nous fait réaliser comme nos vies, nos destins sont fragiles. La vérité dérange, écoueure tout comme le réalisme de sa scène de viol. On réalise tout ce que le violeur a tué à jamais par son acte. Il nous montre que si Alex reste en vie, il a tuée à jamais celle qu'elle était et le temps n'y changera rien.

    Marcus n'a pris conscience de la valeur de sa bien-aimée qu'après l'irréparable. Il nous montre que le désir de vengeance est humain d'autant plus quand on sait que nombres d'actes irréparables comme celui-là restent impunis ou si "gentiment punis".

    Ce film est hard car il dénonce une réalité qu'il l'est tout autant.
    Je ne dirais pas que j'ai aimé le film mais comme cela a déjà été dit : on peut ne pas aimer une chose et pourtant la trouver excellente.

  • Anonyme

    14/06/2004 à 00h13

    Répondre

    Après avoir vu ce film, je n'avais qu'une envie : profiter de la vie deux fois plus, aimer ceux que j'aime deux fois, bref... aimer.
    Comme l'annonce de fin le matraque dans un style presque propagandiste, 'le temps détruit tout' et c'est dans les moments extrêmes que l'être humain voit son verni social s'effondrer. L'animal s'éveille et devient incontrolable car le mal est déjà fait, irratrapable. Tels les témoins d'un métro, passifs, tétanisés, on assiste à ce viol tellement criant de vérité; on est embarqués dans ce taxi où la tension devient insuportable. On est une âme malade, blessée, qui doit parcourir un purgatoire nécessaire avant la libération céleste. Gaspard Noé, j'aime ta poésie noire!

  • Anonyme

    19/08/2004 à 00h14

    Répondre

    je viens de voir le film...

    excusez le chaos de mes commentaires (sentiments) ils sont encore sous l'effet du film.

    (J'écris ce commentaire pour me laver la tête et l'esprit qui ont été ternis par le film.)

    ce film est brutal, violent, barbare, certaines scènes trop gratuites. Moins aurait pu montrer plus. Mais... soit... Il m'a demontré son point de vue. Je l'ai saisi.
    Cette réalité ne faisait pas partie de la mienne. Il m'a changé. Les hommes sont élevés brutalement ! Nous devons changer ça. Les caractères (personnages) du film souffrent de l'environnement dans lequel ils evoluent ; eux aussi en sont des victimes. Des victimes FAIBLES car ils n'ont pas su prendre les décisisons nécessaires à la rupture de cette chaîne de violence. Ces décisions permettent la rupture de ces actes.

    ce film est un document.
    Il est juste et vrai, même si c'est un condensé de violence trop graphique.

    Les femmes sont belles et justes et elles ont raison.

    NOTEZ QUAND MEME LA PERSONNE QUI ARRIVE PAR DERRIERE PENDANT LA SCENE DU VIOL ET QUI DECIDE DE NE PAS INTERVENIR. IL AURAIT PU CHANGER LE DESTIN DE PLUSIEURS PERSONNES NOTAMMENT DE L'ENFANT QUI ALLAIT NAITRE. CE DOCUMENT MONTRE UN SYSTEME COMPLEXE DANS CETTE SOCIETE DE CHOSES A CHANGER ET NE PLUS PERPETRER...
    ARRETONS DE VIVRE COMME DES ANIMAUX MALADES NOUS SOMMES DOTES D'INTELLIGENCE ET DE CONSCIENCE...
    Un peu plus sagesse dans nos vies s'il vous plait, l'Humanité en depend.

  • gyzmo

    09/07/2005 à 00h02

    Répondre

    Irréversible reflète pour moi ce cinéma cynique qui gave dimages chocs, entretient la peur, conspire contre la paix entre les humains. pour ne rien vous cacher, si je métais arrêté à une première interprétation du film (dont lunique vision ma amplement suffit), je serais même allé jusquà dire que Irréversible est un acte émotionnellement terroriste car il nous pousse à haïr lautre.
    le genre de cinéma qui ne me plaît pas du tout.

