Le gendarme de Saint-Tropez - Dossier Louis de Funès

Louis de Funès, sa vie, son oeuvre...

Carlos Luis de Funès de Galarza de son vrai nom, Louis de Funès est né le 31 juillet 1914 à Courbevoie bien qu'il appartienne à la noblesse de Séville (son père était avocat, il devint par la suite un diamantaire). A l'école, De Funès était doué pour le... sport ! Il travailla jusqu'au début de la seconde guerre mondiale comme dessinateur. Il ne participa pas au conflit qui éclata en 1939 car il fut déclaré inapte -c'était en réalité une erreur de dossier- puis fut engagé comme pianiste dans un bar. Derrière son piano, il se trémoussait déjà : le personnage nerveux, grimaçant et gesticulant de tous les côtés était né. Louis était un fan de cinéma mais il fut vite dissuadé après qu'il a tenté d'obtenir des petits rôles. Néanmoins, c'est à cette époque qu'il rencontra une personne qui allait changer sa vie : Daniel Gelin.

En 1943, de Funès se maria avec Jeanne Barthélémy de Maupassant, qui lui offrira deux garçons : Patrick, né le 27 janvier 1944 et Olivier, né un an après. C'est à partir de ce moment-là que de Funès commença à apparaître à l'écran grâce au même Daniel Gelin : le public ne le remarqua sûrement pas dans La Tentation de Barbizon (1945) ou son rôle n'était que d'ouvrir une porte ! Plus tard, Claude Autant-Lara le fit jouer dans le célèbre La Traversée de Paris (1956) ; mais c'est avec Ni vu ni connu (1957) que notre acteur perça dans le monde du cinéma : il était devenu l'acteur le plus drôle de France.


Suivirent deux très grands films : de Funès joua le rôle de Léopold Saroyan dans Le Corniaud (1964) et celui de Stanislas Lefort dans La Grande Vadrouille (1966), ce dernier film détenant en France, derrière le monstre Titanic, le record du nombre d'entrées en salle (17 200 000 français ont vu le chef-d'oeuvre sur grand écran). Dans la série des grands films, on pourrait ajouter La Folie des Grandeurs (1971) ou Louis incarne un richissime noble espagnol -un clin d'oeil certain à ses origines. Ces trois derniers films furent réalisés par la même personne : Gérard Oury. Après la série des Gendarme et en particulier le très réussi Le Gendarme de St-Tropez (1964) - les autres le sont beaucoup moins, après la trilogie Fantomas, Fantomas se déchaîne et Fantomas contre Scotland Yard, où Louis de Funès composa auprès de Jean Marais un de ses rôles les plus divertissants -celui du commissaire Juve, qui malgré ses idées de génie reste incapable de saisir le psychopathe, et après les très réussis Les Aventures de Rabbi Jacob, Oscar (1967) et Hibernatus (1969), l'acteur commença à être gêné par ses problèmes de santé : sur le tournage de L'Aile ou la Cuisse, film dans lequel il avait pour partenaire principal Coluche, il resta sous surveillance médicale en permanence.

Ses ennuis de santé croissants allèrent de pair avec la baisse de niveau de ses longs métrages : dans La Zizanie, il avait encore un rôle intéressant, mais dans le dernier des Gendarme : Le Gendarme et les Gendarmettes et surtout dans le catastrophique La Soupe aux Choux - Jacques Villeret jouant le rôle d'un extraterrestre qui tombe dans le jardin de Louis de Funès ! - celui-ci apparut bien plus épuisé. Il reçut encore un César d'Honneur des mains de Jerry Lewis et quitta notre monde, qu'il sut faire rire aux larmes, le 27 janvier 1983 à Nantes. Louis de Funès a eu une carrière exceptionnelle : il a joué avec les plus grands : Bourvil, Jean Gabin, Jean Marais, Coluche, Jean Lefebvre (!)... dans de très grands films. C'était un petit homme (1m64 à peine) ; de plus il avait au début de sa carrière de sérieux problèmes de diction. Mais il a su être patient et attendre (sa carrière a débuté très tardivement). Il a su tirer parti de ses moindres apparitions sur le petit ou le grand écran : il faisait toujours un numéro pour sortir du lot.

On n'oubliera jamais cet homme grimaçant "qui clignait des yeux, qui abaissait un sourcil pour soulever l'autre, qui gesticulait dans tous les sens, qui se démenait, qui semblait en colère, qui ressemblait à un clown ; son visage paraissait fait de caoutchouc ; il tournait sur lui-même, il mordait ses lèvres, il sursautait, il faisait bouger son nez, il semblait être monté sur ressorts, il inventait des tics, il tapait du pied, il se renversait, il mettait ses doigts dans ses oreilles, il se frottait les yeux, son nez, il essuyait une larme, il reniflait, il aboyait, il jacassait ..."

Tantôt haï, tantôt adulé, Louis de Funès n'a pas encore trouvé de réel successeur.

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1 commentaires

  • Anonyme

    14/05/2009 à 16h02

    Répondre

    C'est vrai pas de successeur pour l'instant.

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