Festival de Cannes 2009 : Sharmila Tagore

Tant bien que mal, le Festival de Cannes tente de s'ouvrir au monde entier. Si certains lui reprochent de snober le cinéma indien ou africain, force est de constater qu'une certaine ouverture est pratiquée dans la composition du jury.
Après Aishwarya Rai, jurée en 2003 et Nandita Das, qui fut membre du jury en 2005, c'est donc Sharmila Tagore qui intègre le clan fermé des actrices indiennes membres du jury cannois.


Sharmila Tagore est née en 1946, le 8 décembre, le jour de la Fête des Lumières lyonnaise, tout un symbole. Elle capte assez rapidement la lumière justement grâce à un premier film à l'âge de 13 ans, Le monde d'Apu de Satyajit Ray dans lequel elle joue le rôle de l'épouse du héros, un rôle que l'on imagine difficile pour une si jeune actrice. Mais cette première apparition lui permet d'attirer les projecteurs du cinéma bengali et Ray lui offre un second rôle, cette fois plus conséquent. Elle enchaîne plusieurs films indépendants avant de débarquer à l'étincelant Bollywood dans le rôle d'une fleuriste glamour (Kashmir Ki Kali, 1964). Si Bollywood peut sembler être une consécration pour une actrice indienne, Sharmila continue pourtant de tourner des films dans sa langue d'originie et elle collabore plusieurs fois de nouveau avec Ray, avec notamment La déesse (1960) présenté à Cannes. En 1967, elle crée un mini-scandale en posant en bikini en couverture de magazine juste après An evening in Paris, ce qui ne l'empêchera pas d'être plus tard membre de l'Indian Film Censor Board. Le succès l'expose aux feux de la rampe avec Aradhana en 1969, immense succès commercial en Inde et Mausam en 1975. Dans ce dernier film, Sharmila joue le rôle d'une prostituée tentant de séduire son propre père et rafle au passage le prix de la meilleure actrice. Elle continue ensuite de tourner, mais aucune rôle ne la met réellement en valeur. Au cours de sa vie d'actrice, elle a su concilier le charme et l'élégance au service d'un cinéma indien qui ne se résume pas à Bollywood.

 

A propos de l'auteur

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1 commentaires

  • Anonyme

    13/05/2009 à 12h02

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    800 tonnes de langoustes commandées pour faire la fête : dommage qu'on ne soit pas invités.

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