9/10

Inland Empire

Une expérience unique

"Amusez-vous à essayer de comprendre ce que je veux dire". Voici ce que semble constamment nous dire David Lynch avec son dernier film, Inland Empire. Fou, son long métrage. Barré, dingue, malade aussi. Une oeuvre où le metteur en scène est au sommet de son art, aussi bien au niveau du scénario que de la réalisation.
Parler concrètement d'Inland Empire est presque impossible (le résumé promotionnel évoque « une histoire de mystère. Au coeur de ce mystère, une femme amoureuse et en pleine tourmente »). Par contre, dire pourquoi on adore est beaucoup plus facile.

Le Lynch le plus tordu


Inland Empire
navigue dans les mêmes eaux que Sailor et Lula, Twin Peaks, Lost Highway et Mulholland Drive. A savoir : de l'étrange, des mystères, secrets, événements absurdes, rêves, dédoublements de personnalité, jeux spatio-temporels, jeux fiction-réalité, etc. La panoplie de bizarreries perturbantes étant comme d'habitude au rendez-vous, Lynch aurait pu s'en contenter. Loin de ça, le sexagénaire réalise le film le plus long et le plus complexe de sa filmographie. Alors qu'il commence en suivant le récit (déjà timbré), d'un tournage de long métrage, Inland Empire devient rapidement une série de scènes apparemment sans queue ni tête, sans enchaînement logique. Pourtant, au fur et à mesure de cette avancée difficile, douloureuse et torturée, parfois longue (forcément, sur presque 3h), les pièces du puzzle s'assemblent. Bien sûr, le réalisateur prend le soin de laisser des morceaux manquants. Ou encore de nous faire perdre notre concentration en nous proposant des scènes comiques insensées (la première scène de chorégraphie collective, par exemple). Ces vides que laisse Lynch, c'est à l'imagination du spectateur de les combler. Le public sera sûrement aussi aidé par le re-visionnage du film une bonne trentaine de fois... au moins.

Une réalisation en DV surprenante


Tourné en DV, Inland Empire surprend. Pourtant, alors que ce choix apparaît parfois peu concluant dans d'autres réalisations, Lynch en tire tous les avantages, sans jamais vraiment tomber dans ses défauts. En effet, comme il joue en permanence avec les lumières, les ombres, les flous, les apparitions, les disparitions, les souillures intentionnelles de l'image ou encore les filtres, il évite que le cerveau soit choqué par un flou non voulu ou une mise ou point aléatoire, tous deux liés au type de la caméra. A la perfection, le metteur en scène pioche dans les coins et recoins des plateaux de cinéma, bâtisses ou rues pour en filmer toutes les imperfections, zones incertaines et potentiels effrayants. Un talent que l'on retrouve dans sa manière de faire parler ses personnages, même lorsqu'ils se taisent. Ainsi, fréquemment, le film fait passer ses émotions par l'ambiance inquiétante qu'il dégage. Une ambiance extrêmement oppressante qui fascine sans limite. Car Inland Empire se distingue aussi par sa force de terreur. Pour peu que l'on accepte de pénétrer dans cette aventure hallucinante qui marque indéniablement, les frissons sont légion. Lynch nous laisse rarement quelques secondes de répit pour sortir de la tension grandissante qu'il filme. De plus, comme son oeuvre est complètement déstructurée, elle peut nous surprendre à chaque instant. Par une musique stressante, un bruit percussif ou encore une scène choquante. Mais les secousses proviennent aussi de la splendeur de certaines images, de la grandeur des acteurs (Laura Dern, belle et impressionnante, pour ne citer qu'elle) et de la globalité du projet qui atteint l'âme, tout bonnement.

Un nouveau degré dans son univers


Le fan de David Lynch n'aura pas manqué de remarquer qu'il a intégré dans Inland Empire de nombreuses scènes de sa série de courts métrages Rabbits, sortis en 2002. Preuve que le réalisateur s'apprécie encore davantage dans son ensemble. En effet, comment ne pas trouver des similitudes entre tous ses films ? Son attrait pour l'érotisme par exemple, sa passion pour les artifices énigmatiques (les rideaux, une scène de spectacle...), une musique vintage tendance années 60-70, Hollywood, etc. Avec Inland Empire, Lynch montre qu'il a atteint un nouveau degré dans son univers. Un degré si élevé que l'on se demande si ce film n'est pas le plus abouti dans ses névroses. Ou bien est-ce tout l'inverse : le retour au point de départ.

