4/10

Histeria

Le cinéma d'horreur malais ressemble à n'importe quel autre. A découvrir un soir d'automne, puis certainement à oublier aussi sec.

Ce que l'on pourra affirmer, c'est que le cinéma d'horreur possède un tronc commun qui ne diffère pas de pays en pays. Le cinéma malais est, pour la plupart d'entre nous, totalement inconnu, et pourtant il est facile de retrouver nos marques dans des productions aussi typées que celle-ci.


C'est ainsi qu'un groupe de jeunes filles passablement pénibles pour tout le monde réveille un monstre sanguinaire « pour rigoler », et que celui-ci commence à les dézinguer l'une après l'autre. Aubaine pour la créature, les gamines sont punies pour « blagues de mauvais goût », et sont cloîtrées dans un bâtiment scolaire quasiment vide. A la première mort suspecte, ces dernières rassemblent ce qu'elles ont de neurones, c'est-à-dire pas grand chose, pour essayer de s'en sortir, ce qui ne va évidemment pas très bien se passer.
Voilà un pitch tout à fait commun pour un film d'horreur, qui plus est développé de manière encore plus courante. Ce qui importe généralement, ici bas, c'est la manière dont se présente le tueur ou le monstre, ses façons de tuer et d'apparaître, de jouer avec ses victimes. La créature appartient plus ou moins au folklore local, sous le nom « Hantu Raya » : une sorte de fantôme mis au service d'un mortel, obéissant à chacun de ses ordres. Sa représentation physique dans le film ne va pas plus loin que l'acteur en costume horrible, dont la seule présence à l'écran met relativement mal à l'aise. Son domaine d'activité n'a, lui, rien de surprenant : il tue ses victimes en leur faisant « quelque chose » avec ses mains, rien de bien précis ni de vraiment explicite. Nous voyons parfois un crâne commencer à pisser le sang, mais la plupart du temps, l'horreur sera réalisée hors champ. Il ne restera plus aux protagonistes qu'à découvrir le cadavre atrocement mutilé puis hurler à qui veut les écouter - c'est-à-dire globalement personne.
Le film traîne bien vite en longueur. En définitive, le premier meurtre ne se révèle qu'à la moitié du temps, permettant au réalisateur d'installer son ambiance et de montrer que les petites gamines sont de petites pestes pas bien méchantes, en fin de compte. Mais n'étant pas toutes blanches non plus, la mort les accueillera, comme dans tout bon slasher movie qui se respecte. Ici, avoir du vice, quel que soit sa mesure, c'est avoir un pied dans la tombe. On patiente donc, attendant de voir la brochette se faire dézinguer joyeusement dans un concert de cris et de bruits de sang qui gicle, jusqu'au petit twist final que l'on aura peut-être deviné bien avant tout ça.

Histeria a tout du film d'horreur de bas étage, mais l'exercice avait peut-être quelque chose de nouveau pour le cinéma malais. Quoiqu'il en soit, le film pourra se laisser voir un soir d'halloween pour mettre un peu d'ambiance, mais il ne faudra en attendre guère plus - et surtout pas une peur bleue.

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1 commentaires

  • Anonyme

    11/10/2010 à 16h12

    Répondre

    Rien d'un film d'horreur!!!!!

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