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guerre des mondes (La) - 1953

La Guerre du Temps

Mars dépérit. Ses habitants, contraints de s'exiler pour leur propre survie, choisissent avec une certaine autorité notre bonne vieille Terre pour leur asile précipité. Et rien de tel que de réduire à néant la très modeste civilisation humaine afin de disposer de davantage d'espace et de confort.

La Guerre des Mondes est le titre du plus célèbre roman de science-fiction de H.G.Wells, adapté avec beaucoup de libertés au cinéma en 1953 par Byron Haskin. Ce film est devenu un grand classique du genre, son scénario ayant été surexploité au cours de l'avènement du cinéma de science-fiction au coeur du siècle dernier. Des vaisseaux éclaireurs, puis les offensives extraterrestres, la réaction tardive et inefficace d'une armée complètement dépassée par les évènements, et puis finalement une étonnante happy end. Il n'y a aucune surprise, la réalisation n'est d'aucune saveur.

On pourrait presque mimer et imaginer ce qui serait dit au cours des scènes suivantes. On pourrait presque s'impatienter tant ce film pourrait sembler caricatural. Etant donné le contexte de Guerre Froide, il n'est jamais question de l'Union Soviétique lors du défilé des villes meurtries. On assimile vite le rouge des communistes à celui qui caractérise l'Envahisseur. Les armées chinoises n'ont pas résisté bien longtemps. Et l'ultime et seul vrai rempart de notre magnifique civilisation est la bien valeureuse armée américaine.

Ainsi donc, La Guerre des Mondes serait un film de valeurs ? C'est sans compter la présentation plus que valorisante de l'arme nucléaire. C'est sans compter les discours invraisemblables qui élèvent les religions judéo-chrétiennes plus haut que ne se situe leur paradis. D'ailleurs, les seuls bâtiments qui subsistent dans un monde devenu apocalyptique après avoir subi une véritable troisième guerre mondiale sont bel et bien les églises. Et que dire enfin du statut de la femme que le film entend mettre en avant ?

Finalement, on a l'impression de visionner un remake du Mars Attacks de Tim Burton, film qui était une caricature grandiloquente de ces mêmes films anciens. Certaines répliques sont parfaitement inattendues, à la manière de ce prêtre qui imagine que les Martiens sont nécessairement plus proches de Dieu, étant des êtres plus intelligents que nous. Avec de tels dialogues, les héros ne sont aucunement charismatiques, le couple-phare du film, un professeur et l'une de ses anciennes élèves, ne nous offrant pas même un baiser final. Les effets spéciaux, qui constituaient jadis de véritables prouesses techniques, apportent ses n-ièmes rides à une oeuvre qu'il vaut mieux ranger précieusement pour ne redécouvrir que dans quelques siècles.

Quelques titres-phares du même genre, ceux-ci à découvrir sans attendre :

  • Le Jour où la Terre s'arrêta (1951), un film américain de Robert Wise, avec Michael Rennie et Patricia Neal
  • La Chose d'un autre monde (1951), un film franco-américain de Christian Niby, avec James Arness, Kenneth Tobey et Margaret Sheridan
  • Le Météore de la nuit (1953), un film américain de Jack Arnold, avec Richard Carlson, Barbara Rush et Charles Drake
  • Le Choc des Mondes (1951), un film américain de Rudolph Mate, avec Richard Derr, Barbara Rush et Peter Hanson

 

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2 commentaires

  • gyzmo

    01/07/2005 à 23h45

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    ah! une critique de plus que jaurai bien aimé initialiser

    a défaut, je vais apporter mon avis sur ce standard de la SF car il me semble que quelques éléments importants ont été (volontairement ?) omis. avant de me lancer, je tenais juste à signaler que Mars Attacks de Burton EST le pastiche avoué de la Guerre des Mondes. Trait pour trait ! Un régal pour les accros à la SF

    autrement, les comparaisons avec le livre de HG Wells mériteraient quelques petites lignes car ladaptation ciné nest pas à la hauteur du chef duvre de Wells, (lequel avec déjà été adapté par Orson Welles dans les années 30 pour la radio et cet événement incroyable avait provoqué des mouvements de paniques dans tout le pays, croyant à une véritable invasion ).
    esthétiquement, le script de Barré Lyndo troque les effrayants tripodes contre des soucoupes triangulaires qui tiennent en apesanteur grâce à un champ magnétique de blabloublibloubla (je ne me souviens plus du terme pseudo technique, jen suis navré) et aux couleurs flashy pas très impressionnantes.
    les créatures extra-terrestres sont évoquées lors dun plan furtif et si leur aspect est dégoûtant (une sorte dET, tout nu, sans tête et avec un gros spot tricolore en guise dil ), ils nont rien à voir avec les envahisseurs du roman dont la description me fout encore des frissons dans le dos!
    pour ce qui est de lhistoire, le scénario transpose le récit original sur le territoire des Etats-Unis (au lieu dun petit village dAngleterre), se situe à une autre époque et dresse des correspondances évidentes avec la guerre froide et lombre dun conflit nucléaire entre lURSS et les Etats-Unis (là où Wells dénonçait le colonialiste pendant le 19ième siècle). comme la signalé le critique plus haut, il est clair que les habitants de Mars la Rouge sont le symbole du communiste, peur primaire des Américains pendant cette période (et les suivantes). mais ce nest pas un cas isolé : le film rejoint le panel des réalisations qui transposent la peur dune période (chaque période étant dominée par une ou plusieurs peurs respectives).

