5.5/10

Hell

Tableau de jeunes riches perdus dans le vide de leurs existences, Hell s'étend malheureusement dans les longueurs de son histoire d'amour. Après Barnie Et Ses Petites Contrariétés, Bruno Chiche change de registre. Dans cette adaptation du roman éponyme de Lolita Pille (aussi scénariste du film), il peint une jeunesse parisienne aisée qui se laisse mourir dans une inactivité revendiquée.

Les premières minutes excellent dans la démonstration d'individus creux que l'argent pourrit. Ces jeunes sont comme des fantômes sans but et sans sentiments. Vivant uniquement de leurs pulsions, ils s'abandonnent dans l'excès lors de fêtes. Le sexe sans limites y rejoint la consommation de drogues dures. Souvent choquante, cette partie de film exclut toute forme de compassion pour les héroïnes féminines qui acceptent leur statut de traînées. Complètement à la dérive, les jeunes femmes suicident leur jeunesse en s'oubliant dans une décadence presque absolue. Omniprésente dans cette première partie de film, Sara Forestier (L'Esquive) brille par son interprétation d'une Hell tendue et trouble.

Pour évoquer le passage de l'adolescence à l'âge adulte, Bruno Chiche a décidé de développer l'histoire d'amour entre Hell et Andrea (Nicolas Duvauchelle). Difficile pour le spectateur de ne pas être perturbé par le mannequin vedette des spots de pub Hugo Boss qui affiche une perfection physique irritante. Face à Forestier, il montre un impeccable désordre intérieur. Réunis, les deux jeunes amants découvrent le véritable amour. Une passion intense filmée intimement avec des regards transperçants et des silences évocateurs. Ils se découvrent des points communs dans le « rien » qui constitue leurs vies. Souvent tendre, parfois drôle (la scène d'arrestation), le long métrage prend le temps de ses soupirs, notamment avec de nombreux plans-séquences réussis. Celui en face du miroir est un grand moment de cinéma. Dommage que le réalisateur peine à donner plus de poids à sa romance et qu'il s'étende dans une fin prévisible. Pendant ses dernières minutes, la lenteur perd toute son utilité et l'on s'ennuie franchement.

S'il est difficile de s'attacher à des personnages stériles totalement détruits par l'argent, Hell comporte assez de zones sombres pour que chaque spectateur y trouve un petit intérêt. Certains admireront le côté décadent, d'autres la banale histoire d'amour et les derniers la critique sous-jacente d'une Jet-Set inutile.

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Maniac

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