5.5/10

invité (L')

Film alimentaire ?

Production EuropaCorp (Besson) adaptée d'une pièce de théâtre, L'invité devait initialement sortir en avril. Suite à de mauvais résultats lors de projections-tests, le film est parti au remontage et sa sortie fut repoussée à septembre. Rien de très rassurant a priori...

Gérard (Daniel Auteuil) est chômeur depuis trois ans. Lorsqu'il décroche un entretien pour un poste en Indonésie, il n'hésite pas à inviter le chef des ressources humaines à un dîner dans sa propre maison, avec sa femme Colette (Valérie Lemercier). Lorsque leur nouveau voisin Alexandre (Thierry Lhermitte) entend parler de cette situation, il explique au pauvre couple que leur mode de vie va être jugé impitoyablement par leur invité, et que le seul moyen de faire bonne impression est de relooker de fond en comble l'appartement...

En trois mots : fallait pas l'inviter
En trois mots : fallait pas l'inviter
A première vue, L'invité a tout de la farce à la française : le casting qu'on pense avoir déjà vu réuni cent fois (alors qu'en fait non), les gesticulations et les bons mots dans la tradition du théâtre de boulevard... Seul élément perturbateur, le nom de Laurent Bouhnik à la réalisation. Contrairement à certains réalisateurs rompus à la fabrication de comédies populaires sans envergure comme (attention ça balance) Fabien Onteniente, Bouhnik est un metteur en scène éclectique à qui on doit Zonzon et 24 heures de la vie d'une femme, des films aux antipodes de la gaudriole poliment franchouillarde annoncée ici.

Alors, surprise flamboyante ou fadaise réchauffée ? Pour être franc, ni l'un ni l'autre. Bien que Bouhnik se revendique (en interview) des modèles italien et britannique, la comédie répond clairement aux codes de la comédie française : quiproquos et texte soigneusement écrit (soigneux ne signifie pas nécessairement brillant), sur fond de propos social illustré par deux ou trois personnages représentatifs. Ici, Auteuil et Lemercier incarnent le prototype du couple médiocre, ni heureux ni malheureux, enferrés dans une routine que ne vient déranger aucune ambition déplacée. Leur seul souci : trouver un boulot à Monsieur. De son côté, Lhermitte est un pro de la communication, au sourire dents blanches et aux certitudes inébranlables sur les conventions du monde actuel. La satire est légère, et n'égratigne que superficiellement le monde de l'emploi, celui du chômage ou celui de la "com' ". Le but est clairement plus de faire rire que d'explorer en profondeur les sujets abordés.

Le rire en question est-il au rendez-vous ? Encore une fois, oui et non. Si l'ensemble est mené à un rythme irréprochable et se suit sans ennui, ce n'est pas non plus avec une crampe aux zygomatiques qu'on ressort de la salle. Certaines répliques font leur effet, d'autres sont simplement trop forcées pour être drôles. Certaines scènes paraissent même carrément inutiles, comme la sous-intrigue associant Alexandre à la concierge, ou même le final équivoque, qui avec sa double lecture ne permet pas de savoir clairement comment se termine l'histoire.

En fin de compte, Bouhnik révèle dès les premières minutes le type de film que représente L'invité pour lui, lorsque naît un quiproquo sur le métier de Gérard : il travaille dans « le film alimentaire » (en réalité, les plastiques d'emballage de bouffe). Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte en ont tous les deux eu leur part dans leur carrière, voilà que le réalisateur se joint à eux, filmant sans imagination excessive une pièce de théâtre ultra-conventionnelle.
Ne vous laissez pas avoir par l'affiche, on est loin du Dîner de cons.

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3 commentaires

  • Choubide

    30/09/2007 à 22h08

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    Puis-je dire, totalement subjectivement, que je ne supporte pas Thierry Lhermitte et la comédie française en général.


    Voilà c'est tout.  

  • hiddenplace

    30/09/2007 à 22h30

    Répondre

    Ben moi, sans avoir vu ce film en particulier, je dirais que tu généralises beaucoup^^

  • Choubide

    30/09/2007 à 23h39

    Répondre

    J'ai bien dit que c'était subjectif, hein.


    Pour
    argumenter un peu, je dirais que tout le pan des comédies bourgeoises
    qui égratinent certains traits sans vraiment le faire à tendance à
    m'énérver. Je trouve que ça donne un résultat insipide plus que
    comique.


    Je préfère un humour plus caustique, les Américains (Weeds, DH...) et les Anglais (Les Virtuoses...),  meilleurs que nous dans l'autocritique comique. 

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