8/10

Hanna, le film fun de Joe Wright

Hanna, est durement entraînée par son père dans une région isolée et glaciale. Elle est ainsi formée depuis l'age de 2 ans à tuer et à la survie, afin d'être un jour prête à faire face à ceux qui viendront la pourchasser. Mais qui en voudrait à une jeune fille de 14 ans, et pour quelles raisons ? Quels mystères enferment son passé et celui de son père ? Tout en échappant à ses poursuivants, Hanna tentera de remonter à l'origine de cette énigme pour apprendre la vérité et se libérer de cette épée de Damoclès constamment suspendue au dessus de son existence.


Une machine à tuer de 14 ans

Ce pitch peu original -on pense notamment à Nikita ou à Jason Bourne- pose un petit problème : l'a priori vis à vis du film. Avec un tel manque de personnalité, les promesses qui pourraient être alléchantes (action, révélations, rebondissements...) sont entachées de sérieux doutes (on a peur de se retrouver face à une action ennuyeuse, des révélations à deux balles et des rebondissements cousus de fils blancs). Heureusement, Joe Wright, pourtant habitué aux dramaturgies dégoulinantes, parvient à surprendre en livrant un film fascinant, moderne et d'une fraîcheur incroyable ! Un cinéma de pur divertissement comme on aimerait en voir plus souvent !


Comment se débarrasser de la vermine en 5 secondes
On pourra lui reprocher un certain manque de crédibilité et peu de réelles surprises scénaristiques (les révélations sont assez simplistes), mais l'essentiel du film n'est pas là. Jouant la carte du divertissement à fond, Joe Wright a compris qu'en donnant une petite dimension « conte » à son film (symbolisée par cette maison en pain d'épices dans la fête foraine de la fin du film, symbole également de l'enfance perdue d'Hanna), il pouvait plus aisément profiter de la suspension consentie de l'incrédulité du spectateur. Ainsi, Hanna, 14 ans, fout des mandales phénoménales à des militaires, des agents de la CIA, des Skin Heads ou tout autre malabar qui viendrait la titiller, sans que cela ne fasse sourciller le spectateur une seconde. Au contraire, c'est assez réjouissant.


Un visuel surprenant
Le rythme du film est parfaitement millimétré, alternants morceaux de bravoures trippants, et passages plus posés. Dans ces derniers, Joe Wright se permet d'intégrer une vraie profondeur psychologique et un brin de poésie au travers du regard candide de cette jeune fille qui découvre le monde et des sentiments qu'elle n'a jamais connu. Les scènes d'actions sont généralement impressionnantes, non pas par leurs cascades, effets spéciaux ou autres explosions, mais plus par leur dynamisme, leur maîtrise technique (le montage de l'échappée du camp de la CIA au début du film, ou le plan séquence dans les docks), et un visuel bluffant. La musique des Chemical Brothers parachève la dimension clipesque de ces scènes, donnant à la fois un rythme, une ambiance et un ton original et moderne à l'ensemble.

Pour finir, on ne retient que peu les défauts scénaristiques du film, tant il explose nos doutes éventuels, transcende nos espoirs et transmet une véritable fraîcheur. Son fun, sa violence mesurée, son rythme et son visuel en font une rareté qui mériterait d'être mieux connue. Ajoutez à ça une Saoirse Ronan aussi mignonne que glaçante, et vous obtenez l'un des meilleurs film pop corn de ces dernières années.

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques