7/10

Goal of the dead, les zombies jouent enfin au football

Qui a eu cette idée folle un jour de mélanger football et zombies ? C'est ce sacré Benjamin Rocher, sacré Benjamin !

Habitués depuis des décennies à déferler sur l'humanité, les zombies débarquent depuis quelques années sur tous nos écrans. Et les réalisateurs doivent désormais se creuser la tête pour trouver des idées nouvelles. Moutons zombies, zombies nazis, zombies hollywoodiens, zombies rigolos. Dans cette jungle, personne n'avait pour l'instant songer à associer dans un même élan zombies et football. Jusqu'à, en tout cas, que surviennent Benjamin Rocher, Thierry Poiraud et Goal of the dead !

Goal of the dead ne pouvait que partir avec un énorme a priori positif. Déjà parce que les zombies c'est cool. Ensuite parce que le football c'est cool. Oui, on peut aimer les zombies et le football. Après parce que Benjamin Rocher est l'un des deux réalisateurs de La horde, sympathique film de… zombies français avec beaucoup d'humour et de tripes. Et que Thierry Poiraud est la moitié des frères Poiraud qui ont commis l'excellentissime série Z, gore et comique, Atomik circus. Impossible de ne pas trépigner d'avance et de ne pas commander le film qui est sorti juste avant la Coupe du Monde au Brésil, histoire sans doute de profiter du buzz. Quelques déboires avec Amazon, des vacances en mode ralenti et une flemme aiguë plus tard, me voici donc en train de vous parler de Goal of the dead, un film en deux mi-temps de 70 minutes chacune, réalisées par les deux énergumènes suscités, Rocher s'occupant de la première et Poiraud de la deuxième.

Le pitch du film est ultra-simple. L'Olympique de Paris, club phare de la capitale mais en légère déconfiture sur le plan national, est censé rencontrer en Coupe de France l'EJA Caplongue, club d'où est originaire Samuel Lorit, attaquant désormais parisien et lui aussi sur le déclin. Mais dans sa sombre cave, le docteur Belvaux, papa de Jeannot, l'attaquant vedette du club amateur, injecte à son fils un quelconque produit dopant venu de Russie. Russie. Erreur d'acheminement. Injection. Le mal est fait. Jeannot développe une rage zombiesque; le film est parti. Au passage on parlera ici du film tant il est difficile de séparer le travail des deux réalisateurs qui ont choisi la cohérence entre les deux mi-temps.


DR.

Dans un film de zombies footballistique, c'est le football qui ramasse le plus. Les supporters sont, au mieux, légèrement débiles, remplis de bière du matin au soir, au pire une masse effrayante de haine et de rage (l'entrée de Lorit dans son ancien antre est véritablement flippante, plus encore que les scènes de stade de À mort l'arbitre). Les joueurs professionnels sont, comme il se doit, imbus d'eux-même, condescendants et obsédés. Le seul exemplaire d'agent de joueur en prend lui aussi plein la tête : arriviste, manipulateur, magouilleur, il est exécrable de bout en bout avec un superbe boulot d'acteur de Bruno Salomone. Dans Goal of the dead, on va même jusqu'à évoquer LE tabou du football : le dopage qui sévit même aux niveaux amateurs. Encore plus que dans À mort l'arbitre, le football est donc ici source de tous les maux.


DR. Du foot

Côté zombies, c'est assez classique, même si là encore le fameux débat entre zombies et infectés pourrait être une nouvelle fois lancé. Il n'en reste pas moins que les affreux morts-vivants errent dans des décors apocalyptiques avec la lenteur et la pugnacité habituelles pour le connaisseur. Il faut toutefois noter que le « virus » se transmet d'une manière assez particulière puisque les zombies crachent sur les vivants pour les transformer. Quand on connaît l'importance du crachat dans le football (n'est-ce pas Fabien Barthez), cette particularité du zombies de Goal of the dead prend une autre épaisseur. Mais pour le reste on ne hurlera pas à l'originalité du concept.


DR. Et des zombies

 

Si originalité il y a, elle se cache plutôt dans l'ambiance du film. On sent que Poiraud et Rocher ont fait Goal of the dead avec coeur et y ont mis toutes leurs tripes (aha) : on ne peut donc s'empêcher de ressentir la même sympathie que pour La horde et Atomik Circus, l'un et l'autre avec des défauts, mais l'un comme l'autre d'une sincérité évidente, ce qui manque à World War Z par exemple. Bref, Goal of the dead n'est pas le film le plus effrayant (mais ça fait un bail que les zombies ne font plus peur à personne), n'est pas le film le plus drôle (même si franchement il se défend bien), n'est pas le film le plus gore, n'est pas le film le plus original, mais c'est un film à voir. Surtout si vous êtes fans de foot et de zombies.

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Krinein cinéma, c'est l'actualité et les critiques de films qui sortent au cinéma, en dvd et en bluray .

Des grands classiques aux films d'actions hollywoodiens. Pas de tabous chez Krinein cinéma, hormis, peut-être, les films français qui sont trop souvent oubliés.

Rubriques