6/10

grand alibi - 2008 (Le)

Agatha Christie à la française, c'est un peu comme en anglais mais sans Poirot. Sans être confondant d'originalité, c'est un honnête divertissement avec de bons acteurs.

Le grand alibi, c'est avant tout un film réalisé en 1950 par Alfred Hitchcock, maître du suce-pince et de l'intrigue policière fourrée au twist. Mais depuis mercredi dernier, c'est également un film de Pascal Bonitzer, qui n'est pas un remake mais l'adaptation d'un roman d'Agatha Christie appelé Le vallon. Il s'agit donc bien d'une transposition française d'une œuvre anglo-saxonne, mais pas de celle qu'on croit. Si vous avez suivi, vous êtes mûrs pour le film.

Eliane (Miou-Miou) et son sénateur de mari Henri Pages (Pierre Arditi) organisent un week-end entre amis pour manger du canard. Parmi les invités, on trouve le professeur Pierre Collier (Lambert Wilson), sa femme Claire (Anne Consigny), sa maîtresse Esther (Valeria Bruni Tedeschi) et son ancienne amoureuse Lea (Caterina Murino). En principe, une bonne maîtresse de maison devrait savoir qu'une telle combinaison est apte à pourrir l'ambiance...

A l'origine, le roman est une aventure du détective Hercule Poirot. Transposition oblige, plus de Poirot ici, on se contentera d'un commissaire un peu amorphe joué par Maurice Bénichou, qui reste en périphérie du film. C'est sans doute une des grandes faiblesses du film, de manquer d'une figure charismatique extérieure qui Le grand Arditi :
Le grand Arditi : "Tu l'as mis où ? MIS OU ?"
mènerait l'enquête, comme c'est la tradition, au milieu du panier de crabes que constituent les suspects. Du coup, ceux-ci sont amenés à se soupçonner les uns les autres, façon Dix petits nègres, ce qui n'est pas forcément catastrophique mais dessert un peu, dans ce cas précis, la rigueur de la formule "murder party". Idem pour l'unité de lieu, qui est sérieusement malmenée dans la deuxième partie du film.

Pourtant, le film se tient bien, et se regarde avec plaisir grâce à la performance d'acteurs chevronnés, qui semblent un peu en vacances dans cette production reposante. Les dialogues sont finement écrits, la réalisation est discrète et ne sert qu'à donner la parole aux personnages. On pense, à juste titre, à ces films produits dans les années 70 et 80 avec Albert Finney ou Peter Ustinov dans le rôle d'Hercule Poirot : Mort sur le Nil, Le crime de l'orient-express... L'exotisme en moins, le procédé est le même : une brochette d'acteurs connus du public, une exposition un peu longue afin que l'on se familiarise avec les personnages et leurs interrelations (le Colonel Moutarde est le cousin du Professeur Violet, qui est l'oncle de Mademoiselle Rose, qui est la maîtresse du beau-frère du contrôleur des impôts du voisin de Madame Leblanc), un meurtre entouré de mystère et de doutes, et une enquête où tout le monde est suspect. La résolution, un peu décevante, se nappe d'une scène aux velléités clairement hitchcockiennes (nous y revoilà) qui tombe un peu à plat, mais les 90 minutes restent un moment de détente sans prétention qui fait du bien. Mention spéciale à Mathieu Demy pour son rôle d'écrivaillon alcoolique désabusé, et à un Dany Brillant inattendu en chauffeur menaçant à la botte d'une star dominatrice.

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