7/10

Heat

Duel au sommet : Al Pacino contre Robert de Niro. C'est l'argument de vente du film de Michael Mann, qui prend le temps de marier thriller et étude de caractères. Efficace, mais un peu long.

 

Lorsque Heat sort au cinéma en 1995, l'attention se porte en priorité sur ses deux têtes d'affiche : Robert de Niro et Al Pacino, les deux vedettes issues de l'Actor's Studio, n'ont partagé qu'un seul générique à ce stade, celui du Parrain 2. Mais ils ne s'y croisaient jamais, évoluant chacun dans une époque différente... Cette fois, ils sont clairement opposés l'un à l'autre, sous l'égide du scénariste-réalisateur
Michael Mann.

L'origine du projet remonte au début des années 80 ; Mann écrit alors un scénario inspiré de la confrontation entre le truand Neil McCauley et le flic Chuck Adamson (ce dernier participera à l'écriture des séries Deux flics à Miami et Les incorruptibles de Chicago, toutes deux produites par Michael Mann). En 1988, il en tire un téléfilm d'une heure et demie appelé L.A. Takedown, qui restera inédit en France. Il lui faut attendre une demi-douzaine d'années supplémentaires pour réunir le casting qui lui permet de donner à son script la forme d'une prestigieuse fresque policière de presque trois heures. Autour de Pacino et de Niro, les seconds rôles de choix pullulent : Val Kilmer en braqueur papa (en parallèle de Heat, l'acteur tournait rien moins que Batman forever !), Jon Voight en pourvoyeur de plans, Danny Trejo en sbire discret (encore loin de la popularité que lui apportera Robert Rodriguez)... Le côté des malfrats est clairement plus peuplé que celui des forces de l'ordre, qui n'est représenté que par le personnage d'Al Pacino et sa vie de famille problématique (on note que sa belle-fille est incarnée par une toute jeune Natalie Portman, un an après Léon). Pourtant, la grande force du film réside dans l'équilibre qui existe entre les forces en présence ; jamais Michael Mann ne prend parti pour Vincent Hannah (Pacino) ou
pour Neil McCauley (De Niro, qui garde ainsi le nom du personnage réel). Tous deux sont d'anciens marines, dont la vie n'est guidée que par un fil directeur unique : le braquage pour l'un, la chasse aux gangsters pour l'autre. Si Hannah vit avec passion son métier (Pacino cabotine comme un fou), McCauley considère son activité comme un travail à exercer avec précision, pour le résultat davantage que pour l'excitation. Les deux hommes ne se croisent que rarement, mais chacune de leurs interactions à l'écran provoque des étincelles, notamment leur dialogue dans un coffee-shop au cours d'une scène restée dans les esprits. Leur respect mutuel, la mise en exergue de leurs similitudes, permet d'établir une tension jusqu'au terme du film : quel que soit le vainqueur du duel, le spectateur sera partagé entre plaisir et tristesse, victoire et défaite.

A travers les vies personnelles des protagonistes, Michael Mann brosse un réseau de portraits qui permet de donner du poids aux quelques scènes de suspense et d'action. Certaines de ces fusillades s'imposent alors comme de véritables références du genre. On peut néanmoins trouver que le film aurait gagné à s'alléger d'une petite demi-heure, et à se prendre parfois un peu moins au sérieux...

Pour les fans de Pacino et de Niro, Heat reste un must incontournable : les deux acteurs ne se retrouveront à l'écran que treize ans plus tard, dans un polar de piètre réputation appelé La loi et l'ordre...


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