Festival de Cannes 2008 : Sean Penn

Krinein vous faisait part il y a peu de l'Ouverture du Festival aux plus belles palmes. Mais pour donner ces belles palmes, il faut un Jury. Le jury de Cannes est en général éclectique mais souvent pas très connu du grand public. Krinein vous fait donc découvrir qui sont ces mystérieux membres du Jury.

Le Président du Jury de Cannes, cette année, est Sean Penn. Paraît que son nom viendrait de Pinon, mais il n'a rien voir avec Dominique, ni avec François d'ailleurs.

Né en 1960, il a 8 ans en 1968. Sous les pavés ? La prairie sans doute puisqu'il fait entendre sa voix dans La Petite Maison dans la Prairie, en 1974. Faut dire qu'avec un père réalisateur, c'est toujours plus facile de passer à la télé. Après plusieurs petits films, sa carrière décolle en 1985 (soit onze ans après son premier rôle, Charles Ingalls ne voulant sans doute pas que le fils indigne délaisse Walnut Grove). Sean Penn joue le rôle d'un dealer de drogue, Andrew Daulton Lee, convaincu d'espionnage par le régime soviétique et condamné à la prison à vie dans Le Jeu du Faucon. La petite histoire dit que Penn engagera ensuite Lee pour le remercier de lui avoir donné le droit de jouer ce rôle qui a lancé sa carrière.
Car, depuis, Sean Penn n'a pas arrêté de tourner. Et principalement avec du beau monde. Louis Malle en 1984 pour Crackers (oui vous avez remarqués aussi que 1984 se situe AVANT 1985?). De Palma pour Outrages en 89 et pour L'Impasse en 93. Cassavetes pour She's Lovely en 97. Malgré un prix d'Interprétation Masculine à Cannes pour ce dernier film, Penn continue à tourner et à rencontrer un succès critique et publique. Faut dire que le grand public le connaît : il s'est marié avec Madonna puis en a divorcé avant de se remarier avec Robin Wright et de se redivorcer, enfin presque ou pas encore. Au Pays de Candy, qui ne fait pas encore de hard, il est plus facile de se faire connaître par des affaires de fesses (et peut-être aussi d'amour) que par son talent.

Penn is tête de gland
Penn is tête de gland
Ensuite tout s'enchaîne. Stone l'appelle (Oliver, pas Sharon) pour U Turn, Fincher l'engage pour The Game (97). Terrence Malick lui fait une petite place entre l'éternel Nick Nolte, John "Où est ma chemise grise" Travolta, George "What else ?" Clooney, Jared "30 secondes et ça repart" Leto, John "j'ai pas de blague sur lui" Cusack ou encore Adrien Brody et Woody Harrelson dans La Ligne Rouge.
Après un tel film, Sean Penn s'accorde un an de repos avant de tourner Accords et Désaccords de Woody Allen avec l'accorte Uma Thurman. Penn ne souffrira pas trop du bug de l'an 2000 puisque la ligne (pas rouge) s'allonge encore : Schnabel le fait jouer juste Avant la Nuit, Eastwood l'embourbe dans les rives boueuses de sa Mystic River. Penn tombe alors malheureusement sur un os, car il en gagne un justement (mais si, suffit de relire pour comprendre). Il ne s'arrête toujours pas et voit 21 Grammes de son âme s'envoler avec Inarritu.
On devrait d'ailleurs bientôt retrouver l'acteur sous la houlette, une nouvelle fois, de Malick puis sous celle de Gus Van Sant (pourtant Sean Penn n'a pas franchement le physique d'un ado). Les qualités d'acteur de Sean Penn ne souffrent d'aucune contestation. Pourtant il y a des gens qui préfèrent prendre des risques plutôt que de continuer tranquillement son petit bonhomme en mousse de chemin. Penn est de ceux-là, et il passe derrière la caméra, ce qui est franchement original par rapport à nombre d'actrices qui passent dessous. Bref il devient réalisateur. Depuis 91, quatre films déjà à son actif : Into the Wild pour le petit dernier, The Indian Runner, The Pledge et Crossing Guard dont la critique ne saurait tarder sur Krinein.