A propos de l'auteur

23 commentaires

  • sven

    11/02/2007 à 02h25

    Répondre

    je suis nettement moins enthousiaste que toi
    je m'étais rarement autant fait suer au cinéma depuis trèèèèèèèèès longtemps
    3h de scènes sans rapport, sans une infime once d'explication (je ne demande même pas une "solution" à l'intrigue, je voudrais juste savoir qui est qui, qui fait quoi, à quoi servent ces lapins, ces polonais, ces prostituées...), un DV qui file la nausée assez rapidement, des longueurs très nombreuses (j'ai failli m'endormir une dizaine de fois, et pas uniquement parce que j'étais fatigué...), des artifices sonores ou visuels pour "faire peur", sans intérêt non plus, et caetera...

    je n'ai vraiment pas du tout, mais alors PAS DU TOUT accroché!!!
    et je n'étais pas le seul dans la salle

    pour un smiley de conclusion, j'hésite entre ou ou ou même

    j'ai passé un mauvais moment au cinéma
    je suis déçu

    et j'ai beau y penser et y repenser, je ne trouve aucun intérêt à ce film...
    et dire que j'avais adoré Mulholland Drive
    tu es allé trop loin pour moi, David...

  • iscarioth

    11/02/2007 à 12h51

    Répondre

    tous les films (moins un) de lynch m'ont fait à peu de choses près l'effet que décrit sven. Alors Inland Empire (3h, caméra vd, trip habituel), très peu pour moi. Chacun ses goûts comme on dit.

  • Wax

    11/02/2007 à 13h10

    Répondre

    Gallu a dit :
    Chacun ses goûts comme on dit.


    Exact! Moi j'en salive d'avance!

  • sven

    12/02/2007 à 01h25

    Répondre

    et n'attendez surtout pas une sublime BO signée Badalamenti
    ça aussi, c'est mal fait, par Lynch himself

  • Henry Letham

    12/02/2007 à 19h22

    Répondre

    chacun ses gouts, c'est clair, et moi aussi ce film est pleinement dans les miens. Donc pour équilibrer avec ceux qui ne sont malheureusement pas rentrés dans le film, je suis au moins aussi enthousiaste que la critique initiale . Ce film est un vrai merveilleux voyage au pays de Lynch, pour ceux qui ont la clé (enfin la montre plutôt) pour y rentrer.

  • sven

    13/02/2007 à 00h52

    Répondre

    c'est exactement ce que je pense: Lynch a fait un film pour LUI, et les rares personnes qui arrivent à rentrer dans sa tête...

  • Henry Letham

    13/02/2007 à 09h25

    Répondre


    perso je suis pas rentré dans sa tête mais dans son film... quand à mes croyances, à par le respect elles sont plutôt limités

  • sven

    13/02/2007 à 10h49

    Répondre

    et bien tu as bien de la chance en tout cas d'être arrivé à rentrer dans ce film, tu ne t'es pas ennuyé pendant 3heures comme moi...

  • Wax

    13/02/2007 à 11h04

    Répondre

    sven a dit :
    c'est exactement ce que je pense: Lynch a fait un film pour LUI, et les rares personnes qui arrivent à rentrer dans sa tête...


    Je connais peu d'artistes qui produisent d'abord pour le public et non pour eux même. Et ceux qui le font sont taxés de mercantilisme... (parfois à juste titre)
    Selon moi le processus de création artistique est fondamentalement égoïste.

  • hiddenplace

    13/02/2007 à 18h49

    Répondre

    +1 Wax

    Je n'ai pas bcp de films de Lynch à mon actif, mais le peu que j'ai vus étaient compréhensibles ([i]Sailor et Lula, Blue Velvet et Elephantman, et le début de Lost highway qu'il faudrait que je finisse un de ces 4 même si on m'a dit qu'effectivement je n'allais rien comprendre^^... ah oui, et y a aussi Dune, mais à ce qui paraît il faut lire les livres d'Herbert pour comprendre^^), et David Lynch ne fait pas exception à la règle des gens qui font des films personnels avant d'être des films pour faire plaisir au public.
    C'est juste que son univers personnel est un peu tordu , il suffit peut-être tout simplement d'avoir l'esprit un peu tordu pour y entrer.
    Après tout, la plupart des surréalistes (ciné, art et littérature) livraient des trucs (presque) directement sortis de leur inconscient ou de leurs rêves, et c'est pas pour ça qu'on comprenait tout ce qu'ils faisaient. Et pourtant on a crié au génie pour Dalì et Bunuel par exemple, alors que bon, y a pas mal de choses (tout?) très hermétiques dans ce qu'ils font.

