9/10

Identity

Je me suis fait eu...

Nous avions réellement croisé la route de James Mangold en 1997, pour son deuxième film où il s'offrait déjà le luxe de mettre en scène Sylvester Stallone, Robert de Niro et Harvey Keitel. Rien que ça. Un casting de rêve pour un film qui s'y prêtait : Copland, thriller noir et diablement efficace. Après une petite incursion dans la comédie, nous retrouvons le réalisateur, revenu à ses premiers amours. D'Identity, on ne sait finalement pas grand chose, et c'est tant mieux.

Ils sont dix, bloqués en plein orage. Dans ce motel perdu où ils n'espéraient rien d'autre que le gîte et le couvert, ils deviendront la proie d'un insaisissable tueur...
Considérez ceci comme un résumé sommaire d'Identity. De toute façon, vous n'en saurez pas plus, le moindre mot de trop serait un sabotage pur et simple de ce film extraordinaire qui restera pour moi l'une des bonnes surprises du box office actuel. Revers de la médaille : la critique sera courte. Mais y a-t-il besoin d'en faire des tonnes ?

Ah, James Mangold cache bien son jeu. Sous nos yeux ébahis, ce qui commence tel un slasher de seconde zone, tout en grosses ficelles et clichés grotesques, devient de fil en aiguille un film ambigü, noir, frisant le fantastique. Faux huis-clos dans un motel sinistre, Identity s'installe tranquillement, explorant ici et là quelques pistes qui n'en seront que mieux brouillées, étourdissant son spectateur sous une ambiance étrange et quelques scènes de meurtres d'une violence inattendue. Peu à peu, la mauvaise série B casse ses propres codes, met le doute, apporte moultes questions et bien peu de réponses jusqu'au final hallucinant dont le coup de théatre en clouera plus d'un dans son fauteuil.

Il y a du Seven dans Identity, du Psychose également. On pense également, hâtivement, aux oeuvres de M. Night Shyamalan, maniant suspense et effets de manches. De subtiles références astucieusement disséminées pour un film original et fascinant. Ambiance, retournements, alternance de genres... et d'excellents acteurs. Ray Liotta, inquiétant à souhait. John Cusack, superbe dans sa prestation désabusée. Amanda Peet parfaite en prostituée pleine de rêves. Des personnages monstrueusement humains, qui livrés à eux-mêmes pètent les plombs, se déchirent, se méfient. Parfaitement à l'aise, James Mangold enrobe le tout d'une réalisation sans faille, ponctuée de quelques effets bienvenus. A ce niveau-là, le début du film, monté comme un puzzle, mérite à lui seul le détour.

Allez voir ce film et faites-vous surprendre. On sort de la salle heureux, heureux de s'être fait berner. Shyamalan vacille sur son piédestal, déjà ébranlé par un Signes un peu faiblard. S'il vient à dégringoler, il y a fort à parier que Mangold ne sera pas loin pour lui souffler la place...

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2 commentaires

  • gyzmo

    03/02/2010 à 16h10

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    "on sent bien que c'est la reprise classique du film d'horreur..."


    Tu entends quoi par cela ? Identity est un Thriller psychologique  efficace et bien foutu qui n'a rien à voir avec le genre Horreur. même si son traitement original est à la limite des codes du Fantastique, façon Psychose (mais en plus torturé et mieux écrit, je trouve). Très bon casting, et un p'tain de bon suspens  tenu jusqu'à la fin, soit dit en passant.

  • gyzmo

    03/02/2010 à 16h26

    Répondre

    Ah, je crois savoir pourquoi tu parles du genre Horreur : à la manière d'un Antre de la Folie (sans gore et tutti quenti), Identity rappelle assez les univers de Stephen King - et les adaptations ciné plus ou moins réussies (du genre Secret Window ou la Part des Ténèbres...).

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