7.5/10

J'irai dormir à Hollywood

Version cinéma de l'émission J'irai dormir chez vous, cette traversée des Etats-Unis par Antoine de Maximy ne manque ni de piquant ni de rythme.

A la télévision, il y a des gens qui prennent leurs aises dans les décors confortables d'une émission pépère, et il y a ceux qui, comme Antoine de Maximy, choisissent de secouer un peu leurs fesses pour proposer aux spectateurs un voyage autour du monde. Dans l'émission J'irai dormir chez vous diffusée sur France, il se filme allant à la rencontre des gens de différents pays, engageant la conversation avec tous ceux qu'il rencontre, et essayant à chaque opportunité de se faire inviter à dîner et à dormir (d'où le titre). Globe-trotter infatigable, de Maximy est ouvert à toutes les situations : fort de son passé en tant que reporter de guerre, il s'aventure dans n'importe quel quartier, parle à n'importe qui, et se permet d'oser de faire du rentre-dedans culotté « à la Michael Moore » de temps Après Mini-Me, voici Maxi-Me
Après Mini-Me, voici Maxi-Me
en temps. J'irai dormir à Hollywood est la version longue d'un de ces voyages, consacré à la traversée d'est en ouest des Etats-Unis d'Amérique...

D'emblée, on peut craindre que 100 minutes de rencontres décousues et de pérégrinations sans but soient assez pénibles à subir sur grand écran, à plus forte raison lorsque le tout est filmé en vidéo. Pourtant, dès les premiers instants, on est saisi par l'efficacité du procédé : avec ses trois caméras disposées de façon à enregistrer son voyage au mieux, une sur son épaule, une dirigée vers lui et une indépendante (celles du film sont des prototypes révolutionnaires conçus spécialement), Antoine de Maximy propose une immersion complète dans son expérience. On commence par sauter en parachute avec lui (impressionnant), et on rentre dans sa peau pour le temps restant, pédalant avec lui derrière les Amish et profitant avec lui des paysages et des rencontres. Le portrait qu'il dresse de l'Amérique à travers les gens qu'il croise est forcément biaisé, fondé qu'il est sur une suite d'études microscopiques. Le résultat représente forcément davantage la population simple, celle qu'on peut croiser dans la rue, voire même celle qui vit dans la rue. Verra-t-on des stars en arrivant enfin à Hollywood ? Rien n'est moins sûr, car le rêve américain n'est pas fait que de villas et de palmiers.


Choisissant d'interagir avec son environnement et pas de se poser en simple observateur, le cinéaste solitaire s'amuse beaucoup (on peut même s'agacer de ses rigolades trop fréquentes et parfois un poil forcées), se fait remarquer avec son attirail déroutant, et adopte comme véhicule un corbillard repeint en rouge, le genre de voiture capable de détrôner l'ambulance de Ghostbusters au rayon du charisme atypique... Face à la caméra et à la personnalité d'Antoine de Maximy, les gens offrent une poignée de vérité, un décor, une anecdote. La Nouvelle-Orléans apparaît comme un endroit où le sentiment d'insécurité est bien supérieur à l'insécurité réelle. Les réserves indiennes rappellent que le glamour de Danse avec les loups est révolu depuis longtemps. Et l'expérience hollywoodienne finale se révèle particulièrement surprenante.

Comme dans tout documentaire, on pourrait accuser le montage de déformer la réalité, d'autant que celui-ci est particulièrement serré et réussi, notamment grâce à une bande originale qui ne laisse pas un instant de répit. Mais le film n'ayant pas de discours à proprement parler, on y voit simplement une sélection de scènes cocasses ou touchantes, déconcertantes ou inquiétantes. Chacun est libre d'en retirer ce qu'il veut, sans faire d'une généralité chaque personnalité qui s'exprime. Le voyage est dépaysant et inhabituel, même pour un pays finalement peu exotique comme les USA. On en redemande.

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6 commentaires

  • Anonyme

    24/09/2008 à 16h49

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    Avant première au gala supelec 2008, à gif sur yvette le 17/10 !

  • Anonyme

    29/11/2008 à 12h10

    Répondre

    C EST TOUT SIMPLEMENT SUPERBE

  • Anonyme

    16/12/2008 à 01h11

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    Somptueux. Un classique du genre.

  • Anonyme

    19/12/2008 à 09h50

    Répondre

    eh bien moi j'ai été un peu déçue par le film .... je sais bien que le rêve américian, personne n'y croit plus, mais voir Antoine de Maximy filmer tous ces loosers avec tant de rigolades, j'ai trouvé ça cynique.


    Je me suis demandé pourquoi il faisait l'impasse sur la Vegas : "pour ne pas voir de machines à sous" dit-il ? eh bien il aurait filmé là du concentré de loosers.  Il aurait été hébergé gratuitement dans un hotel de luxe (ils espèrent tous que vous craquerez tout votre argent dans leurs km de casinos et jeux d'argent, alors ils vous offrent des suites luxueuses pour par un rond) et il aurait pu ajouter des scènes terrribles à son film. Ce que ses loosers font en  plusieurs années de dégringolade, là ils le font en quelques heures. Evidemment, c'est plus silencieux ..... mais j'ai trouvé que ses dialogues sonnaient vraiment faux : trop c'est trop.


    Bon enfin les paysages sont bien filmés, ne manquent que la chaleur et l'odeur..... et le sentiment d'insécurité n'est pas exagéré : j'ai traversé des zones où on me conseillait de ne pas m'arrêter si je crevais un pneu (je risquais ma peau), et j'ai tremblé dans une gare de greyhounds .


    Pas pu dormir à Hollywood ? je ne sais pas s'il dormira mieux s'il traverse le Pacifique .... mais pourra-t-il encore rire en Sibérie, en Russie ou en Chine ?

  • riffhifi

    19/12/2008 à 10h12

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    Le sentiment d'insécurité n'est pas exagéré ? Peut-être pas, mais on remarque que l'insécurité réelle est inférieure à ce sentiment : les personnes que Maximy croisent passent leur temps à lui dire "attention !", mais il ne se fait jamais agresser malgré son incursion dans les coins dits dangereux. Au pire, il rencontre un type bizarre, moitié bourré moitié fou, sans comprendre ce qu'il veut...

  • CLECUvMO

    19/12/2008 à 13h45

    Répondre

    De Maximy l'avait dit lui-même que ses caméras étaient sa meilleure protection contre une éventuelle agression. Son attirail suscite plus de curiosité  que d'animosité.


    Quand il va dans des pays en voie de dévellopement, les gens  pauvres qui ont rarement vu de caméra s'amusent dans un premier temps d'être filmé.


    Sinon de Maximy a globetrotté sur tous les continents et parfois on le proposait tout simplement moins qu'un lit pour dormir. (au Maroc, avec les tribus nomades, il se contentait de planter sa tente.) et tout ça dans la bone humeur, ça aidait à faire parler les gens. Au japon, un monsieur abordait même le sujet de sa femme disparue, de ses enfants qui ont quitté la maison. Simplement fascinant.


     

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