8/10

Homme au pistolet d'or (L')

Simon Templar contre Dracula


DR.
L'homme au pistolet d'or
est le dernier roman de James Bond écrit par Ian Fleming, édité à titre posthume en 1965. C'est également le dernier film de James Bond réalisé par Guy Hamilton, à qui on doit Goldfinger, Les diamants sont éternels et Vivre et laisser mourir. Mais ce n'est que la deuxième apparition de Roger Moore dans le rôle, et on peut dire qu'il a la patate...

L'intrigue est presque terre-à-terre par rapport aux épisodes qui nous emmènent dans l'espace ou au fond des océans : Francisco Scaramanga, tueur à gages de réputation internationale, vit dans son île où il aime à pratiquer la chasse à l'humain pour s'entraîner... James Bond sera-t-il un adversaire à sa hauteur ?

Roger Moore, encore en pleine possession de ses moyens (ce qui ne sera plus le cas lorsqu'il incarnera encore James Bond dix ans plus tard), est entouré d'un casting impeccable : d'une part l'équipe de choc qui a fait ses preuves au cours des précédents films : Lois Maxwell en Miss Moneypenny, Desmond Llewelyn en Q pourvoyeur de gadgets et Bernard Lee en M autoritaire ; d'autre part les nouveaux visages indispensables : Christopher 'Dracula' Lee en Scaramanga, Hervé Villechaize, le peintre nain français que l'on retrouvera plus tard dans la série L'île fantastique, et Maud Adams, qui reviendra chez James Bond dans le rôle-titre de Octopussy.

Fort de ce beau casting, Roger Moore prend son billet d'avion pour la Thaïlande, où se déroulera toute l'intrigue (un fait assez rare finalement, car Bond est connu pour traverser trois fois la planète dans chaque film). Là, il affrontera Scaramanga, un ennemi plutôt inhabituel puisqu'il n'est ni à la tête d'une armée de 859 sbires, ni auteur d'un complot gigantesque visant à dominer le monde. Il se présente davantage comme la version sombre de James Bond : distingué, séducteur comme lui, c'est un tireur d'élite qui apprécie les gadgets autant que 007. Jugez plutôt : son pistolet d'or est en fait composé d'un stylo, d'un briquet, d'un étui à cigarette et d'un bouton de manchette. Une fois ces morceaux assemblés, il n'a plus qu'à y insérer des balles en or, dans lesquelles il a gravé les noms de ses victimes. Seul son choix de carrière - criminel plutôt qu'agent secret - le distingue de notre héros.


DR.
L'homme au pistolet d'or
est à la fois un Bond hors normes par son intrigue « sobre », et un parfait spécimen qui exploite au mieux la formule : cascades, jolies filles en maillots de bain (Britt Ekland en Miss Goodnight est irrésistible), James Bond aussi suave que brutal, maniant le cynisme et l'humour noir aussi bien que le Vodka-Martini (au shaker, pas à la cuiller, gnagnagna). Le thème musical est peut-être un des meilleurs malgré ses sonorités clairement ancrées dans les années 70, et les producteurs ont même réussi à glisser quelques scènes de karaté inutiles mais cocasses, pour satisfaire aux goûts du moment (n'oublions pas que les films de Bruce Lee cartonnent à l'époque).
L'or semble porter chance à James Bond, si l'on considère que Goldfinger est le meilleur de Sean Connery et Goldeneye le meilleur de Pierce Brosnan. Espérons pour lui que Daniel Craig aura l'opportunité de tourner un Goldenfoot ou un Goldnose...

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12 commentaires

  • Guillaume

    07/05/2007 à 18h00

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    Nostalgie, nostalgie

  • Mentos le Freshmaker

    07/05/2007 à 18h07

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    riffhifi a dit :
    C'est également le dernier film de James Bond réalisé par Guy Hamilton, à qui on doit Goldfinger, Les diamants sont éternels et Vivre et laisser mourir.


    Zut, j'aurais juré que Goldfinger avait été réalisé par Terence Young

  • riffhifi

    07/05/2007 à 18h38

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    C'est trompeur : Terence Young a réalisé les deux précédents et le suivant. Mais [i]Goldfinger, c'est Guy Hamilton.
    Un réalisateur plutôt correct, qui a failli tourner le Superman[/i] de 1978, avant d'être remplacé par Richard Donner.

