2.5/10

Et l'homme créa la femme

Et Oz créa la bouse

La mariée était trop belle

Je ne me rappelle plus exactement quand date l'avant-dernière fois où j'ai failli sortir de la salle par ce que le film était décidément trop mauvais. Out of time aurait été un bon candidat si je ne l'avais vu dans un avion. En tout cas la dernière date d'il y a quelques instants. Je sors effondré de Et l'homme créa la femme. Remake (encore un, décidément ça devient maladif du côté d'Hollywood) de Stepford Wives un thriller des années 70 et muni d'une distribution étourdissante (Nicole Kidman, Matthew Broderick, Bette Midler, Christopher Walken, Glenn Close), ce film avait en théorie tout pour plaire. Dire que le projet était pressenti pour Tim Burton...

American dream of life

Tout commence par une soirée d'autocongratulations au sein d'une chaîne de télévision boostée aux émissions de télé réalité toutes plus trash les unes que les autres. Joanna la directrice des programmes, à l'origine donc de cette politique, est alors victime d'un ex candidat qui a vu sa vie réduite en poussière par une de ces émissions. Devant la montagne de procès qui menacent la direction, celle-ci décide de renvoyer Joanna. Sombrant dans la dépression son mari décide d'aller s'installer "au vert" à Stepford. Voilà notre petite famille dans une réplique du rêve américain : tout est propre et resplendissant, toutes les femmes sont des top-models dévouées à leurs maris. Tout semble parfait trop parfait, trop joyeux pour être honnête. Un peu comme dans ces défilés à Disneyland où un Mickey au sourire figé n'arrête pas d'agiter ses mains. D'ailleurs avec quelques unes des personnes "normales", nouvelles arrivées elles aussi, Joanna commence à se poser des questions...

Lourd vous avez dit lourd ?

Présenté de cette manière on pourrait croire que l'on a affaire à un thriller haletant. Première erreur. Le ton choisi par Franck Oz tient plus de la comédie que du film d'horreur, ce qui aurait pu être le cas : voir des personnes changer de personnalité du jour au lendemain et avoir l'impression de rester la seule personne normale aurait donné suffisamment de matière pour traiter le sujet sous cette optique. Mister Oz, qui n'est pas magicien malheureusement, tente plutôt de nous faire rire en en faisant des tonnes et en jouant sur l'aspect improbable des situations : véritable défilé de bimbos au supermarché, petits gros au bras de top-models, réunions littéraires où l'on discute avec passion d'un livre sur les décorations de Noël... Inutile de dire que tout cela est d'un lourd digne des gags les plus ratés de Double zéro. La seconde erreur serait de croire que derrière le script se cache une critique acerbe de la société américaine et de son matérialisme. Hélas comme je l'ai déjà dit ce n'est pas Tim Burton qui est aux manettes et le résultat n'est pas celui d'Edward aux mains d'argent non plus...

Je n'en dirais pas plus car il est inutile de s'acharner sur une ambulance. Nicole Kidman avait-elle des impôts à payer ? Christopher Walken était-il fatigué d'avoir commencé sa carrière par des chefs-d'oeuvre ? La pension de retraite de Bette Midler (qui il faut le reconnaître est plus ou moins la seule à tirer son épingle du jeu) serait-elle insuffisante ? Voilà les questions qu'on peut se poser à la sortie de ce film. Quant à recommander ou pas à quelqu'un d'aller le voir ou de le louer en DVD une fois qu'il sera sorti, cela fait longtemps qu'on y a déjà répondu...

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