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Final Fantasy, les créatures de l'esprit

A part Mortal Kombat (et encore), chaque film résultant d'un jeu vidéo s'est achevé en échec artistique parfois monumental. C'est au tour de la série de RPG la plus connue et la plus vendue au monde de s'expatrier sur grand écran. Et il fallait bien ça pour briser cette malédiction qui pesait sur les jeux vidéo.

2065. La terre a été complètement dévastée par des créatures belliqueuses surnommées "Fantômes". Les survivants sont contraints de vivre dans des cités-bouclier, théoriquement inviolables, et cherchent désespérément le moyen de contrer les envahisseurs. Le docteur Aki Ross, une des survivantes, croit en la théorie du professeur Cid, qui attribuerait une âme à la Terre appelée Gaïa, et que la réunion de huit ondes de vies appelées "esprits" mettrait fin au conflit. Le général Hein, lui, est pour la manière forte, et suggère d'atomiser la menace à coups du tout dernier canon mis au point, le "Zeus".

Chipotons un peu. Évidemment, comme prévu, le résultat graphique est hallucinant, hyper-réaliste, les personnages sont criants de vérité (Cid en tête), techniquement on est très loin de tout ce qui a été fait jusqu'à présent. Les cheveux d'Aki (15.000, 20% du budget) bougent à la moindre brise, les hommes sont poilus, et certains plans sont très audacieux. Notamment les passages en caméra portée qui sont des plus réussis. On peut parfois trouver les vêtements un peu raides, et les mains bizarres, mais c'est vraiment histoire de montrer que nous avons affaire à de l'image de synthèse. Alors oui, Shrek et Buzz l'éclair font évidemment moins les malins, là. Ensuite, on pourrait en lisant le résumé trouver le scénario un peu trop primaire. Que nenni ! Les personnages ont une grande profondeur (même si certains ne sortent pas énormément des stéréotypes), le scénario est plutôt riche et compliqué, avec une (très) légère teinte de philosophie. Les lignes des jeux "Final Fantasy", sont également respectées, quoiqu'on ait plutôt affaire à de la science fiction qu'à de la fantaisie. Mais ce n'est qu'un détail, puisque que l'ensemble est une des plus grandes réussites estivales, peut-être même de l'année, soyons fous ! Les plus exigeants pourraient trouver le rythme un peu lent, mais une telle histoire demande un peu de calme pour bien s'ancrer, et je ne mentirais pas si je disais qu'il faut bien une deuxième projection pour bien tout saisir.

Deux versions pour le DVD (pour le moment), semblables par leur contenu et leur prix, mais différentes par leur apparence. L'une dans une belle boîte peinture métallisée avec une belle jaquette-titre transparente, et l'autre dans une boîte 2 DVD des plus classiques. Techniquement, évidemment, le DVD fait honneur au film : une image nette de chez nette, un son 5.1 anthologique, et la grande série de bonus indispensables : commentaires des animateurs et de Elliot Goldenthal (le compositeur de la BO), un making-of, le "shuffler" (un banc de montage pour refaire une scène du film, rigolo mais ça va cinq minutes), le rêve d'Aki remonté, un début alternatif, des fiches d'identité vidéo de chaque personnage principal (poids, âge, date de naissance, histoire antérieure, un excellent complément au film) et de quelques véhicules (avec scènes de référence), les premiers essais d'animation (le "projet Gray"), une chorégraphie animé de Aki et ses amis sur le thriller de Michael Jackson, et encore moult bonus... Également, les possesseurs de DVD-ROM pourront se taper l'intégrale du film en parallèle avec le script original, ou visiter virtuellement les studios de Square. Diantre. L'ensemble est super bien fait, Square jouant le jeu du DVD à fond. On vous aura prévenu, Final Fantasy est LE DVD du moment...

Dernier point, la musique. La B.O. étant sorti le 7 Août en France, on a pu déjà découvrir l'atmosphère du film par les sonorités de Elliot Goldenthal. Et là surprise, c'est du classique ! Et l'effet est très bien rendu, piano, tambour, piano, violons, et surtout piano, ce doit être une des meilleurs B.O. du moment (à l'égal de Gladiator par exemple). On finit par les deux thèmes chantés, dont celui de Lara Fabian (the dream within), qui fait ce qu'elle sait faire (c'est à dire gueuler), et celui de l'arc en ciel, qui tranche complètement avec le reste puisque que l'on a affaire un rock tout ce qu'il y a de plus conventionnel...

Donc pour finir, on peut dire que techniquement, ça tue tout, et le scénario est profond et intelligent. Final Fantasy comble toutes les attentes et repousse encore les limites de l'imaginaire. Le film fait honneur au jeu vidéo, même s'il aurait été tout aussi réussi sans être sous la bannière de la saga, et s'impose comme LE film d'animation. A voir, à revoir pour tout comprendre, et à re-revoir pour le plaisir.

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