4.5/10

Hitman, un vieux Jet Li qui aurait pu rester inédit

Seven 7 exhume un nouvel inédit de Jet Li, sorte de comédie policière bâtarde, pauvrement écrite et avare sur l'action. Rien d'indispensable.

Hitman est un titre assez passe-partout : il y a quatre ans, c'était une adaptation d'un jeu vidéo à succès, avec la savonnette Timothy Olyphant ; en 1991, c'était un film avec Chuck Norris, appelé en français L'arme secrète ; et en 1998, c'était une production hong-kongaise avec Jet Li, titrée Sat sau ji wong dans son pays d'origine et restée inédite chez nous jusqu'à ce jour. Seven 7, dans son opération de déterrage post-Expendables, le sort en DVD ce mois-ci, dans la foulée de l'excellente surprise que constituait Agent spécial en novembre dernier.


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Réalisé par Wei Tung, plus connu pour sa carrière d'acteur et de cascadeur (chez John Woo et autres cinéastes hong-kongais, et occasionnellement à Hollywood pour Double Dragon ou Scooby-Doo), le film s'ouvre sur un texte déroulant façon Star Wars, qui nous parle d'un tueur à gages mystérieux, dont la particularité est de ne pas demander de gages (nous voilà bien). Il ne tue que les coupables, et se fait appeler… Hitman ; bon ok, ça veut dire tueur à gages, ce n'est pas très imaginatif, mais les dialogues le désigneront parfois sous le nom de L'Ange Exterminateur, ce qui est déjà plus poétique. Mettons tout cela sur le dos de la traduction, et entrons dans le vif du sujet : l'industriel véreux japonais Tsukamoto est assassiné par le Hitman en question, et sa mort met en branle deux instruments de vengeance : son excité de petit-fils, décidé à prendre la place de Papy, et une fondation constituée spécialement par testament dans le but de retrouver son meurtrier. Cette dernière propose un gros paquet d'argent au tueur qui retrouverait Hitman et lui ferait la peau.


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Si le postulat peut paraître excitant, il convient de signaler que l'intrigue bifurque bien vite vers les tribulations d'un aspirant assassin peu dégourdi (Fu, incarné par Jet Li) et de son mentor baratineur Ngok Lo (Eric Tsang, sorte de Joe Pesci en surpoids). Fu est un expert en kung-fu, bien qu'on ignore d'où il tire son art, mais il se refuse à mettre en danger des innocents ; le film s'évertue donc à nous montrer un tueur qui ne tue pas, dans une ambiance semi-comique difficile à cerner – notez le clin d'œil à Léon et au Syndicat du crime. Le personnage de Ngok Lo louvoie entre le ridicule assumé (c'est un sidekick comique) et l'émotion, en raison de la sous-intrigue avec sa fille (Gigi Leung) qui constitue de loin l'aspect le plus intéressant du film. Parce que l'histoire de Hitman, figurez-vous qu'on n'en entend quasiment plus parler durant une heure, à l'exception de quelques scènes avec le dirigeant de la fondation – un sosie chinois de Jean-Pierre Dionnet.

Lorsque l'intrigue démarre enfin, c'est trop tard, on a commencé la liste des courses ou une partie de Démineur. Tant mieux, car sa résolution en trois coups de cuillers à pot ne méritait pas qu'on l'attende trop fermement. Quant à la triple baston finale, toute réjouissante et bien chorégraphiée qu'elle soit, elle ne compense pas les 90 minutes de vague ennui parsemées de scènes d'action artificielles qui l'ont précédée. Décidément, on préfèrera se tourner vers Agent spécial pour passer un moment de détente enlevé et original avec Jet Li.

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