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invasions barbares (Les)

Les invasions barbantes

Le déclin de l'empire américain eut un succès public inattendu. Dix-sept ans après Denys Arcand, à l'instar d'un Klapisch avec L'auberge espagnole et Les poupées russes, reprend les mêmes comédiens, les mêmes situations pour tourner une suite en forme d'épilogue.

Les héros du Déclin de l'empire américain ont donc bien vieilli. D'ailleurs Rémy, maintenant divorcé est à l'article de la mort à l'hôpital. Son ex-femme rappelle son fils, Sébastien, un golden boy de la city londonienne, pour de derniers adieux. Sébastien rameute les anciens amis de Rémy et arrange du mieux qu'il peut le quotidien de Rémy.

La tonalité générale est donc bien sombre. Le film aborde il est vrai des points noirs, presque des tabous de notre société : la mort et la vieillesse. Cependant, les personnages du Déclin sont irrévérencieux et épicuriens. Ils aiment les bons mots et veulent se montrer "libérés" face aux interdits de la société : bref ils ne sont a priori pas du genre à pleurer sur leur sort, mais plutôt de s'en moquer, d'en faire une farce. En termes de thèmes, la série Six pieds sous terre vient immédiatement à l'esprit. On pourrait en effet dire que Les invasions barbares sont une version intellectuello/française de Six Feet Under. On pourrait mais je ne le dirais pas, pour moi ce serait comme de mettre en perspective un épisode de Navarro avec M le maudit (après tout il s'agit d'histoires policières non ?). Mis à part le fait que là c'est la série qui surpasse le film, ce ne sont tout simplement pas des objets du même monde.

Les défauts du premier opus se retrouvent presqu'à l'identique dans cette suite. Les dialogues sont déclamés comme sur une scène de théatre et le temps n'a pas rendu nos amis plus sympathique. Pour tout dire ils continuent de se regarder vivre en s'exclamant que c'est beau et merveilleux (leurs petites vies). L'heure des comptes à sonné c'est vrai mais finalement ils regrettent peu, si peu (juste la petite scène sur les -ismes et la révoution culturelle en chine). De l'indulgence à l'indigence le pas est vite franchi : un mot d'esprit couvrira toujours toutes les hontes, toutes les compromissions pour eux... Peut être que la critique la plus acerbe est elle masquée sous les traits de sébastien qui, lui un capitaliste supposé sans âme, est celui qui se bouge le plus, celui qui est le plus responsable de cette bande d'intellectuels du dimanche s'écoutant parler mais n'agissant jamais.

Quelques points de repères forment un lien amusant avec le Déclin : le travelling d'ouverture (qui passe des couloirs de la fac à ceux d'un hôpital), la manière dont le titre est attribué au film, la scène du repas etc. Il faut reconnaître que d'un point de vue cinématographique (mise en scène, photo) Les invasions barbares est supérieur au Déclin (mais à l'impossible nul n'est tenu dit on), mais rien qui ne dépasse le niveau d'un téléfilm policier standard type TF1 production. Le tout reste bien convenu, bien gentil. Le temps de chacun d'entre nous est compté, le temps c'est surement ce que nous avons de plus précieux ici bas, il faut éviter de le perdre inutilement. A votre place je choisirai Six pieds sous terre par rapport aux médiocres Invasions barbares.

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3 commentaires

  • iscarioth

    24/09/2005 à 11h35

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    Dix-sept ans après Denys Arcand, à l'instar d'un Klapisch avec L'auberge espagnole et Les poupées russes, reprend les mêmes comédiens, les mêmes situations pour tourner une suite en forme d'épilogue.


    On peut pas vraiment dire "à l'instar" puisque Arcand a tourné son deuxième épisode plusieurs années avant Klapisch.

    Je trouve que Les invasions barbares n'a absolument rien de comparable avec 6 pieds sous terre.

    Le premier opus, sous couvert de parité, était un amas de clichés. L'homosexuel de la bande pissait du sang et fantasmait sur des fesses d'enfant, le seul prolétaire aperçu dans le film était qqun de très bourru et stupide. Arcand a cru un peu trop facilement s'innocenter du machisme en envoyant les femmes au sport et les hommes à la cuisine... Ce qui n'a pas réussit à dissimuler un sexisme ambiant...

    Avec Les invasions, on baigne dans le pédantisme de ce que j'appelle la génération 68, qui a tout vu, tout connu, tout fait et pour qui les jeunes sont des crétins congénitaux. Un profil qui n'a rien de la fiction, puisque énormément de profs et autres intellectuels de cette génération raisonnent de la sorte.

    Arcand s'emploie à montrer à quel point cette génération est brillante. Comme l'a dit Kassad, on a droit à des répliques très théatrale, aussi spirituelles que prétentieuses. Le pire, c'est que cette façon de dispenser sa science et son érudition à grand coup de prétention, n'a rien de fictive. Les personnages sont pour la plupart des maitres de conf en fac d'histoire et en fréquentant les universités d'histoire, cet archétype est celui que l'on retrouve chez bien des profs quinquagénaires.

    Notre génération est représentée d'une façon abominable :
    * la junky
    * le capitaliste
    * les branleurs sans scrupule (qui se laissent payer pour dire que le mourrant était un bon prof)

    Un moment illustre parfaitement le travers de cette génération tout-vu-tout-fait : quand ils déclarent avoir été de tous les -ISME. N'avaient ils donc à ce point pas le sens de la réflexion et de la libre pensée pour suivre tout courant philosophique et politique au grès du vent ?