    autrement, encore , de mon point de vue, la critique ci-dessus ne rend pas totalement justice au film de Haskin qui comporte tout de même des grands moments cinématographiques. son prologue, par exemple, est épatant : après un court rappel des deux principales guerres de notre siècle, le générique dintroduction cède la place à une présentation de notre système solaire et des différentes planètes que les habitants de Mars sont susceptibles denvahir pour fuir leur environnement austère. manque de peau, leur dévolu tombe sur notre planète.
    cette courte séquence très bien représentée grâce aux jolies peintures de Chesley Bonestell (artiste de renom connu pour ses illustrations spatiales) met tout de suite dans le bain. Les méticuleux riront devant la fantaisie des explications géologiques (astronomiques?) mais peu importe! le fan de SF sen fiche et la SF des années 50 nest de toute façon pas affaire de cohérence.
    donc, le soin apporté à ce prologue immersif laisse entrevoir une réalisation sur laquelle les moyens ont été débloqués pour offrir aux aficionados un divertissement digne de ce nom!

    oscar des meilleurs effets spéciaux, La Guerre des Mondes est effectivement une étape importante dans lhistoire des trucages cinématographiques. alors, oui, cela a mal vieilli (critique que je trouve toujours aussi facile car tous les films de SF entre autres - sont sujets au vieillissement tributaire de lair du temps ), mais il faut évidemment se resituer dans le contexte dépoque pour imaginer limpact que les effets spéciaux ont eu sur le public.
    je sais, pour le public uniquement habitué aux effets 3D dernier cris, la téléportation risque de lui faire un choc. mais sil aime vraiment le cinéma, il ne devrait pas avoir de soucis à apprécier les qualités du film. le design des engins de guerre extra-terrestres est pas mal du tout et les sons qui leur donnent vie sont excellents. la séquence de l'attaque de la ville me fait toujours pensé à l'ouverture du film Terminator. mêmes sons, même mise en scène. car le film regorge de moments anthologiques qui ont inspiré la plupart des films de SF :

    - le premier contact humain/alien ;
    - la démonstration autour de la lentille tricolore volé par le Professeur ;
    - lexplosion de la bombe nucléaire sur lescouade de soucoupes ;
    - les plans désertiques de la ville et sa destruction ;
    - les mouvements de panique urbaine ;
    - le nombre impressionnant de figurants (et les quelques images darchives pour remplacer les déserteurs ) ;
    - ma scène préférée : celle où le curé de campagne se sacrifie pour aller témoigner son pacifisme face aux méchants aliens. un grand moment de solitude. lun des personnages nhésitera pas à signaler que cet acte est, je cite : "magnifique!".
    a en chialer de toute leau de son corps, je vous jure!

    en parlant de sacrifice "religieux", il est vrai que limportance de la religion dans le film est la raison pour laquelle je ne parviens pas à ladorer (au fait, les églises ne sont pas totalement épargnées par lattaque ). derrière le scénario, il se cache un puritanisme qui ma toujours mis mal à laise. le film se termine tout de même par un gros "Amen!" chanté en chur.
    je ne tiens pas à jouer les oiseaux de mauvaises augures avant davoir vu le film de Spielberg ( ), mais jespère quil ne sera pas tenté par je ne sais quel diable de nous bourrer le mou avec des préceptes pseudo religieux bien foireux. et quand on sait que Cruise ( ) joue le personnage principal dans cette adaptation, on noublie pas que derrière lacteur, la scientologie ( ) veille au grain de son poulain

    pour conclure (désolé, jai été encore une fois longuet), La Guerre des Mondes est un standard, visuellement plein de charmes, nerveux sur la fin et bien mis en scène. un film sympa, un classique, à voir.

    et désolé pour tous les smileys, mais contrairement à certains impolis, je les trouve bien sympathiques! (à utiliser sans modérations)

  • Anonyme

    31/07/2010 à 14h16

    Répondre

    Je suis un puriste,j'abomine les reprises, je déteste ceux qui détruisent les films originaux et qui montrent de la sorte qu'ils n'ont rien dans leur cerveau.     

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