Ces derniers temps, l'acteur est aussi le chef de file des acteurs hollywoodiens engagés, notamment contre Bush et la Guerre en Irak. Certes son aura n'aura pas été suffisante pour barrer Bush de la Maison Blanche, mais ça valait la penn d'être noté. Comble du comble, Sean Penn est aussi le héros de Sam, je suis Sam, un des films préférés de notre Président à nous qu'on a.

Avec cet engagement, c'est aussi le Festival de Cannes qui s'engage contre une certaine idée du monde, sans doute à mettre en parallèle avec la Palme de Moore en 2004.

A propos de l'auteur

Intéressé par beaucoup trop de sujets, nazonfly est en charge de la partie Musique Krinein depuis quelques années. Ce qui ne l'empêche pas de visiter les territoires des livres, du cinéma, des médias et même de sciences et tech.

8 commentaires

  • nazonfly

    14/05/2008 à 11h17

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    Faut que je me tienne à un truc cette année : regarder dans combien de salles sortent les films de la sélection officielle et regarder les entrées qu'ils font. Je suis sûr qu'il y a de quoi rigoler (l'année passée, seulement 1 film de Cannes a dépassé le million d'entrées et a donc figuré par les 41 films les plus vus!)

  • Loïc Massaïa

    20/05/2008 à 07h24

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    Alors, pour précision, Persépolis est ce qu'on apelle, de facon barbare, une auto-fiction, une autobriogaphie romancée en somme. Ca n'est pas une stricte autobio.


    Sinon, mais là j'en suis moins sur, il me semble que dans ses BD citées en fin d'articles, certains sont en fait des albums illustrés et non pas de la pure BD (mais ca demande confirmation).


     


     

  • Loïc Massaïa

    20/05/2008 à 07h31

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    C'est vrai que Les fils de l'homme est exceptionnellement bien réalisé!


    une vrai claque (pour etre exact, ca ressemble plus a un gros coup de bazooka dans la gueule).


     Ce qui manque a Cuaron maintenant, c'est un peu plus de profondeur dans les personnages et les thématiques abordées, et il pourrait aller loin. Pour l'instant ses films ne sont guère personnel (même Y tu mama tambien, celui qui ressemble le plus à un "film d'auteur' n'est finalement guère personnel, ressemblant a s'y méprendre à tout un tas d'autres films du meme genre...)


    Ca reste un réalisateur a suivre. 

  • riffhifi

    20/05/2008 à 09h44

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    Je ne saisis pas bien la différence entre autobiographie et auto-fiction : dans le cas de 99f je veux bien, le personnage s'appelle Octave et tue des gens. Mais dans Persepolis, il s'agit bien de Marjane, et des évènements qui se sont passés dans sa vie. Où est la fiction  ?


    En revanche, Sagesses et malices de la Perse est effectivement un album illustré, collectif de surcroît, qui reprend des contes populaires persans

  • hiddenplace

    20/05/2008 à 22h03

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    J'ai revu dernièrement Les fils de l'homme, j'ai eu moins de frissons que la première fois, mais je confirme quand même le coup de bazooka


    (j'avais lu quelque part à l'époque, que le film rappelait/ utilisait des procédés de FPS, mais comme je ne joue pas du tout à ça, je me rends moins compte)


    Sinon par contre, le Harry potter et le prisonnier d'Azkahban est l'adapatation que je préfère, des HP... 

  • Kei

    20/05/2008 à 23h07

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    The Assassination of Richard Nixon (1994) de Niels Muller et le très beau Labyrinthe de Pan (1996) de Guillermo Del Toro.


    CE serait pas 2004 et 2006 plutôt ? Je n'y connais rien, mais ça me parait plus cohérent avec le reste.

  • Nicolas

    21/05/2008 à 10h27

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    Absolument Kei !

  • Loïc Massaïa

    22/05/2008 à 10h39

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    Elle mélange tellement la réalité et la fiction que finalement ca devient impossible de s'y retrouver.


    Elle a prit sa vie, et elle l'a romancée, alors que Begbeider (ca s'écrit comme ca?) s'est inspiré de sa vie et a completement inventé autre chose. c'est un peu différent^^

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