7.5/10

Host (The)

L'horrible invité

Sur un air de musique classique, des images au ralenti montrent une ville apparemment paisible, située au bord d'une rivière. Une ville qui se voit violemment perturbée par l'intrusion d'un monstre à l'allure incertaine. C'est ainsi que la bande annonce de The Host tenait le spectateur en haleine avant sa sortie. En quelques minutes, tout y était : de l'émotion, du second degré et une bonne dose d'improbable. Un cocktail décapant que l'on retrouve pendant les deux heures de ce film atypique sud-coréen.

Une balade entre les genres


A mi-chemin entre le film de monstre, l'horreur, le comique et le drame familial, The Host se balade avec une facilité déconcertante. Les relations de la famille Park sont touchantes, notamment grâce à des visages décomposés par la désorientation de l'enlèvement de la petite Hyun-seo (Ah-sung Ko). Alors que cela pourrait paraître surfait, la solidarité familiale dégage ici une force étonnante, qui trouve son point d'orgue dans la profondeur de la relation père-fille. Si le film ne tombe jamais dans les larmoiements, c'est grâce à un second degré fait souvent son apparition sans prévenir. Dans ces instants, le réalisateur Joon-ho Bong s'amuse à ridiculiser ses personnages principaux, faisant d'eux de parfaits anti-héros. Dès lors, ils deviennent rigolos, délirants, voire même hilarants. En tête, le père Gang-du (Kang-ho Song) est un gag à répétition avec son attitude en décalage permanent.


Dès les premières minutes, la monstruosité dégénérée fait une entrée fracassante. Montrée en plein jour, on nous fait clairement comprendre que l'intérêt du film ne réside en aucun cas dans de potentiels mystères autour d'elle. Son rendu visuel, particulièrement fluide et complexe, procure d'intenses satisfactions à chacune de ses apparitions. Oui la bête mutante est réussie, trouvant le juste milieu entre le grotesque, le répugnant et le dangereux. Toutes les scènes qui la font apparaître sont donc des moments forts, souvent mis en valeur par de judicieux et somptueux ralentis. Avec ce procédé aujourd'hui bien connu, Joon-ho Bong procure autant de tensions que de beautés graphiques. La scène de destruction finale constitue ainsi une grande leçon de réalisation.

En continuant sa perpétuelle alternance de genres, le long métrage en profite pour offrir des manipulations psychologiques perturbantes et un tableau simple et précis de la machine médiatique. Le tout accompagné d'une musique à propos, The Host se regarde avec un esprit ouvert, qui saura trouver dans ce film les multiples entrées qu'il propose.

A découvrir

Saw III

Partager cet article
A voir

Coeurs

A propos de l'auteur

15 commentaires

  • kou4k

    28/11/2006 à 12h47

    Répondre

    Tu m'as convaincu, j'avais entendu parler du mélange habile des genres et j'attendais une critique de krikri .

    Bon ben va falloir que je perce mon emploi du temps...parceque ca manque de trous

  • hiddenplace

    28/11/2006 à 21h03

    Répondre

    Si tu n'avais pas dit ceci:

    En continuant sa perpétuelle alternance de genres, le long métrage en profite pour offrir des moments de violence explicite, des manipulations psychologiques perturbantes

    l'hésitation m'habiterait moins (ben oui, je tiens encore à dormir la nuit^^)

    J'ai vu la bande annonce sans savoir au début que c'en était une (la musique sereine et harmonieuse et le gros plan sur le visage lisse de la jeune fille coréenne faisaient d'abord penser à une pub de téléphone portable ou de lecteur MP3^^)... jusqu'à ce que brutalement des scènes d'extrême violence viennent troubler cette quiétude ambiante
    Ca m'a alors fait penser à un mélange de Godzilla et de X files, mais la seule forme de la bande annonce même m'a bien intriguée (c'est tout ce que je demande à une bande annonce, et non pas de me raconter l'histoire avec toutes les scènes clefs...)

    Comme Kou4k, va juste manquer le temps, sinon ça m'aurait peut-être tentée (histoire d'exorciser un peu mes craintes des grosses bébêtes )

  • weirdkorn

    28/11/2006 à 21h18

    Répondre

    T'inquiètes, ça fait pas du tout peur. Et puis la violence, bah, y en a pas beaucoup...

  • Anonyme

    29/11/2006 à 16h15

    Répondre

    Ben pour ceux qui ont vu son premier film, ça donne vraiment envie de voir celui la.

    C'est Memories of murder et ça décrit l'enquête de deux flics sur un serial killer, une approche réaliste et un portrait plutôt pessimiste de la société, un film dramatique et vraiment bien fait, surtout que c'est inspiré d'une historie vraie !!!

    voila, j'ai fait mon petit publicitaire.

  • kou4k

    29/11/2006 à 18h37

    Répondre

    C'est Memories of murder et ça décrit l'enquête de deux flics sur un serial killer, une approche réaliste et un portrait plutôt pessimiste de la société, un film dramatique et vraiment bien fait, surtout que c'est inspiré d'une historie vraie !!!