    Je n'ai pas du tout le temps d'aller au ciné, là, mais vous me donnez presqu'envie d'aller voir Inland Empire[/i], tiens

  • sven

    13/02/2007 à 23h06

    Répondre

    moi je conseille aux gens qui me prennent pour un "critique terre-à-terre qui n'a rien compris alors que c'est évident" d'y aller...
    on en reparle après

  • hiddenplace

    14/02/2007 à 00h07

    Répondre

    Je ne sais pas de qui tu parles quand tu dis ça (je suis peut-être parano^^), mais je n'ai pas dit qu'il était évident de rentrer dans l'univers de Lynch et de le comprendre. (sauf pour les plus classiques comme Sailor et Lula ou Elephantman par exemple)

    Cela dit, effectivement je n'ai pas vu ce film-là encore, et je n'ai pas dit que je serais moi-même capable d'en capter les subtilités
    Mais qui a dit qu'il fallait absolument *capter* qqch pour entrer dans le film?

  • sven

    14/02/2007 à 00h21

    Répondre

    je suis tout à fait d'accord avec ça
    je suis fan inconditionnel de Donnie Darko, et je n'ai toujours pas tout compris (vu 4 ou 5 fois)
    de même pour Mulholland Drive (vu 2 fois)

    mais pour celui-ci, c'est, à mon sens, bien différent...
    pas un problême de complexité, ni de scénario (vu que je pense qu'il n'y en a pas réellement ), ni même d'univers (j'aime bien l'univers et les principes du cinéma Lynchien, même si je n'ai pas vu, et loin de là, tous ses films...)
    mais ici, j'ai l'impression qu'il a fait un film pour LUI (je le répète) sans même se demander si son film était abordable pour d'autres gens que lui...
    et je trouve ça dommage...

    après, si les gens qui n'ont pas vu le film ne comprennent pas ce que je veux dire, je vous conseille vraiment d'y aller (et je vous souhaite bien du courage! )
    et après, vous me direz ce que vous en pensez

  • Henry Letham

    14/02/2007 à 01h50

    Répondre

    Bah perso je l'ai vu et je réabonde dans le sens de Wax : il l'a fait effectivement certainement pour lui en premier lieu... comme tous ses films, et comme nombres d'autres artistes le font...
    Après je conçois aussi que son approche ici est plus "radicale", morcelée que pour d'autres films, mais les commentaires sont les mêmes : "bah je comprend rien", "ya pas de scénario", "c'est de la branlette d'intellectuels", ... exactement ce que certains considèrent de Lost Hightway, MD, Donnie Darko, etc...
    Et pour finir :

    et bien tu as bien de la chance en tout cas d'être arrivé à rentrer dans ce film, tu ne t'es pas ennuyé pendant 3heures comme moi..

    => Bah le pire (de ton point de vue) c'est que j'ai personnellement rarement vu passer 3h au ciné aussi vite du coup... j'en suis désolé

  • Wax

    14/02/2007 à 10h48

    Répondre

    sven a dit :

    mais ici, j'ai l'impression qu'il a fait un film pour LUI (je le répète) sans même se demander si son film était abordable pour d'autres gens que lui...
    et je trouve ça dommage...


    Mais tant mieux s'il a fait le film pour lui sans se demander si le public suivrait. Il y a des oeuvres qui transcendent la simple idée de sens, qui parlent à autre chose que la raison et l'intellect. Je suis loin d'avoir tout pigé à la dernière demi heure de [i]2001 malgré des visions répétées et pourtant je trouve ça génial de bout en bout. Je suis incapable de t'expliquer rationellement ce que Dali veut dire dans ses tableaux il n'empêche qu'ils me fascinent.

    Lynch s'exprime d'une façon qui lui est propre, ça parlera à certains et pas à d'autre. Ce n'est pas un jugement de valeur (= sven, c'est pas parce que tu trouves ça chiant que tu es un crétin qui comprend rien au cinéma)

    En tous les cas j'ai de plus en plus hate de le voir cet Inland Empire[/i], pour le meilleur ou pour le pire!

