7.5/10

Indigènes

Il faut sauver le soldat Jamel

Il y a des humoristes qui ne feront rien de leur carrière et passeront leur temps à montrer leur paire de fesses en vomissant à tout va tout en expliquant à qui veut l'entendre et qui ne veut pas que le premier degré peut être très drôle quand on y met les moyens (vomi + fesses, donc) ; et il y a les autres. Jamel Debbouze, indéniablement, appartient à la seconde catégorie, comme il avait pu commencer à l'affirmer avec le mitigé Angel-A de Luc Besson. Rachid Bouchareb, convaincu bien avant l'heure, lui confie la chance qu'il espérait certainement pour percer dans un autre registre que la bouffonnerie, rassemblant du même un panel de comédiens qui n'attendait que ça, eux aussi : Samy Naceri, Roschdy Zem, et Sami Bouajila.

1943. Vaincue, occupée, la France se tourne vers son empire colonial, et reconstitue son armée en Afrique. Le Caporal Abdlekader (Sami Bouajila), Saïd (Jamel Debbouze), Messaoud (Roschdy Zem), Yassir (Samy nacéri), et 130.000 autres « indigènes » se portent volontaires pour libérer la France et défendre la liberté contre l'oppression du nazisme...


En 1944, débarquaient sur les côtes normandes les bataillons alliés venus d'Amérique pour libérer la France sous occupation allemande, pendant que la résistance française s'amplifiait et combattait l'ennemi de l'intérieur. Ces deux actions conjuguées, associées à l'offensive soviétique sur le front Est, permirent aux français de retrouver leur liberté et leur dignité. Cette histoire, l'Histoire, est celle enseignée dans tous les manuels scolaires.
Pourtant, si l'Histoire s'appuie exclusivement sur des faits historiques vérifiés, elle n'en demeure pas moins incomplète. En 1944, un autre débarquement moins célèbre s'effectue au sud de la France, constitué de volontaires provenant de l'Afrique du Nord, faisant suite à une série d'âpres victoires obtenues en Tunisie, en Italie, et en Sicile.


Le débarquement allié disposait de son film depuis 1998 (Il faut sauver le soldat Ryan), Rachid Bouchareb offre au septième art le juste retour à ces hommes courageux venus défendre leur mère patrie, une terre qu'ils chérissaient et qu'ils n'avaient pourtant jamais foulé. Ces deux films, à bien y regarder, ne sont pas si éloignés l'un de l'autre, chacun démarrant sur une bataille sanglante et s'achevant dans un cimetière dédié à la mémoire des combattants. Et si la guerre en est le nerf principal, elle est retranscrite à partir de quelques destinées valeureuses, campées ici par Bouajila, Debbouze, Naceri et Zem. Si les ambitions, le point de vue, et les moyens mis en oeuvre diffèrent, le côté humain prend définitivement le pas sur le côté spectaculaire.
En cela, Indigènes est à la fois une leçon d'histoire, et un drame fictionnel. Tout au long des deux heures qu'il s'accapare, le film aborde différents thèmes centrés sur la différence, le rejet, et l'abnégation. Il prend aux tripes quand il parle d'inégalité, chatouille les cordes sensibles quand il montre le maigre retour que ces soldats obtiennent en récompense de leur bravoure et de leur dévouement. L'injustice prend des proportions faramineuses lorsque l'on s'aperçoit à quel point son absence fait défaut dans l'Histoire de France. Car si ces hommes trouvaient leurs origines au-delà de la méditerranée, ils font partie intégrante du passé de la France.


Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, et Samy Naceri, ont obtenu le prix d'interprétation masculine pour leur participation au film. Un juste retour des choses pour la composition sans faille, bien qu'un peu stéréotypée, qu'ils offrirent au film de Rachid Bouchareb. Le réalisateur, lui, signe son oeuvre la plus aboutie, la plus mordante. La mise en scène est sans faute, quoique classique, le rythme ne décélère presque jamais, la reconstitution est palpable. Un film français comme on aimerait en voir plus souvent.

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Severance

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10 commentaires

  • etioun

    30/09/2006 à 14h13

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    Ou comment me donner envie d'aller un voir un film qui ne m'attirai pas...

  • Rick J.

    30/09/2006 à 14h39

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    Ah ah ah j'y vais dimanche mais j'ai toujours pas envie de le voir... comme quoi...

  • raidenjeff

    04/10/2006 à 23h02

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    sobre plagia de la fabuleuse mise en scène de [b]Spielberg, initiée dans Saving Private Ryan, puis approfondie dans la série frères d'armes.