    Même si Arcand a aiguisé son discours sur les homosexuels, les femmes et les classes moyennes et pauvres avec ce deuxième volet, je préfère tout de même le premier opus, qui ne parlait presque QUE de sexe, et qui le faisait assez bien, en cassant l'image du couple monogame. On pontifiait autant, certes, mais le débat était d'une ampleur moins prétentieuse.

    Contrairement à Kassad, je trouve que la vision du déclin et des invasions est loin d'être un perte de temps. On développe rarement d'empathie avec les personnages mais les deux films ont le mérite d'alimenter notre réflexion personelle, même si elle s'organise en réaction.

  • Kassad

    26/09/2005 à 16h59

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    Le "à l'instar" est à prendre au sens littéral et n'implique pas de chronolgie mais une analogie

    Effectivement le film peut tout à fait, du point de vue réaction, être vu comme représentatif d'une génération qui se regarde le nombril et en cela être intéressant.

    Cependant je maintiens qu'il y a de nombreux liens avec Six Pieds sous Terre. La mort et la transmission sont rarement des sujets centraux comme c'est le cas pour les Invasions et SFU. Généralement la mort est un phénomène périphérique (un mini héro meurt, le méchant est jugé et condamné par Dieu etc.). De plus, il ne s'agit pas "uniquement", comme dans le septième sceau, de réfléxions métaphysiques sur le thème du sens de la vie. Dans SFU et les Invasion c'est une certaine vision de la société qui est donnée au travers du prisme de la mort (donc pas transcendental au sens du Septième sceau). Et plus ou moins tous les "faits de sociétés" y sont traités (drogue, économie mondialisée, sexualité, petits travers de la vie quotidienne, regrets etc...). Simplement comme je l'ai écrit SFU est un milliard de fois plus fin et plus intelligent. Alors bien sur ça se passe à LA et pas au québec et les intervenants ne sont pas des profs de fac mais dans le fond c'est le même sujet. Et on ne peut meme pas dire que les Invasions apporte une originalité par ce qu'il traite des baby boomers (en effet la soeur de Ruth dans SFU rempli très bien ce rôle dans un style plus baba cool mais bien dans le ton). C'est pour ça que j'en arrive à la conclusion que ce film est une perte de temps pour ses spectateurs...

  • Anonyme

    02/10/2010 à 15h08

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    Je m'étais bien amusé ,à sa sortie, avec le déclin de l'Empire Americain  alors bien sûr je ne pouvais  qu'apprecier les "Invasions barbare qui reprend  la meme recette de cuisine cinematographique  et j'avoue que j'ai été surpris des critiques: dans l'ensemble  accablantes .J'essaye de comprendre  pourquoi ce qui à pu emouvoir ma génération c'est à dire celle qui avait vingt ans en 68 est devenu un sujet de détestation j'y trouve plusieurs explications.D'abord le milieu social : les protagonistes dans les deux films sont issus de milieux petit bourgeois , comme moi , et comme l'auteur du film ils ont fait  (parfois leur études chez les jésuites ) puis universitaires à une époque où seulement 40% d'une tranche d'age  faisiait des études secondaires et à peine 10%  des études dites supérieuresl.Culpabilsés par une relative réussite qu'il  n'avaient pas le sentiment d'avoir mérité ( à cette époque 2% des enfants du mileu agricole ou ouvrier accédaient à l'Université , on ne parlait même pas ou alors tres peu des enfants "issus de l'immigration" ... les plus concients d'entre nous et les moins égoïstes  ont pensés que la solution étatit  dans ces "ismes"  maoïste marxisme  dont ils ont constaté les terrifiques effets après 20 de desillusions.Le second grief qui nous rend odieux c'est la chance inouie d'avoir eu le luxe de vivre une époque ou la recherche d'un  travail n'était pas accaparante (l'offre dépassant largement la demande ) mais comme  c'est dans les périodes de relative prosperité que nait plus facilement la contestation, nous avons donné l'impression  aux jeunes d'aujourd'hui ,d'avoir craché dans une soupe  que plus personne ne veut gacher actuellement Ces années, pour les relatifs nantis que nous étions  ont été celle d'un age d'or ou la liberté sexuelle   nouvellement acquise  s'imposait graduellement sans que le specte du sida  ne l'altere encore.Nous avons parlé, beaucoup parlé c'est une maladie contractée à ll'Université  et bien sur nous avons été d'un pedentisme effarant  tres campé sur notre KULTURE mais nous avons aussi beaucoup lu  et ce dès notre prime enfance car c'était le seul moyen de ne pas trop s'ennuyer ( la premiere emission télévisée je l'ai vue au college a 11ans sur la chaine quasi  unique avec le te deum de Marc Antoine Charpentier en prime .Nous adorions les théories  les concepts généraux on traquait les "invariants"  en physique en sociologie ethnologie même si nous en moquions en riant de la theorie des casseroles du professeur Chadoko nous avions bien contractés le virus.Le troisième griefs c'est que nous somme devenus vieux ; de nantis potentiel nous sommes devenus  nantis officiel Conh Bendit n'arrache plus les pavés mais siege au Parlement EuropéenPasse encore de payer des retraites à des  prétentieux improductifs mais les entendre radoter avec suffisancemerde achevez  les  qu'ils se taisent...   

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