  • sven

    14/02/2007 à 15h26

    Répondre

    bon courage

    et je suis pas contre des explications en spoilers si jamais vous comprenez le film, hein...
    (même si ça ne changera surement pas ma vision des choses)

  • nazonfly

    20/02/2007 à 22h31

    Répondre

    Je reviens à l'instant de Inland Empire. Et j'ai tout bonnement adoré.
    J'ai trouvé le film largement plus compréhensible que Mulholland Drive, jusqu'à un ultime dénouement qui a chamboulé toutes mes pauvres croyances élaborées sur peu de choses.
    Alors oui on ne comprend rien, mais rien du tout. C'est typique du Lynch de Eraserhead ou de Mulholland justement. On sent encore plus qu'on peut décrypter ce film. Mais, à la réflexion, je me demande pourquoi il faudrait comprendre un film pour l'apprécier; et je ne suis pas sûr que Lynch ait voulu quelque chose qui soit compréhensible (apparemment il écrivait le scénario au jour le jour; même le nom d'Inland Empire lui est venu en cours de route...).
    Alors, du coup, qu'est-ce que j'ai aimé dans ce film? Les acteurs tout d'abord. Ils sont sublimes, Laura Dern en tête. La musique aussi porte magnifiquement le film tour à tour forte et douce. Mais surtout les scènes, pourtant quasiment déconnectées les unes des autres, sont à chaque fois superbes. On est à la limite d'un film de courts métrages, chaque court portant sa force et sa puissance. La terreur latente que décrit Vincent est une très grande réussite et tient le spectateur en haleine (en tout cas, moi au moins) pendant ces 3 heures qu'on ne voit pas passer! Ces scènes de terreur m'ont fait penser à Blair Witch Project.
    Bref j'ai rien compris, mais le talent de Lynch m'a embarqué comme rarement lors des derniers films que j'ai vus.

  • sven

    21/02/2007 à 22h44

    Répondre

    donc il n'y a rien à comprendre, juste à aimer, ce serait ça, le truc?
    bon, ben c'est plus simple que je pensais alors, j'ai juste pas aimé

    ça me va aussi, comme explication, remarque...

  • Vincent.L

    24/02/2007 à 12h02

    Répondre

    Dire que la musique n'est pas bien, je trouve ça étrange. Lynch a fait du Angelo, sans lui et largement aussi bien. Les chansons de Lynch sont superbes et espéront que la BO va enfin arriver. Il ne faut pas non plus oublier que pour les précédents films les 2 potes travaillaient ensemble, Lynch conseillant amplement Angelo.

    En passant, pour ceux qui voudraient comprendre MD, je conseille le docu de Canal "Retour à MD", qui donne toutes les clefs d'un chef-d'oeuvre.

    Pour IE, je doute qu'on puisse en faire autant. En tout cas, rassembler 3 heures de puzzle paraît monstrueux. Premier élément pour commencer : regarder l'intégralité des courts métrages RABBITS, très longs et chiants pour le coup mais incroyablement perturbant, surtout après IE. Sinon, il est fort probable que IE ait une explication. Une explication d'ailleur proche de celle de MD, tant il y a de similitudes.

  • Meow

    15/05/2007 à 22h01

    Répondre

    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me se fait ch***...
    /me s'est fait ch***...
    ...et ce pendant presque les 2/3 du film.


    C'était aussi intéressant que l'ensemble de mes commentaires sur Kri.

  • Anonyme

    16/05/2007 à 02h47

    Répondre

    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    /me est embarqué dans le film
    ...et ce pendant les 20/20 du film.

    C'était la cloture de l'interlude "vive le fond",
    sponsorisé par le groupe Tokyo Hotel.

  • Anonyme

    27/06/2008 à 12h32

    Répondre

    Ce film est aussi envoûtant et magnifique que le précédent : MULHOLLAND DRIVE.

  • Anonyme

    25/08/2008 à 23h40

    Répondre

    Il parle de l'interdépendance de nous, pauvres humains et de nos réincarnations.  Il parle de la sidération devant la réalité crue et de tout ce que le commun nie d'ordinaire.  Il montre la vérité.  C'est débile de parler d'hallucinations, il montre juste comment l'inconscient de quelqu'un qui est vrai et aime (ce que devrait être un véritable acteur sans être passé par les traumatismes les plus courants et inhibiteurs.) modèle son quotidien.  Dans la sanité de l'esprit ou sa corruption par tous les moyens habituels :  drogues, manipulation, amour?, fin des illusions, espoir.  Rien de bien énigmatique là dedans si l'on prend la peine de se souvenir de ses émotions ou de ses rêves.  Cela dit il est bien plus pudique car il emploie des acteurs véritablement doués plutôt que d'être reporter de guerre ou de monter les images du monde pour le journal télévision.  Il réconcilie Hollywood et nos voisins de palliers.  Mais ça fait chier qu'on fasse peur avec les pays de l'est, je cherche tjs s'il y a une carte avec écrit "elite" dessus, quelqu'un en aurait vu une sur son écran géant?  Si oui, c'es tpas moi qui l'ai perdue hihi.  Juste pour savoir;;

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