    La photo, les plans ne sont que copillage. Une belle histoire et de bons personnages mais qui aurait mérité une réalisation plus créative. Bref, pour l'originalité, vous repasserez demain, quand Mister Steve Spielberg[/b] aura fait un nouveau film de guerre.

  • roger-le-routier

    09/11/2006 à 11h36

    Répondre

    raidenjeff a dit :
    sobre plagia de la fabuleuse mise en scène de Spielberg, initiée dans Saving Private Ryan, puis approfondie dans la série frères d'armes...La photo, les plans ne sont que copillage..


    J'ai rarement autant rit que ce matin en lisant ta "critique" raidenjeff. Indigènes s'adresse aux gens qui ont du coeur, en incitant la France à un travail de mémoire envers des combattant de la liberté oubliés par les livres d'histoire.

    Là ou Spielberg proposait une fiction au scénario totalement improbable - ceci dit en passant - Rachid Bouchareb dépeint la réalité d'un conflit et des hommes qui l'ont vécu, lui.

    Son film est très documenté, chacun des problèmes qu'il évoque ayant été corroboré par des archives et / ou des survivants. Il dénonce également au passage certaines injustices (pensions et carrières militaires inégales selon la couleur des combattants, enterrement des musulmans morts dans des zones différentes dans les cimetières militaires entre autres) là ou le "Mister" que tu évoquais ne produit qu'un énième film de guerre américains ventant les mérites de la camaraderie militaire, à grands renforts d'effets spéciaux et de morale parfois douteuse (du genre n'hésitez jamais à tuer un ennemi lorsque vous le faîtes prisonnier car sinon, c'est lui qui vous abattra après).

    La prochaine fois que tu iras au cinéma pour voir un film de guerre, je te conseil plutôt les vandamme, seagal et autres chuks norris, l'action que tu recherches y sera en effet certainement plus présente.

  • kou4k

    09/11/2006 à 18h52

    Répondre

    une bonne surprise pour ma part.
    Non pas que je sois interessé par le message, mais la qualité générale est loin d'être mauvaise et le film bien regardable.

  • raidenjeff

    10/11/2006 à 04h15

    Répondre

    J'ai rarement autant rit que ce matin en lisant ta "critique" raidenjeff. Indigènes s'adresse aux gens qui ont du coeur, en incitant la France à un travail de mémoire envers des combattant de la liberté oubliés par les livres d'histoire.

    Là ou Spielberg proposait une fiction au scénario totalement improbable - ceci dit en passant - Rachid Bouchareb dépeint la réalité d'un conflit et des hommes qui l'ont vécu, lui.

    Son film est très documenté, chacun des problèmes qu'il évoque ayant été corroboré par des archives et / ou des survivants. Il dénonce également au passage certaines injustices (pensions et carrières militaires inégales selon la couleur des combattants, enterrement des musulmans morts dans des zones différentes dans les cimetières militaires entre autres) là ou le "Mister" que tu évoquais ne produit qu'un énième film de guerre américains ventant les mérites de la camaraderie militaire, à grands renforts d'effets spéciaux et de morale parfois douteuse (du genre n'hésitez jamais à tuer un ennemi lorsque vous le faîtes prisonnier car sinon, c'est lui qui vous abattra après).

    La prochaine fois que tu iras au cinéma pour voir un film de guerre, je te conseil plutôt les vandamme, seagal et autres chuks norris, l'action que tu recherches y sera en effet certainement plus présente.



    Si tu as aimé "indigènes" c'est très bien pour toi. Désolé si j'pars hors-sujet
    mais j'pense que tu vas un peu vite en descendant Spielberg comme tu le fais. Déjà Saving private ryan est inspiré d'une histoire vraie, j'vois pas ce qu'il y a d'improbable la dedans (?).
    C'est avant tout une ode à la fraternité en temps de Guerre. De plus, il n'est plus à démontrer que Spielberg maîtrise le sujet et l'outil cinéma avec un talent hors-norme. Grâce à cette maitrise, il créait des concepts, il nous fait percevoir des émotions qui valent parfois mieux qu'un long discours: l'intensité du combat, la peur de mourir. Comprends tu toute l'essence de sa mise en scène? J'te rassure, Saving private ryan est un vrai film de guerre, au même titre qu'Apocalypse Now ou même le jour le plus long. (ça n'a rien à voir avec vandamme (mon dieu...ce qu'il ne faut pas entendre))

    Je pense simplement qu'Indigènes est une grosse arnaque, et c'est mon avis bien que je conçois que ça puisse plaire. Pour le travail de mémoire, j'irais lire un bouquin plutôt que de rester passivement devant un film qui plagie sans vergogne et avec prétention.