    et pourtant, malgré sa barbarie, malgré linexistence dun scénario, malgré le fait que le film soit sans mystère, sans interrogation, sans opinion, Irréversible a des qualités qui lui sont propres et quon ne peut pas lui retirer.
    déjà, techniquement, cest une réalisation spectaculaire. ne serait-ce que par lutilisation des plans séquences que vous avez évoqué plus haut, le choix astucieux des couleurs en relation avec lunivers sombre du film, où limprovisation des acteurs (que jai trouvé vraiment moyenne du côté de Cassel, en dessous de tous ses camarades), mais surtout des effets spéciaux utilisés pour rendre la représentation insupportable : l'effet de l'extincteur est effroyable de réalisme, aussi bien du point de vue sonore que visuel.
    si j'ai toujours trouvé que c'était une facilité de chercher à reproduire des situations réalistes et pénibles à supporter tels qu'un viol ou un meurtre, surtout dans un film qui se dit "sérieux" et "dramatique", il me semble que, dans le cas dIrréversible, la violence exacerbée a une utilité : un coup de poing imbécile en pleine tronche alors qu'on est bien tranquillement assis dans son fauteuil en attente de consommer la violence, devenue lingrédient préféré de la grande majorité des spectateurs.
    cest une grande question, pour un long débat, mais quel est lintérêt de simuler des horreurs aussi réalistes et de les montrer explicitement? je crois que, dans le cadre du film de Noé, l'implicite n'aurait pu avoir sa place car le réalisateur voulait montrer à rebours une descente dans la folie absolue, et la contrebalancer par une vision idéale dun moment de vie. C'est le parti pris du réalisateur. Pour ce faire, il a volontairement utiliser les extrêmes. Cela ne veut pas dire que je cautionne la séquence du viol/tabassage. Mais son horreur visuelle et psychologique est le cur sombre du film qui, privé d'elle, n'a plus aucun sens et tourne à vide.

    cette idée, je crois, est parfaitement illustrée grâce au montage du film. une réussite. ce n'est pas une originalité (Christopher Nolan avait déjà entièrement axé Memento autour du flash back, lequel avait déjà été utilisé parcimonieusement dans Pulp Fiction, ), mais Noé utilise sa table de montage de manière à rendre son film suffisamment surprenant dans son "dénouement". tout de suite, le spectateur est propulsé dans l'horreur, la barbarie humaine. et peu à peu, on remonte le fil de l' "histoire" pour accéder à un filé de lumière. quand j'y repense, c'est assez troublant car le film se termine sur de belles images. c'est peut-être ce qui fait lautre intérêt du film. de ce point de vue, je le trouve finalement équilibré : horrible et magnifique à la fois, avec toute les nuances qu'il faut pour relier les deux univers. de la noirceur à la lumière éblouissante, la séquence du viol insupportable et génératrice de profondes psychoses étant la scène charnière faisant basculer les personnages d'un monde à l'autre. c'est notamment le fait que ce film se termine sur des images à lesthétisme superbe qui m'a bousculé. parce qu'Irréversible est monté à l'envers, on se retrouve avec un faux happy end, un moment de bonheur pulvérisé, puisqu'on a remonté le temps jusqu'à cette plénitude. la conclusion rend encore plus dérangeante le film. c'est pourquoi, je pense qu'une interdiction aux moins de 18 ans aurait été nécessaire, cest même incroyable quun tel film soit parvenu à nécoper que dune interdiction au moins de 16 ans!

    je ne pense pas quIrréversible soit un chef d'uvre (loin de là). une étape de plus dans la surenchère de la violence ultra réaliste au cinéma, certainement. Gaspar Noé fait parti de tous ces cinéastes qui disent critiquer la violence de nos sociétés en ayant recourt dans leur production, à lesthétisation poussée et malsaine de cette même violence. ils sont malins, conscients de la fascination que cela à sur les gens et ne sen privent pas pour lutiliser, sans se soucier des dégâts collatéraux que cela entraînent.
    cependant, si lon veut voir une réalisation intelligente, qui ne nous prend pas pour un barbare, on trouvera beaucoup plus subtil quIrréversible pour critiquer la violence, quon nous dit omnisciente dans le monde, via le filtre déformant des médias.
    En tous les cas, la présente critique me donne l'idée d'une autre critique d'un film du même genre, mais "vraiment" intelligent et dénonciateur

  • Anonyme

    09/07/2005 à 17h32

    Répondre

    Impossible d'apprécier un film comme cela, je répéterai pas totu ce qui a été dis et je rajouterai juste un chose;

    IRREVERSIBLE dénnonce avant ce choquer, attriste avant d'écoeurer, boulverse plus qu'il ne révolte, entretient la haine avant le vouyeurisme.