    Et ca se passe dans la campagne, c'est ca? très bon film et vraiment réaliste... surtout la fin, écoeurante(pas dans le sens "dégoutante"...

  • Anonyme

    29/11/2006 à 23h03

    Répondre

    kou4k a dit :
    C'est Memories of murder et ça décrit l'enquête de deux flics sur un serial killer, une approche réaliste et un portrait plutôt pessimiste de la société, un film dramatique et vraiment bien fait, surtout que c'est inspiré d'une historie vraie !!!


    Et ca se passe dans la campagne, c'est ca? très bon film et vraiment réaliste... surtout la fin, écoeurante(pas dans le sens "dégoutante"...


    Disons que c'est pas une grande ville mais campagne, faut pas exagérer

  • kou4k

    29/11/2006 à 23h16

    Répondre

    bah... c'est entouré de champs, pour moi c'est la campagne...
    Et pis, sorti de la banlieue parisienne, c'est partout la campagne.

  • Anonyme

    30/11/2006 à 08h42

    Répondre

    kou4k a dit :
    bah... c'est entouré de champs, pour moi c'est la campagne...
    Et pis, sorti de la banlieue parisienne, c'est partout la campagne.




    Oui dis le plutôt comme ça (quel snobisme tssss )


  • Garf

    30/11/2006 à 12h54

    Répondre

    On a là indéniablement l'un des meilleurs films de monstres jamais réalisé! Mieux que le King Kong de Jackson ( oui!!!! ).
    The Host est un film complètement exalté et poétique! En un mot: Monstrueux!!!!!!!!!

  • Anonyme

    07/12/2006 à 15h22

    Répondre

    Après Memories of Murder, on peut affirmer aisément quon attendait beaucoup du nouveau film de Joon-ho Bong, car non seulement son dernier film nous avaient laissé sur le carreau mais la bande annonce présageait un film au style bien trempé.

    Pourtant, le sujet du film na rien doriginal car il nest ni plus ni moins en apparence quun hommage au film de monstre, qui démarre par les origines de son existence, une scène montrant un américain forçant un homme à jeter des déchets dans la mer et quelques années plus tard, deux pécheurs trouvent une bestiole bizarre quils perdent de vue. Des que le film démarre à notre époque, il se permet une poignée de minutes pour décrire rapidement nos personnages et lâche le monstre sur lécran, ou plutôt sur une plage fréquenté par des touristes et des gens de la ville, une scène qui réussit à accumuler tout les émotions possibles, du rire au pleurs, des pleurs à la chair de poule, Le réalisateur jongle avec aisance et balance notre cur dans tout les sens jusquà la scène qui sera le point de pivot du film, lenlèvement dune fille.

    Cette fille qui est la dernière dune famille un peu déjanté ou la relation maritale parait condamné vu quon y voit pas de mère, va être recherchée par son père, son grand père, son oncle et sa tante qui saccrocheront à se désir même dans leurs derniers souffles.
    En partant dun sujet pourtant très simple, Bong Développe un récit de manière tellement évidente et humaine qui son film de monstre prend des allures de constat social.
    Un peu à la manière de memories of murder, il nhésite pas à multiplier les scènes exposant les personnages dans leur faiblesses et leur forces, nous intégrant à leur combats et à leur peines.

    Sur ce point, Bong réussit sur tout les niveaux, les actes et les dialogues sont toujours touchants, lhumour et souvent cruel mais la crédibilité du propos jamais désamorcée.

    Mais Bong ne focalise pas uniquement sur ce groupe, il profite du matériau du sujet et létoffe déléments politiques et écologiques qui ne sont certes pas très subtils sur la forme mais dont la sincérité est indiscutable. On remarquera aussi les multiples clins dil plus ou moins discrets sur des faits réellement produits qui accentuent le but de la démarche si bien que ce son simple film de monstre passe du statut de film daction à une uvre poétique et humaine ou le contexte social est mis en avant grâce à une description personnelle appliquée ou la réalisation est soigné nous infligeant parfois des scènes vraiment poignante ou le monstre nest finalement quun prétexte.

    Un monstre qui participe à la réussite de The Host, son allure familière et répugnante symbolise à elle seule le message écologique et sa présence à lécran est suffisante pour en faire un personnage à part entière.
    Pourtant, on ne sait rien de ses motivations si ce nest quil salimente comme il peut et quil est un peu perdu dans cette ville et la moindre attaque provoque en lui une panique incontrôlable et souligne son comportement imprévisible.
    On peut reprocher une certaine perfectibilité dans les effets spéciaux mais le film ne tentant jamais la surenchère, on oublie vite que certains procédés nuisent à la qualité même si parfois, cela se ressent un peu trop (la scène finale) mais la nest pas le but de Bong

    Le réal ne tente jamais de justifier ses actes ni dexpliquer sa méthodologie et cest dailleurs un point fort du film, le spectateur autant que les personnages nont aucune informations sur cet être, toutes questions restent en suspend et personne ne sait vraiment doù il vient, cette démarche amplifie une fois encore leffet de réalisme qui parcours le film.