  • roger-le-routier

    13/11/2006 à 12h07

    Répondre

    raidenjeff a dit :
    Déjà Saving private ryan est inspiré d'une histoire vraie, j'vois pas ce qu'il y a d'improbable la dedans (?).

    Je n'ai pas envie de faire mon troll et de partir en polémiques inutiles. Spielberg a effectivement dit en son temps que son film s'appuyait sur une histoire vraie, et les historiens ont tous beaucoups rient avant de lui demander d'en apporter la preuve. Aux dernières nouvelles, ils attendent toujours...

    Si tu ne vois pas ce qu'il y a d'hautement improbable à l'histoire, je vais te guider : pourquoi un état major risquerait la vie d'une compagnie de 10 hommes pour celle d'un seul modeste trouffion non détenteurs d'informations capitales ? Parcequ'il a perdu tous ses frères ? A bon, dans ce cas suite à l'opération d'Omaha Beach, beaucoup de Gi's ont du parcourir les routes de France pour de telles missions plutôt que de s'occuper du moustachu et de son copain italien alors...

    raidenjeff a dit :

    plutôt que de rester passivement devant un film qui plagie sans vergogne et avec prétention.


    C'est précisemment ce passage de ton intervention qui m'a le plus agacé. Pourra-t-on un jour tourner un film de guerre sans que tu n'y vois un plagiat d'un autre ? Soyons clair, je ne suis pas anti Spilelberg, mais il n'a pas non plus le monopole du talent.

    Bien d'autres films ont été tournés sur le sujet avant lui (on peut penser à Coppola certes, mais aussi à Kubrik par 2 fois, Oliver Stone, Dalton Trumbo, Andrew Marton, Franklin J. Schaffner, Michael Anderson, plus récemment Christian Carion ... et bien d'autres encore) et avec autant de recul que toi, on pourrait également accuser Spielberg de les avoir plagiés "sans vergogne et avec prétention".

    Ton attaque est d'autant plus mal placée que les films de Bouchareb et de Spielberg n'ont rien à voir dans leur concept. Là où l'Américain faisait, avec talent, un film grand spectacle plutôt réussi - au réserves émises plus haut près - Bouchareb fait un travail de mémoire auprès d'un pays qui a attendu 60 ans pour reconnaître les faits évoqués. Si tu n'y vois aucun mérite, reconnais au moins que Spielberg n'a pas eu de soucis pour faire financer son film, lui...

  • kou4k

    13/11/2006 à 18h14

    Répondre

    Je dois bien avouer que je pencherai du coté de Mister routier(bienvenue).


    mais ce n'est qu'un avis sur la question...
    je t'aime bien quand même, hein, raiden...

  • raidenjeff

    14/11/2006 à 08h51

    Répondre

    kou4k, a chacun son opinion

    Roger le routier, j'vais pas reprendre ton post ligne par ligne parce que j'ai la flemme. Toujours la même rangaine à chaque fois qu'on poste une critique négative sur un truc, et ça n'en finit plus.

    J'vais juste te rappeler que Stone, Kubrick tout comme Spielberg sont des réalisateurs dotés d'une vraie identité artistique reconnaissable entre mille même s'ils n'ont pas inventé les bases du film de guerre. Ils ont tous une manière spéciale de traiter les sujets, d'exposer les faits, les idées, c'est du grand Art. Au delà du budget, ils "inventent" ce qu'on peut appeler une sorte de concept cinématographique, sans pour autant se délecter du travail de mémoire.

    Par respect, ne les comparons pas à "Bouchareb" et je suis sur que tu en conviendra, qui au delà du travail du mémoire (ça ne fait pas tout selon moi) puise le reste sans trop se fouler chez Spielberg. C'est pourtant flagrant. Les puristes t'affirmeront même que certains passages d'indigènes sont piqués au plan près. L'avantage c'est que ça en a fait rire beaucoup. Pour ma part, j'étais consterné.

    Ma fois, tant mieux si tu as aimé, c'est très bien. Moi j'ai détesté, désolé. Merci quand même d'avoir pris la peine de m'exposer ton point de vue et excuse moi de t'avoir agacé

  • cactus07

    26/11/2006 à 15h21

    Répondre

    bon,ben,je vais me faire descendre moi aussi...
    C'est pas que j'ai pas aimé.Je me suis tout simplement ennuyée devant le film.Je ne sais pas vraiment ce qui m'a empechée d'accrocher,mais j'ai passé la séance à bailler.J'ai rien d'autre à dire...

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