    Pour tout cela, IRREVERSIBLE est une oeuvre plus que respectable qui a défaut de divertir, sensibilise et démontre que l'horreur n'a pas été inventé par le cinéma mais bel et bien par l'homme.

    Un film coup de poing, peut être, mais profondément humain.

  • Bzhnono

    10/07/2005 à 20h14

    Répondre

    Etant un tantinet cinéphile je me devais de voir ce film, et les sentiments que j'éprouve après visionnage du film sont très partagés. D'abord l'étonnement...comment un producteur a pu investir là-dedans. Pas de scénario, des acteurs en roue libre pendant quasiment tout le film et une violence extrême, non franchement, je vois pas vraiment comment un producteur peut investir dans ce film.

    Ensuite, j'ai été...euh...admiratif. Admiratif par tant de maîtrise technique, les plans-séquence qui s'enchainent, l'histoire qui va a reculont (fallait y penser quand même) et la lumière. D'habitude je ne m'intéresse pas énormément aux lumières d'un film, mais là je tire mon chapeau au chef opérateur qui a vraiment fait du bon boulot, je trouve que les lumières et ambiances reflètent tout à fait l'état d'esprit, et des acteurs, et des spectateurs (par exemple l'ambiance très rouge de la première séquence du film évoque la haine des protagoniste et le flou des spectateur qui se dit, avec les mouvements de caméra, "mais je suis tombé où moi, c'est quoi ce film ?").
    Les acteurs se demerdent vraiment bien...j'adore Albert Dupontel. La réalisation est bien maîtrisée, ça se sent à l'écran.

    Par contre, et je suis peut être un peu "coincé" pour apprécier entièrement le film, mais je n'ai pas toujours bien compris pourquoi mettre autant de violence et surtout, pourquoi mettre autant de sexe (au sens propre je veux dire). Presque toute les 10 minutes dans le film on voit un pénis qui traîne (dans la boîte gay au début, le travelot, la petite fête dans l'apartement, le viol bien sur, et j'en oublie peut être). Je n'ai pas vraiment compris l'intérêt.

    Hormis ça et la volonté de choquer (je suis pas vraiment fana des films qui ont comme premier objectif de choquer en montrant les choses cruement, mais, je le répère, ça doit être mon côté "coincé"), le film est bon. En bref le film est techniquement maîtrisé sur tous les domaines, mais l'histoire est un peu simple et parfois trop porté sur le sexe (au sens propre).
    Pour moi le film mérite un 6,5, mais je ne l'ai peut être pas apprécier à sa juste valeur.

  • Anonyme

    10/07/2005 à 20h32

    Répondre

    Bzhnono a dit :
    Pour moi le film mérite un 6,5, mais je ne l'ai peut être pas apprécier à sa juste valeur.


    Je suis daccord avec ce que tu as écris. Tu écris par contre pourquoi tant de sex ???

    ben pasque c'est la thématique du film, pas le sex érotique ou pronographique qui bas nous exciter mais une sexualité malsaine;

    Prostitution, viol , IRREVERSIBLE accuse ce que l'on a jamais réussit à faire disparaitre.

    Par contre je te rassures, normal que n'apprécies pas IRREVERSIBLE à sa juste valeur, ce film se vit et se subit !!!

  • raidenjeff

    21/09/2006 à 04h35

    Répondre

    La prétention d'Irreversible, c'est avant tout de procurer de vrais sensations, un malaise, et pour cela Noé est un surdoué de l'outil Cinéma.

    Il ne veut pas d'un spectateur passif, il veut le faire participer. Au delà de la morale développée autour de l'Homme qu'il réduit à un simple animal, il y a un dialogue, un rapport brut entre le spectateur et Noé. Irreversible est une fabuleuse histoire d'amour dans un monde pouri que Noé ne s'efforce a aucun moment de maquiller.

  • Anonyme

    21/09/2006 à 08h41

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    raidenjeff a dit :
    La prétention d'Irreversible, c'est avant tout de procurer de vrais sensations, un malaise, et pour cela Noé est un surdoué de l'outil Cinéma.

    Il ne veut pas d'un spectateur passif, il veut le faire participer. Au delà de la morale développée autour de l'Homme qu'il réduit à un simple animal, il y a un dialogue, un rapport brut entre le spectateur et Noé. Irreversible est une fabuleuse histoire d'amour dans un monde pouri que Noé ne s'efforce a aucun moment de maquiller.


    J'aurai pas dit mieux

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