    Pour son nouveau film, Bong réussit donc le tour de force de mélanger les genres et les sujets sans jamais séloigner de son pitch de départ, une chose tellement rare quelle mérite dêtre signaler, faisant de the host, un des rares films du genre à ne pas prendre son spectateur pour un simple mangeur de pop corn et à ne pas oublier quon peut raconter plusieurs histoires dans un film tout en restant cohérant, preuve que le cinéma asiatique a un train davance sur les autres sur plusieurs points, ce nest pas la première fois quon le remarque et ça ne sera sûrement pas la dernière et Bong est devenu depuis un réalisateur à suivre.

  • Cineman

    08/12/2006 à 22h28

    Répondre

    Très bonne analyse krisss je suis tout à fait d'accord avec toi

    Je n'ai pas grand chose à dire de plus , Joon-ho Bong met une claque à bon nombre de films de monstres comme godzilla et son patriotisme à deux balles . Ici tout se passe en sobriété , avec des personnages charismatiques , qui pour une fois paraissent tout à fait crédibles dans leur démarche et même touchants .
    On arrive dans un même film à rire , à angoisser , à être émue par une relation familiale très bien traitée , émerveillé devant l'esthétisme de certaines scènes ... et surtout on en redemande , chapeau !!!

  • Meow

    08/12/2006 à 22h50

    Répondre

    Quelque peu déçu par ce film... je m'attendais à quelque chose de plus... subtil. Le Memories of murder du même réalisateur a été une bien plus belle (enfin façon de parler, "glauque" serait plus approprié) découverte que The host.
    La photographie est belle, les personnages sont touchants et crédibles, l'ambiance générale est dépaysante (quoique....), un monstre bien modélisé... plein de bons ingrédients pour une sauce qui ne prend pas, ou si peu.
    Trop décalé pour rester cohérent, on saute du coq à l'âne sans transition, le scénario prétexte ne tient pas la route, même au 36ème degré. Les scènes se succèdent avec autant de tact que les rubriques d'un catalogue de la Redoute. C'est dommage, il y avait pourtant du potentiel.

  • Anonyme

    09/12/2006 à 03h13

    Répondre

    Meow a dit :
    Quelque peu déçu par ce film... je m'attendais à quelque chose de plus... subtil. Le Memories of murder du même réalisateur a été une bien plus belle (enfin façon de parler, "glauque" serait plus approprié) découverte que The host.
    La photographie est belle, les personnages sont touchants et crédibles, l'ambiance générale est dépaysante (quoique....), un monstre bien modélisé... plein de bons ingrédients pour une sauce qui ne prend pas, ou si peu.
    Trop décalé pour rester cohérent, on saute du coq à l'âne sans transition, le scénario prétexte ne tient pas la route, même au 36ème degré. Les scènes se succèdent avec autant de tact que les rubriques d'un catalogue de la Redoute. C'est dommage, il y avait pourtant du potentiel.



    Je ne suis pas daccord, le film comme memories of murder, débute sur le sujet et dérive en se focalisant sur les habitants et ce qui les entoure (média, armée etc...), chaque scène montre bien sur plusieurs angles l'évolution du comportement de chacun et se permet même de faire évoluer le récit de manière émotionelle à tel point que la dernière scène aussi grotesque soit elle en devient symboliquement humaine voire poétique.

    ce n'est pas juste une succession de scène, la jeune fille enlevée réagit de manière progressive, tour à tour victime, spectatrice et actrice, elle réagit de la même manière que sa famille, famille qui comme toute famille peut faire rire ou pleurer, c'est cruel sur la forme mais c'est pourtant tellement vrai (on se moque parfois du malheur des autres mais on compati aussi), j'ai du mal à accepter qu'on puisse dire que ce n'est qu'une succession de scènes.

  • Anonyme

    09/12/2006 à 03h15

    Répondre

    Cineman a dit :
    Très bonne analyse krisss je suis tout à fait d'accord avec toi


    Merci ça me touche

  • raidenjeff

    20/12/2006 à 18h15

    Répondre

    J'ai apprécié The Host sans être hilare comme la plupart des critiques. J'ai du mal à accroché l'humour asiatique (quand ça passe pas... ça passe pas) et le film m'a paru lent et mou du genou. Les acteurs surjouent à mort, c'est l'une des raisons pour laquelle je trouve les séquences dramatiques carrément niaises (les pleures et les grimaces au ralenti humm). Je trouve également la critique sociale maladroite, autant chez Spielberg, le traitement autour de la famille reste subtil et concis, autant ici, le réal en fait tout un flan pour pas grand chose. Au-délà de ca j'ai quand même été envouté par la mise en scène et les nouvelles idées que proposent The Host, ça reste un bon divertissement mais bien inférieur à ce que j'en avais lu.

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques