7/10

Pour un garçon

L'anglais se rebiffe

Deux semaines de mutisme, pour causes mineures (= scolaires), et me revoilà, frais et dispo, prêt à tout subir, et complètement dégoûté d'avoir raté Chiens des neiges. C'est la vie, la loi des entrées et des sorties. Rattrapons le temps perdu, Pour un garçon apparaît comme le type même de la comédie sentimentale, registre qui ne m'est pas foncièrement indigeste, mais je ne cours pas après non plus. Et devinez qui est en tête d'affiche ? Hugh Grant, Mr Comédie Sentimentale je vous prie, que l'on attend forcément dans son costume habituelle de beau et séduisant jeune anglais.

Will (Hugh Grant) 38 ans, se décrit comme une île. Il a sa maison, son équipement, son planning bien rempli, et n'adhère à aucun type de collectivité sociale, travail compris (vit des rentes de son défunt père, compositeur d'une chanson de noël). Son passe-temps principal : les femmes. Et son nouveau passe-temps principal : les femmes esseulées avec un enfant, plus prompt à s'aventurer dans une histoire sans lendemain pour lui. Par ce biais, il fait la connaissance de Marcus, un petit garçon de douze ans désespéré par sa mère, suicidaire sur les bords...

Quel plaisir de voir Hugh Grant dans un autre registre que celui auquel il se cantonnait d'habitude, même si le résumé pourrait induire en erreur ! D'accord, Hugh garde toujours son sourire de célibataire-dragueur, mais le teinte d'un ton plus acide, plus sarcastique. Disons pour résumer que son personnage, Will est resté un grand enfant, égoïste, optant pour le mensonge afin de parvenir à ses fins, et se surprenant à prendre plaisir dans des actions inédites pourtant pas véritablement amusantes (suivre pied au plancher une ambulance toutes sirènes dehors). Marcus, lui, s'intègre plus dans une maturité précoce, tiraillé entre sa condition de préadolescent, et le statut de sa mère, hippie à tendances suicidaires. Par le hasard, ces deux êtres se rencontrent, ne s'aiment pas forcément au départ, mais donne lieu à un échange. Will enseigne à Marcus l'art de devenir quelqu'un de branché, et Marcus apprend à Will la responsabilité. Enfin, tout du moins, c'est ce que l'on comprend dans les grands lignes. Car Pour un garçon est avant tout une comédie, un petit régal qui tient beaucoup sur le virage que prend Hugh dans sa composition, visiblement enchanté de jouer un peu à contre courant de ce qu'il fait d'habitude, et à la juste réplique du petit Nicolas Hoult, dont c'est la première apparition. Même le couple du film, Hugh Grant - Rachel Weisz, s'efface entièrement pour laisser libre cours aux petits jeux entre garçons. A noter, Rachel Weisz, pourtant tête d'affiche, récolte un rôle presque mineur, et n'apparaît que dans la deuxième moitié du film, pour ne pas dire le dernier tiers.

Le retour de Hugh Grant, après avoir tapagé dans Bridget Jones, dans un rôle savoureux de flemmard coureur de jupons doublé d'une âme de gamin irresponsable. Pour un garçon équilibre avec justesse la part de comédie (l'utilisation régulière de la voix-off pour les deux protagonistes est un pur plaisir) et le petit morceau de réflexion-sentimentalisme, alourdit par quelques longueurs franchement minoritaires au vu de la qualité de l'ensemble. Une belle surprise.

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