  • gyzmo

    07/05/2007 à 19h01

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    Pour moi, Guy Hamilton, c'est surtout Remo Sans Armes et Dangereux !

    A côté, 007, c'est vraiment une quiche.

  • KalistoR

    07/05/2007 à 19h21

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    Voire même surtout La Bataille d'Angleterre...

  • Prospero

    07/05/2007 à 21h26

    Répondre

    Nevermind, c'est l'un de mes James Bond préférés, avec son petit côté délicieusement kitsch et son absence totale d'intrigue alambiquée, qui permet de l'apprécier sans la moindre réflexion préalable.

    Love is required whenever he's hired,
    It comes just before the kill.
    No-one can catch him, no hit man can match him
    For his million dollar skiiiiiiiiiiiiiiiiiiiill !

  • Dobbs

    07/05/2007 à 22h15

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    -- gyzmo : je comprends mieux maintenant... ([i]Remo quel film !)

    Hamilton, celui qui fit basculer Bond du côté obscur avec tout le kitsch et les attitudes surannées de Moore, avant que ce ne soit totalement grotesque et définitivement libidineux...

    Je préfère Hamilton sur ses vieilles années en adaptant un autre écrivain de la haut (si, si, vous savez Agatha !) : de Poirot à Marple, que du bon... ça nous change de Navarone et de ces mecs bien trop couillus !!!

    L'homme au pistolet d'or reste à mes yeux le pire du pire qui présente celui qui pourrait être son rival absolu (avant Dangereusement vôtre et Grace Jones lol), le trés bon personnage Scaramanga avec son génialissime faire-valoir Nick Nack (dont l'acteur reprendra un rôle similaire d'ailleurs avec l'île fantastique, la série TV avec la version TV de Christopher Lee : Ricardo Montalban...).

    Et puis c'est toujours fun de le revoir, je pousse d'ailleurs tous mes étudiants à le visionner pour comprendre le travail de Pixar sur les Indestructibles...

    Bises à tous, je m'en vais brûler les diamands sont éternels [/i]qui est pire encore !!!!

  • Bzhnono

    07/05/2007 à 23h24

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    D'un point de vue purement kitsch, ce James Bond vaut son pesant de cacahuètes. Par contre pour le côte "James Bondien", il ne vaut rien du tout.
    Bon, en plus, j'ai jamais aimé Roger Moore dans le rôle de Bond donc ça aide pas vraiment à apprécier ses prestations.
    Je ne lui reconnaîs qu'un seule James Bond valable c'est "L'espion qui m'aimait" mais on est quand même loin de Sean Connery, par contre presque du niveau de Lazenby.

  • Jade

    08/05/2007 à 11h49

    Répondre

    Le premier James Bond que j'ai vu, et ptet bien mon préféré. Avec Au Service Secret de sa Majesté, si ce n'est l'erreur de casting qui est trop flagrante.
    J'aimerais bien le revoir

  • Xalcor

    08/05/2007 à 19h50

    Répondre

    C'est un peu à part, pour un James Bond, il est très loin (heureusement) de ceux qui suivront (Moonraker par exemple...). Mais Christopher Lee est inquiétant, encore et toujours, et pour une fois le bras droit ne verse pas dans le russe de 2m12 (avec Odd-Job, Nick-Nack est mon préféré).
    C'est un très bon opus, bien que l'action y soit moins présente - mais aujourd'hui, on s'en plaindra moins.

  • Anonyme

    10/05/2007 à 10h12

    Répondre

    Un des plus mauvais James Bond, déja pour un potentiel gaché (l'histoire était géniale) mais surtout pour un casting de luxe qui ne servira pas à granc hchose, j'ai beaucoup d'affection pour ce film mais il faut recônnaitre qu'il vaut pas grand chose, ça fait plaisir de voir un fan endurcit des James Bond, moi qui croyait être le seul à avoir fais la collection des BOND 007

  • Anonyme

    13/05/2007 à 15h55

    Répondre

    Moi je le trouve pas simauvais et en tout cas rassurant après l'immonde Vivre et Laisser mourir (James Bond lutte contre des traficants de drogue Vaudou... ).

    Mais c'est clair qu'on est loin de L'Espion qui m'aimait avec Moore ou des très grands de la série...

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